Quelques idées pour une stratégie e-Gov

Pour soutenir et assurer le développement économique durable d’un pays, les gouvernements ne peuvent pas faire abstraction des évolutions actuelles des technologies du numérique, les réseaux fibre haut débit, la 4/5G, le 3D printing, le Cloud Computing, la mobilité, le big Data,  l’Internet of Things , etc… Au contraire, ils doivent s’appuyer dessus. Le concept de e-governement prend ici toute son importance et celui-ci a déjà plusieurs années d’existence. L’e-Gov doit devenir une préoccupation essentielle non pas seulement des gouvernements des pays développés, mais aussi des pays en voie développement.  Il est important de souligner que de nombreux pays en voie de développement sont bien avancés dans cette initiative.  Je souhaite dans cet article partager quelques idées qui pourraient enrichir une stratégie e-Gov. 

L’e-Gov désigne l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les administrations publiques visant à rendre les services publics plus accessibles à leurs usagers et à améliorer leur fonctionnement interne.

Il ne s’agit pas seulement de mettre en place des portails web gouvernementaux pour accéder aux différents services administratifs, mais de revoir l’ensemble des processus administratifs,  de procéder à la digitalisation de ceux-ci, et de mettre en place les interactions (numériques) entre ces différents processus.

Une stratégie e-Gov a généralement des objectifs axés sur trois principaux points.

Les objectifs d’une stratégie e-Gov

La digitalisation des processus administratifs

  • La mise en ligne des services administratifs au profit des citoyens, des entreprises
  • L’automatisation des processus qui engendre la réduction de la corruption, la transparence et in fine la bonne gouvernance
  • La réduction des coûts de traitement de l’information pour les services administratifs

Des services orientés vers les citoyens

  • L’amélioration de la qualité des services par la réduction des temps de traitement
  • La participation active des citoyens aux décisions et actes de leur pays
  • Un canal de communication des gouvernements à destination des citoyens
  • La prise en compte de la protection de la vie privée

La connexion des différents entités publiques (les administrations) et privées (les entreprises)

  • La promotion de l’interaction et du travail collaboratif entre les différents services administratifs
  • L’amélioration de l’interaction et du travail collaboratif entre les différentes administrations et les entreprises

Quelques principes à prendre en compte dans une stratégie e-Gov

  1. L’open Source

Par le fait que les solutions Open source ont peu ou pas de coûts de licences ou de maintenance

Les codes sont ouverts, permettant une amélioration continue des solutions en toute indépendance vis-à-vis d’un quelconque éditeur.

On ne se limite pas uniquement aux systèmes d’exploitation (nous avons tous en idée les serveurs Linux), l’offre open source est riche et variés dans le BIG Data avec   Hadoop par exemple, dans les bases de données avec du PostgreSQL, du MySQL,  MongoDB, Cassandra, dans le  cloud Computing avec OpenStack, dans le matériel avec Open Compute.

L’offre Open-Source pourrait faire l’objet d’un article à elle toute seule.

  1. Des API ouverts

Pour permettre une communication entre les différents processus administratifs, l’exigence d’avoir dans tous les systèmes qui sont développés des interfaces de communication (API) ouverts qui vont permettre à différents processus ou systèmes d’échanger des informations.  Ces API ouverts vont permettre le développement de web services, qui faciliteront des échanges de données entre par exemple l’administration fiscale et l’administration foncière ou le registre de l’Etat Cicil.  Les standards web services de type SOAP ou REST à prendre en compte.

