LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE III

Les projets structurants mis en œuvre

Nous allons maintenant évoquer certains des projets structurants qui ont une importance non négligeable dans le développement numérique du Kenya.

Le Backbone national NOFBI

C’est une initiative conjointe du Gouvernement Kenyan, et du secteur privé notamment Telkom Kenya et Soulco dans le but de connecter l’ensemble des régions du Kenya et de fournir du haut débit à ces populations. Ce projet a également pour but de faciliter l’implémentation des services e-gouv tel que la santé, les services financiers, les services éducatifs/universitaires.

Les réseaux fibre optique ont été mis en place par Sagem, Huawei, et ZTE. Ils relient l’ensemble des 47 comtés du Kenya.

Tous les chefs-lieux de comtés sont connectés et également tous les bâtiments gouvernementaux

Il est géré par un opérateur privé Telekom avec qui le gouvernement a signé un agrément d’une durée limitée et renouvelable

Le projet a été mis en œuvre en deux étapes, une première phase achevée en 2009 avec près de 4300 kms de fibre optique installée

Une deuxième phase en cours sensée s’achever en 2016 va porter l’ensemble à plus de 6000 Km et apporter de la redondance au réseau existant.

Ce projet est piloté par l’ICT Autority pour le compte du gouvernent Kenyan (Ministère de l’ICT)


Kenya Open Data Initiative (KODI)

C’est un projet qui a été mis en place dans le cadre de l’e-gouv. Le Kenya Open Data Initiative (KODI)  est une base de données ouverte (https://www.opendata.go.ke) à tous et accessible sur Internet qui permet, qu’on soit chercheurs, décideurs, entrepreneurs ou grand public, d’avoir accès à des données statistiques sur les indicateurs de développement, des statistiques démographiques, le suivi du budget gouvernemental avec les dépenses du gouvernement, etc. Il a aussi un objectif de transparence des pouvoirs publics vis-à-vis de leur citoyen.

Un point d’échange INTERNET

Fondé à l’initiative de TESPOK, dès l’année 2000 et en abréviation KIXP, il a été mis en place avec l’aide de CISCO et de l’UNESCO.

Entre son achèvement en Novembre 2000 et le début de son fonctionnement effectif en Février 2002, il y a eu une bataille juridique entre TESPOK et l’opérateur historique Telkom Kenya, qui de peur de voir ses revenus chuter en raison de son monopole octroyer pour les communications internationales a demandé la fermeture de l’IXP.

Les Opérateurs ont répondu qu’ils ne contrevenaient en rien au monopole et l’exclusivité des communications internationales et que leur but était uniquement le trafic local et que le trafic international restait toujours du domaine exclusif de l’opérateur historique.

Après des pressions du public, des tractations, KIXP a été finalement autorisé à opérer sous la forme d’une licence octroyée par l’autorité de régulation. Des statistiques ont prouvé que près de 30% du trafic qui transitait à l’international en fait n’était que du trafic local.

KIXP c’est aujourd’hui 30 membres, 1 Gbit/s de trafic à des périodes de pic

Les membres sont des fournisseurs d’accès à Internat, des services gouvernementaux et éducatifs, des opérateurs de téléphonie.

La cotisation mensuelle des membres est de l’ordre de 300 USD. Ce qui permet de couvrir les frais de fonctionnement à savoir électricité, location, assurance.

KIXP est établi dans des locaux loués par l’association, c’est le choix décidé par l’association sur un endroit neutre et sécurisé.

KIXP héberge également certains services partagés comme des instances des serveurs de nom racine (f.root-servers.net) et (j.root-servers.net), et les serveurs DNS de la zone*.ke, un serveur de temps.

Le portail e-Gouv

Lancé en Août 2014, 1.7 millions de Kenyans se sont déjà enregistrés et le portail a déjà collecté 42 millions d’euros de recette.

Il existe un SSO pour la connexion : un compte unique pour se connecter à l’ensemble des services. On peut payer ses services par carte bancaire ou Mobile money

De nombreux services sont disponibles pour les particuliers :

  • Permis de conduire
  • Les cartes grises des véhicules
  • Servi de Visa en ligne pour ceux qui veulent visiter le Kenya
  • Les passeports
  • Titres fonciers
  • L’état civil : naissance, mariage, décès

Pour les entreprises des services en ligne G2B (Government to Business) qui leur permet de s’enregistrer auprès des différentes administrations et d’effectuer les procédures relatives.