  1. Les opportunités du Cloud Public

En tenant compte de la sensibilité des services ou des informations traitées par les processus, l’option Cloud Public est à considérer.  Une analyse de risque permettra  de définir si le service est éligible ou pas à être hébergé dans un Cloud Public. Juste en rappel quelques atouts du Cloud Computing :

  • Investissement initial faible : pas de serveur ni de logiciel à installer, pas de réseau à étendre, pas de formation exploitant à acquérir.
  • Réduction des délais de déploiement : économies de temps dans les phases de paramétrage (pré-packagé) ; intégration technique facilitée par la mise à disposition des ressources matérielles et humaines ; mises en place progressives (par module fonctionnel) facilitée par le modèle SaaS
  • Impact financier : le Cloud Computing est une charge de fonctionnement et non de l’immobilisation
  • Meilleure maîtrise des coûts : maintenance intégrée au modèle locatif ; mises à jour de version transparentes (incluses dans l’abonnement) ; support optimisé pour l’éditeur/la SSII qui peut accéder en ligne à l’application défectueuse
  • Implication plus forte et permanente de l’éditeur/du prestataire : tenu par des engagements de qualité, de disponibilité, de sécurité, d’évolutivité du produit dans le temps ;
  • L’allocation dynamique de capacité, permettant en particulier de s’adapter aux pics de charge.
  1. 3A (Anywhere, Anytime and Any device)

La domination du monde PC par rapport au monde du mobile est derrière nous. Depuis 2014, le nombre d’utilisateurs se connectant à Internet en utilisant un terminal mobile a dépassé le nombre d’utilisateurs se connectant avec un poste de travail fixe.  L’activité Internet à partir des mobiles est de plus de 60%. Le marché du mobile est en croissance alors que celui du PC est en décroissance. Toute stratégie e-gov doit tenir compte de cette donne, comment faciliter l’accès aux services et applications depuis n’importe quel terminal mobile. 

Il est donc essentiel que toutes les applications soient développées pour un usage web et mobile en priorité, donc responsive design.  Le Responsive design est une approche qui vise à l’élaboration de sites web offrant une expérience de lecture et de navigation optimales pour l’utilisateur quelle que soit son terminal (smartphones, tablettes, Desktop,  Laptop, etc..).  

Les clients lourds, les pluggins du type Flash, Java, Silverlight, ActiveX sont à proscrire.

Les développements d’application doivent se faire en HTML5 dont les spécifications ont été finalisées le 28 Octobre 2014.  Cette nouvelle mouture permet non seulement de mieux intégrer des fonctionnalités interactives mais aussi de proposer des contenus plus riches sans avoir systématiquement recours aux plugins cités avant.

  1. Des standards et « Best practices » communs

Il est également essentiel de pouvoir parler le même langage pour pouvoir mieux communiquer entre administrations.  Pour cela donc il est recommandable d’utiliser les mêmes standard ou  les mêmes « best practices »

Que se soit pour la gestion des services IT avec le standard ITIL, la gouvernance des systèmes d’Information avec COBIT, la gestion des projets avec PMI ou Prince2, la sécurité avec ISO/IEC 27002:2013, le développement des applications avec des standards ISO 9000 et des approches agiles comme SCRUM

  1. La Sécurité par design

En portant les services administratifs sur Internet, on s’expose à des cyber attaques qui peuvent paralyser tout un pays. Au vu de ces attaques de plus en plus sophistiquées, toutes les applications ou tous les services devront par design incorporer les 5 principes de la sécurité à savoir :

La confidentialité : Le but est de s’assurer que seul la personne qui est récipiendaire du message pourra lire le message et ainsi donc on assure la protection de la vie privée des citoyens.

L’intégrité : Le but est de s’assurer que le message envoyé n’a pas été altéré de manière volontaire ou involontaire par des personnes non autorisées.

La disponibilité : L’objectif de la disponibilité est de garantir l’accès aux services en tout temps et tout lieu

La non-répudiation : Ceci est la garantie qu’aucune des deux parties dans le cadre d’un échange ne pourra assuré ne pas être l’auteur du message.

L’authentification : L’assurance que chaque personne faisant parti de l’échange est bien celui qu’il prétend être.

  1. Les achats groupés

Privilégier les achats groupés de matériels et de logiciels pour bénéficier de l’effet volume et donc de prix plus attractifs.  