La cité numérique/technologique de KONZA

Le gouvernement Kenyan a lancé en 2008 la création de la cite numérique de Konza qui a pour vocation à devenir la “Silicon Savannah”. Cette cité est sensée être le reflet en 2030 de l’aboutissement du projet Kenya Vision 2030.

Cette smart city va créer au moins 200 000 emplois directs et contribuer à terme à 10% du PIB du Kenya. Il est construit dans le cadre d’un partenariat Public/Privé pour un budget de plus de 5 milliards d’euros.

Les infrastructures de transport, l’éclairage public, les ambulances, la signalisation, l’électricité, l’eau, les espaces verts, les déchets, les services publics, la participation des citoyens seront gérés au travers des technologies numériques.

Le KENYA c’est aussi quelques faiblesses et quelques menaces

La proximité du Kenya avec des pays en état de guerre civile comme la Somalie, le Sud-Soudan constitue une source de déstabilisation pour le Kenya. Celui-ci a en plus déjà fait l’expérience de plusieurs attaques terroristes sur son territoire.

Cette menace terroriste est persistante, surtout dans la région frontalière avec la Somalie. Ce qui peut réfréner l’ardeur de certains investisseurs.

Malgré les efforts de mise en place de la transparence, le développement de l’e-gouvernance, il demeure encore quelques résidus de corruption dans le pays.

Actuellement, à peine plus d’un tiers des 45 millions de Kényans ont l’électricité. Et les coupures de courant sont fréquentes sur tout le réseau, y compris dans la capitale Nairobi.

Pour produire son électricité le Kenya a misé sur la géothermie qui lui fournit plus de 50% de son énergie. L’offre n’étant pas encore suffisante, le coût de l’électricité demeure élevée. Le Kenya exploite à peine 5 à 7% de son potentiel géothermique.

Ce coût élevé de l’électricité peut être un frein pour l’émergence de nouvelles entreprises Hi-Tech

Les PC demeurent chers, malgré les efforts du gouvernement pour faciliter les acquisitions de PC. On peut tous s’accorder que pour certaines transactions numériques, il vaut mieux parfois l’écran et le clavier d’un PC ou d’un Laptop que de celui d’un mobile.

Certes il existe un énorme engouement des jeunes Kenyans à embrasser les métiers de l’ICT, par contre il y a un manque criard d’enseignants et d’experts pouvant leur transmettre les compétences nécessaires.

En Conclusion :

Nous pouvons relever en guise de conclusion de ce post que les principaux leviers de ce boom sont :

  • Une bonne compréhension des pouvoirs publics du potentiel des technologies numériques dans la création des richesses du pays et une réelle volonté politique d’en faire un élément essentiel de la politique de développement
  • Un partenariat Public et Privé qui marche très bien, les pouvoirs Publics définissant la stratégie de la nation et laissant les initiatives privées s’épanouir et voir même finançant ces entités privées.
  • Une autorité de régulation, dont l’organe dirigeant a un mandat de 3 ans et qui assure la saine concurrence et défend les intérêts des consommateurs
  • Une entité centralisée et compétente qui est chargée de mettre en œuvre la politique numérique du gouvernement : l’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA
  • Une association des Fournisseurs de service des Télécommunication TESPOK (Technology Service Providers of Kenya), très active, capable de faire du lobbying et defendant les intérêts de ceux-ci.
  • Les Kenyans eux-mêmes à travers les nombreuses startups qu’ils créent et qui répondent aux besoins locaux.
  • Le monde universitaire qui met sur le marché de l’emploi chaque année 9 600 professionnels de l’ICT et secteurs relatifs
  • Les infrastructures avec le backbone national NOFBI, le Datacenter gouvernemental, etc..

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Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE II

La politique Gouvernementale en matière de ICT

Le cadre Législatif

Les technologies de l’information et de la communication relèvent de plusieurs textes législatifs, dont le « Kenya Communications Act (KCA) » de 1998 qui a été amendé en 2013 sous la nouvelle formulation de « Kenya Information and Communications Act » . Nous avons également le « Science and Technology Act » de 1977, le » Broadcasting Corporation (KBC) Act » de 1988.

Tous les aspects réglementaires et de régulation sont sous l’égide de l’autorité de communication du Kenya (CAK).

Le marché des télécommunications a été libéralisé en 1999 avec la scission de l’ancien entreprise publique « Kenya Post and Telecommunications Corporation » en plusieurs entités dont « « Telekom kenya , la Poste, l’autorité de communication,.

Cette libéralisation a été un catalyseur du développement des Télécoms au Kenya

Kenya Vision 2030

Le président actuel du Kenya, Uhuru Kenyatta a qualifiée le Kenya de « Startup nation », invitant ainsi l’ensemble des institutions publiques, les partenaires privées, le monde universitaire à favoriser cet élan.

L’ICT est vue comme un élément essentiel pour améliorer la vie des citoyens kenyans.

Il s’agit par exemple pour toutes les institutions publiques de donner la priorité aux solutions ICT développées en locale au lieu de dépenser des millions de dollars à importer des solutions équivalentes.

L’entreprenariat est vivement encouragé, des politiques publiques sont mises en place pour le favoriser. Les pouvoirs publics et les partenaires privés sont invités à supporter cette politique.

L’Etat favorise les créations d’incubateurs et accélérateurs de startups. Elle finance certains de ces incubateurs Elle a mis en place des règles de marché public en vue de favoriser les entrepreneurs locaux.

Kenya Vision 2030 est un plan de développement adopté par le Kenya, le 10 juin 2008. Il couvre la période 2008 à 2030 à travers 5 plans quinquennaux.

L’innovation, la technologie et la science font parties des 10 secteurs qui sont visés par ce plan de développement.

Dans le cadre du programme Presidential Digital Talent Program (PDTP), le gouvernement est en train de recruter 400 talents pour renforcer la capacité en matière de ICT de l’Etat Kenyan sous la responsabilité du ministère Kenyan pour les technologies et de la Communication

Le Ministère Kenya pour les technologies de l’Information et de la Communication

Le Ministère de l’information, des communications et de la technologie (TIC) est en charge de la formulation, l’administration, la gestion et le développement de l’information, la politique de radiodiffusion et de la communication.

Il a en charge la politique de communication gouvernementale, les services de radiodiffusions, la télévision, la poste, les technologies de l’informatique et l’innovation.

Le ministère Kenyan de l’ICT a un budget de 101 millions d’euros pour l’année budgétaire en cours.

Un plan directeur pour le développement de l’ICT a été établi en 2014 pour la période allant de 2014 à 2018. Ce plan est aligné sur le plan de développement Kenya Vision 2030.

Les objectifs pour ce plan sont les suivants :

  • 8% de contribution des secteurs de l’ICT au PIB
  • 180 000 créations d’emplois directs
  • La reconnaissance du Kenya comme un hub régional ICT
  • Le renforcement des services e-gouv, avec 50% de Kenyans adultes accédant aux services et donc un meilleur rang dans le classement des pays utilisant des services e-gouv
  • L’implémentation d’au moins 55 compagnies ICT dont deux ayant au moins une base clientèle de 2 millions

Les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

L’Autorité de Communication du Kenya : CAK

C’est l’Autorité de régulation du secteur des communications au Kenya. Il a été établi en 1999 à la suite du Kenya Communications Act (KCA) de 1998.

Il a la responsabilité de la radio et télé diffusion, le multimédia, la poste, le commerce électronique, et les télécommunications

Comme tout régulateur ses attributions sont entre autres :

  • L’octroi des licences
  • La gestion des spectres de fréquence
  • La gestion de la numérotation
  • La protection des droits des consommateurs
  • La réglementation des tarifs
  • La surveillance des activités des titulaires de licence
  • La gestion de la concurrence saine entre les différents acteurs

Cette Autorité a à sa tête un conseil d’administration qui surveille l’ensemble de ses activités. Ce conseil d’administration est composé de 12 membres, des professionnels de l’ICT, des représentants des gouvernements, des investisseurs du domaine des Télécommunication

Les membres du conseil d’administration sont désignés pour une période de 3 ans ainsi que le Directeur Général de cette Autorité.