Le coût d’achat  effectué de manière autonome pour l’acquisition de  postes de travail par exemple  pour une dizaine d’administrations   reviendra plus cher que si  un achat unique et groupé  est effectué.  Et au final c’est le même budget étatique qui est grevé.  Une centrale d’achat à mettre en place. Ca ne va forcement faire plaisir à certains acheteurs qui devront déléguer leur responsabilités

  1. La mutualisation des services, des moyens techniques et humains

Pour le budget de l’Etat,  il n’est pas toujours opportun de voir chaque administration monter et financer son propre projet pour la mise en place d’une application ou d’un service. Les besoins sont très souvent identiques d’une administration à une autre. Le même système de gestion des ressources humaines ou de gestion budgétaire peut être utilisé d’une administration à une autre. Pourquoi recréer la roue si elle existe déjà. Il faut savoir réutiliser les éléments ou composants déjà développés.

Il en est de même pour les centres de données ou les Datacenters. Quel gâchis de voir chaque administration développer son propre Datacenter (ou salle serveurs) alors qu’au niveau gouvernemental, des Datacenters étatiques géré par une équipe unique permettraient non seulement de faire des économies sur le plan des investissements ou des frais de fonctionnement, sur les moyens humains également. On pourrait aboutir à ce que certains ont nommé des Clouds Souverains ou Gouvernementaux.

Les facteurs clés de succès

Pour la réussite d’une telle démarche certains points sont à prendre compte :

  • Un engagement et un soutien au plus haut niveau de l’Etat, responsables politiques, dirigeants
  • La compréhension des hauts responsables des effets de la réforme, de leurs risques et leurs avantages
  • L’implication des agents publics qui doivent aussi comprendre leur rôle et leurs responsabilités
  • La formation des cadres et agents publics
  • La communication et « l’évangélisation » des citoyens aux avantages qu’ils gagneront en utilisant les services
  • La  capacité des unités administratives à évoluer vers l’ouverture, le décloisonnement, le partage d’information et des connaissances
  • Des autoroutes numériques de la communication densifiés avec les réseaux haut débit fibres, des réseaux mobile 3/4G et bientôt 5G
  • Le temps nécessaire pour opérer une réforme aussi profonde
  • Et pour finir les moyens financiers

Quelques idées de projets pilotes

Ici je propose quelques idées de projets pilotes, la liste n’est pas exhaustive.

  • Un système/service de communication unifiée composé d’un système de messagerie électronique pour l’ensemble des agents et cadres des administrations publiques, ce qui accélérerait le traitement de certains processus et augmenterait la collaboration entre ceux-ci.   L’adresse Email serait au même titre que le numéro matricule de l’agent son identifiant.  Comme c’est  parfois le cas dans le secteur privé, la création de l’adresse Email précède le numéro matricule. Au système de messagerie, on pourrait rajouter un système de téléphonie IP ou de visioconférence, un annuaire électronique. Des formulaires électroniques de contact peuvent être mis à disposition des citoyens pour leurs démarches administratives
  • Un portail Internet E-GOV unique à partir duquel les citoyens ont accès à l’ensemble du catalogue des services disponibles. Après authentification, le citoyen aurait accès par exemple à sa situation fiscale, etc..
  • Un système d’informations foncières  qui va permettre de sécuriser les transactions foncières en mettant à la disposition les données du registre foncier. Un lien avec le système fiscal permettrait également à l’Etat d’augmenter et sécuriser ses recettes fiscales
  • Un portail pour la prise de rendez-vous pour l’établissement des passeports ou des cartes grises de véhicule
  • Et bien d’autres idées encore ….

 

Pour finir exemple du portail gouvernemental tanzanien :

Pour aller plus loin :

https://publicadministration.un.org/egovkb/en-us/Data/Compare-Countries

State of the Internet Q4 2015: focus sur l’Afrique

Après avoir vu mes oreilles sifflées à plusieurs reprises dans des réunions, ces dernières semaines à propos du développement d’Internet Afrique, je me suis retourné vers le dernier rapport de AKAMAI sur l’Etat d’INTERNET pour savoir ce qu’il en était.  Pour le dernier trimestre de 2015, AKAMAI a publié un rapport comme il le fait depuis 2008.

Pour Rappel, AKAMAI est le leader mondial dans les services de CDN avec une infrastructure de plus de 210 000 servers dans  120 pays  et un trafic de 30 Térabits/s. C’est 15 à 30% du trafic web mondial qui passe par ses infrastructures.

Au niveau Mondial

Quelques statistiques au niveau mondial  pour commencer :

Vitesse moyenne de connexion à INTERNET

Ramené au niveau mondial, la vitesse de connexion moyenne à Internet est de 5.6 Mbits/s, soit une augmentation de 23% par rapport à 2014. Nous avons  un Top 10 composé des pays suivants :

Pays Q4 2015 Q4 2014 → Q4 2015
1 South Korea 26.7 20%
2 Sweden 19.1 30%
3 Norway 18.8 65%
4 Japan 17.4 15%
5 Netherlands 17.0 20%
6 Hong Kong 16.8 -0.4%
7 Latvia 16.7 28%
8 Switzerland 16.7 15%
9 Finland 16.6 37%
10 Denmark 16.1 36%

 

Pour information, la Libye est le seul pays avec une vitesse de connexion moyenne inférieure à 1 Mbits/s. Bien évidement cela résulte de  la situation politique de ce pays.

Peaks des connexions en moyenne

Ramené au niveau mondial,  la moyenne des peaks de connexion est de 32.5 Mbits/s, soit une augmentation de 21% par rapport à Q4 2014.

Le Top 10 au niveau mondial est le suivant :

Pays Q4 2015 Q4 2014 → Q4 2015
1 Singapore 135.7 61%
2 Hong Kong 105.2 20%
3 South Korea 95.3 26%
4 Macao 83.1 60%
5 Japan 82.9 20%
6 Indonesia 79.8 495%
7 Mongolia 78.9 97%
8 Taiwan 78.8 23%
9 Qatar 77.8 24%
10 Romania 73.6 9.7%

 

Le rapport indique une augmentation remarquable de l’Indonésie avec 495% d’augmentation  et du Kenya avec 450% d’augmentation. Et bien évidement la Libye ferme ce classement mondial

Taux d’adoption du haut débit

Les vitesses de connexion moyenne supérieures à  4 Mbits/s ont augmenté de 17%. Cela correspond à 69% des connections mondiales.  Il s’agit de 97% des connexions en Corée du Sud, 96% au Pays-Bas, et 96% à Malte.

Quand on monte le seuil à 10 Mbits/s,  ça nous donne 32% du trafic mondial avec une augmentation de 34% par rapport à 2014. Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 81% des connexions,  les Pays-Bas 64% et le Japon 63%

Pour un seuil de 15 Mbits/s, au niveau mondial, nous avons un trafic de 19% soit une augmentation de 54%  par rapport à 2014.  Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 63% des connexions,  la Norvège 45% et la Suède 42%.

Pour un seuil de 25 Mbits/s, au niveau mondial nous avons un trafic de 7.1% soit une augmentation de 74%  par rapport à 2014.  Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 37% des connexions, la Suède 23% et la Norvège 21%

L’adoption de l’IPv6

La Belgique est le pays avec le plus grand nombre de requêtes en IPv6 avec 37% de son trafic Internet. Suivent, la Suisse avec 21% de son trafic, la Grèce 20% de son trafic, le Portugal 20% et l’Allemagne 19%. Une adoption  très forte en Europe au vu de ce classement.