Il est intéressant de relever la charte de service établi par cette Autorité et disponible sur son site web qui permet de nous donner quelques indicateurs sur la qualité de service. Quelques exemples :

  • 135 jours pour obtenir une nouvelle licence dans les télécommunications
  • 60 jours pour obtenir une nouvelle licence dans la radio et télé diffusion
  • 18 jours pour assigner une nouvelle fréquence
  • 60 jours pour le renouvellement d’une fréquence
  • 40 jours pour résoudre un différend entre deux concurrents
  • 40 jours pour approuver de nouveaux tarifs si ceux-ci sont règlementés
  • 30 jours pour traiter une plainte d’un consommateur

L’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA

C’est une agence qui est sous la tutelle du Ministère Kenyan des technologies de l’information et de la communication.

C’est le résultat d’une consolidation de 03 agences gouvernementales, effectuée en Août 2013 :

  • L’Information and Communication Technology Board of Kenya (ICT Board)
  • L’e-Government Directorate
  • Le Government Information and Technology Services (GITS)

Pour le compte du gouvernement Kenyan, elle a la charge de définir, et implémenter la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’ICT. Elle définit les normes et standards qui sont appliqués à l’ensemble des administrations, ceci afin d’éviter les incohérences entre les administrations qui avant la mise en place de cette Autorité définissaient chacune leurs standards.

Cette autorité pour le compte du gouvernement gère l’ensemble des ressources humaines en matière de ICT et également les services partagés tel que :

  • Le système de communication unifié gouvernemental (email, fax, video, ) qui aujourd’hui qui héberge 15 000 adresse emails de diverses administrations : la police, la santé, l’éducation nationale, les finances, …Le but à terme est de pouvoir héberger 50 000 fonctionnaires.
  • Le Datacenter gouvernemental qui héberge l’ensemble des services partagés et également le backbonne réseau qui relie l’ensemble des ministères et les principales agences gouvernementales à ce Datacenter.

Elle est le leader de la transformation et de l’innovation pour le compte du gouvernement. Elle finance pour le compte du gouvernement de nombreuses startups. Elle ne le fait pas directement, elle le fait à travers des initiatives privées d’incubateurs et d’accélérateurs de startups.

C’est l’interlocuteur pour tout ce qui est cybersécurité pour le compte du gouvernement.

Elle est le principal promoteur des services e-gouv. Elle supervise la mise en place des solutions ICT dans les administrations et la mise en place du backbonne nationale fibre optique : NOFBI que nous présenterons dans la suite du post.

Elle joue aussi un rôle de vulgarisation avec la formation du personnel de l’Etat aux nouvelles technologies.

C’est l’interlocuteur des bailleurs de fond comme la banque mondiale ou l’UNESCO pour les projets dans le domaine de l’ICT. L’autorité a par exemple exécuté le projet «Wezesha Laptop  », qui a consisté à distribuer près de 15 000 laptops financés par la banque mondiale aux étudiants des universités publiques et privées kenyanes.

Pour le compte du monde universitaire c’est aussi le promoteur de réseau KENET (Kenya Education Network), qui a pour but de mettre en place une passerelle pour le monde universitaire vers les ressources scientifiques, des systèmes de e-learning, des solutions de vidéoconférences

Les Universités et la formation aux ICT

Nous avons 31 universités et instituts d’enseignements supérieurs publics et 36 universités et instituts supérieurs privées, reconnus par la Commission nationale Kenyane pour les Universités. C’est l”entité qui accrédite les universités.

Chaque année il y a plus de 200 000 jeunes kenyans qui s’inscrivent à l’université, 50 000 qui en sortent diplômés, donc environ 9 600 dans les formations relatives aux ICT.

La majorité de ces Universités proposent des cursus de formation en ICT. Les plus réputées sont :

  • Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT)
  • Strathmore University
  • KCA University
  • University of Nairobi
  • Maseno University
  • Kenyatta University
  • Egerton University
  • Moi University

La présence des Géants du HiTech

Nairobi est devenu le hub pour l’Afrique de l’Est ou voir même pour l’Afrique de certaines multinationales de l’ICT : Google, Visa, Cisco, Huawei, Asus, LG Nokia, Motorola, Sony, Kaspersky Lab, Blackberry

Une association des fournisseurs de services INTERNET très active

Les fournisseurs d’accès aux services Internet et technologiques ont créé une association TESPOK pour « Technology Service Providers of Kenya »

C’est une association à but non lucratif créée dès 1999. Cette association a pour but d’être leur voix, et d’influencer les différentes politiques de développement numérique, les différentes régulations. Ils défendent les intérêts des fournisseurs de service.