La connectivité mobile

Les sources de données proviennent des connections Internet de smartphones, tablettes ou ordinateurs portables à partir des fournisseurs des réseaux mobiles. Et aussi des tendances du trafic fournies par Ericsson

Par région, nous avons les vitesses de connexion moyennes par mobile suivantes :

  • Afrique : Kenya, 5.0 Mbps
  • Asie Pacifique : South Korea, 11.8 Mbps
  • Europe: United Kingdom, 26.8 Mbps
  • Amérique du Nord: Canada, 7.6 Mbps
  • Amérique du Sud: Paraguay, 5.7 Mbps

Le graphique ci-dessous présente l’évolution du trafic voix et Data compilé par Ericsson depuis 2010. Pas besoin de commenter pour constater que le trafic data a explosé et surclasse largement le trafic Voix

 

 

Qu’en est-il en Afrique ?

J’ai compilé dans le tableau ci-dessous pour une vingtaine de pays africains, la vitesse moyenne de connexion, le Peak moyen, les pourcentages haut débit 4 Mbits, 10 Mbits, et 15 Mbits et pour finir le nombre d’adresses IP enregistrés sur le réseau de AKAMAI

 

Country average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-

Percentage

IPAddresses
Afrique du Sud 4077 21472 27.18 3.75 1.9 5023048
Algérie 2062 19499 2.03 0.05 0.02 1950317
Angola 2113 21519 10.01 0.49 0.12 217153
Cameroun 1701 14490 7.12 1.08 0.5 33457
Congo Brazzaville 2040 11659 5.15 0.02 0.01 31724
Côte d’Ivoire 2135 10840 1.96 0.04 0.01 185407
Egypte 1699 15837 1.66 0.08 0.03 4338680
Ethiopie 2181 25961 9.9 0.53 0.16 5796
Gabon 1665 11149 3.05 0.17 0.06 26673
Ghana 1803 9015 2.69 0.17 0.05 359752
Guinée Equatoriale 1274 9341 4.21 0.37 0.11 1900
Kenya 5015 32163 60.92 3.77 0.84 2368112
Lybie 662 7823 0.98 0.26 0.09 119783
Maroc 3654 23208 23.72 0.51 0.1 1973202
Mauritanie 1211 10060 1.36 0.14 0.1 11298
Mozambique 2106 17871 9.43 1.23 0.56 51927
Namibie 2046 12890 6.73 0.61 0.12 218526
Nigeria 2693 22551 13.59 0.64 0.24 194759
Republique Démocratique Congo 1042 9753 4.48 0.51 0.07 4355
Senegal 1775 12983 1.95 0.09 0.05 95459
Soudan 1197 8022 0.14 0 0 798135
Sud Soudan 2031 18265 8.15 2.19 0.7 1141
Tanzanie 2232 11149 3.37 0.17 0.04 456455
Tchad 1162 6225 7.28 0.09 0 1099
Tunisie 3116 31028 10.63 0.4 0.16 2116158
Zimbabwe 4032 25023 39.39 5.12 1.29 35339

 

Je dois avouer que le Kenya m’impressionne, c’est surement l’un des pays africains dans lequel le développement numérique est le plus en marche.

Le graphique ci-dessous compare la progression du Kenya avec d’autres pays africains. C’est l’exemple à suivre. Je vais dans les prochaines semaines essayer de comprendre les recettes   appliquées au Kenya

averga connection comppared

La connectivité mobile

Pour la connectivité mobile, quelques chiffres dans le tableau ci-dessous

Pays Moyenne vitesse connectivité Moyenne des Peaks % connectivité  > 4 Mbits/s
Angola 2.9 58.6 7.3%
Egypt 3.8 22.7 32%
Kenya 5.0 31.5 60%
Morocco 3.1 24.6 15%
Namibia 2.2 20.8 4.9%
South Africa 3.9 30.2 33%
Tunisia 3.3 34.5 16%

 

Sources :

https://www.stateoftheinternet.com

https://www.akamai.com/us/en/our-thinking/state-of-the-internet-report/

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