Cette association a une voix qui porte et fait du lobbying tout azimut. Quelques réalisations de cette association :

  • La dérégulation des services VSAT et VoIP
  • La mise en place d’un point exchange Internet KIXP
  • La contribution active dans la définition des différentes stratégies ou politiques gouvernementales en matière d’ICT

Des accélérateurs et incubateurs de Startups

Il existe de nombreux incubateurs de startup au Kenya qui favorisent leur développement, en les aidant à survivre et à se développer. Ils fournissent un éventail de ressources tels que les espaces de bureau, le capital, le coaching, les moyens de communications.

Sans contrepartie, ils accompagnent des jeunes entreprises ou des entreprises en création à se développer en leur offrant des ressources et des services qui permettent à ceux-ci d’affiner leurs idées ou à développer un modèle commercial de ces idées.

Dans le cas de l’accélérateur Nailab, l’accompagnement dure 6 mois repartis en deux phases :

  • Une première phase de 03 mois qui consiste à développer le modèle commercial
  • Une seconde phase de 03 mois qui consiste à s’appuyer sur un relai déjà en place sur le marché et à tester le produit sur le marché.

Voyons plus en détail le fonctionnement de l’un des incubateurs iHUB.

iHub

Il a été fondé en Juin 2010 par Erik Hersman, un blogueur et commentateur qui s’est spécialisé dans l’impact et l’application de la technologie à travers l’Afrique.

C’est un Hub pour l’innovation qui propose des locaux et un espace virtuel de collaboration, qui permet de connecter sans aucune barrière, les investisseurs, les startups, les inventeurs. Tout l’écosystème permettant un développement de startup est présent sur ce hub.

Ce Hub organise de nombreux évènements pour dynamiser le secteur du numérique, des concours de meilleurs startups, des concours de développeurs, d’innovation, etc..

Il existe trois types de membres pour cette communauté :

White membership :

Pour ceux qui ne peuvent pas être physiquement présent sur le HUB et qui souhaitent faire partie du Hub virtuellement. Ils ont un accès gratuit une fois par semaine dans les locaux du Hub pour les résidents de Nairobi et toute la semaine pour les non-résidents, au-delà, il faut s’acquitter d’un montant. Ce statut de membre est gratuit

Green Membership :

Ce statut est destiné à ceux qui souhaitent utiliser le Hub comme bureau permanent pour développer leurs projets. De nombreux services (Serveurs, bureaux, communications, publicités), leurs sont proposés dans leur accompagnement.

Ce statut n’est jamais définitif, il est valable 6 mois et à la fin des 6 mois on revient au statut de white membership et il faut à nouveau candidater. L’octroi de statut est aussi en fonction du nombre de places disponible sur le hub (80 places)

Red membership

Ce statut est destiné à ceux qui ont déjà un produit viable déjà sur le marché et qui est prêt à croître. Ceux-ci sont déjà à la recherche de s’établir de manière permanente dans d’autres leurs propres locaux et de faire grandir leurs équipes. Il y a 15 places disponibles. Ceux qui sont Green ou White peuvent candidater au statut de red suivant les disponibilités. Des avantages additionnels pour ce statut comme un secrèterait, de l’hébergement de serveurs propres

D’autres incubateurs

M :lab East Africa qui est un consortium de 4 organisations l’Université de Naïrobi, iHub, WWW Foundation et eMobilis. Cet incubateur s’est spécialisé dans les solutions innovantes et à forte valeur ajoutée dans le mobile.

Le Chandaria Incubation and Innovation Center, Kenya Industrial Research and Development Institute (KIRDI), EPZ Business Incubator, Seven Seas Technologies Innovation Labs and Biz Africa.

Des centaines de startup

Il existe de centaines de startups, de dizaines naissent chaque mois. Beaucoup de startups proposent des solutions proches des réalités quotidiennes des Kenya notamment dans le domaine de l’agriculture.

Exemple de M_Farm qui est une application SMS mobile qui permet de connecter les fermiers avec les acheteurs. Ces fermiers ont accès en temps réel au cours du bétail ou des produits agricoles et peuvent donc négocier en toute sérénité le prix de leur produit

D’autres startups dans le domaine de l’agriculture, iCow, SokoText,

Ma3Route pour le transport urbain dans Nairobi, Purpink Gifts pour l’achat et l’envoi des cadeaux en ligne, Eat Out Keny pour la réservation en ligne des restaurants.

Il existe un site Internet qui répertorie les startups http://startupkenya.org/map/


 

Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE I

Le Kenya est considéré aujourd’hui comme l’une des vitrines de l’innovation sur le continent africain.

Ce pays truste les meilleurs classements africains sur l’attractivité par rapport aux investissements. Il a connu une croissance de 5.6% en 2015 avec 841600 créations d’emploi. L’objectif pour 2016 est la création de 1 million d’emplois.

Le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication est un acteur essentiel de ce boom économique. Il est considéré comme stratégique par le gouvernement Kenyan.

Ces startups innovantes attirent chaque année des millions de dollars d’investisseurs privés, publics, kenyans et étrangers.

La fiscalité, les douanes, « le politique », les infrastructures, la formation, tout est mis en œuvre pour en faire le Hub africain en matière de nouvelles technologies du numériques. Un exemple que nous pouvons citer, dans le but d’encourager l’assemblage en local des équipements électroniques, les composants nécessaires à ces assemblages sont exemptés de droits de douane.

Quels sont les différents leviers qui sont utilisés ? Quelles sont les clés de ce décollage ? Qu’est-ce qui peut être transposés dans les autres pays africains ? Pour répondre à ces questions, j’ai divisé ce post en trois parties :

La cartographie numérique du Kenya

L’Autorité des Communications du Kenya produit chaque trimestre des statistiques. Nous avons pu tirer quelques indicateurs dans le dernier bulletin produit pour le compte du dernier trimestre de l’année budgétaire 2015/2016, c’est-à-dire Avril 2016 à Juin 2016.

Dans le Secteur du Mobile

Le marché mobile est partagé par 5 opérateurs :

  • Safaricom Limited : 65.2%
  • Airtel Networks Limited : 16.56%
  • Finserve Africa (Equitel) : 5.06%
  • Telkom Kenya(Orange), l’opérateur historique : 13.16%
  • Sema Mobile : 0% (275 souscription pre-paid)

Il a été enregistré 40 millions d’abonnements mobiles pour une population de 43 millions (sources Kenya National Bureau of Statistics : Facts and figures 2015). C’est également un réseau mobile bien étendu sur le territoire avec 90% de taux de pénétration.

11 milliards de SMS ont été échangés durant ce trimestre

Pour ce qui est des revenus, on enregistre 2 milliards d’euros de revenus pour les 5 opérateurs en 2015 pour 500 millions d’euros d’investissement de ces opérateurs en 2015

6 178 personnes sont employées directement par ces 5 opérateurs

Le Mobile Money

Durant ce 4ème trimestre, je ne rêve pas, près de 8 milliards d’euros de transactions Mobile money (transfert entre particuliers plus achats de services et biens).

En effet, le Kenya est le leader mondial du payement mobile. Tout a commencé en 2007 avec M-Pesa qui permet à plus de 70% de la population adulte du pays de payer, régler les factures ou une addition et tout simplement envoyer et recevoir de l’argent. Il a été lancé par Safaricom une filiale du groupe Vodafone. Le service M-Pesa est désormais présent dans plusieurs pays du monde dont l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mozambique, et plus récemment la Roumanie qui est un point d’entrée sur le marché européen.

Téléphonie fixe

Nous avons 80 746 lignes téléphoniques fixes

Internet

Nous avons près de 37 millions d’utilisateurs Internet, soit 85% de taux de pénétration d’Internet. Nous avons la répartition suivante :

  • 26.8 millions d’abonnements Internet
  • 26.7 millions d’abonnement Mobile Data/Internet
  • 280 abonnements satellites
  • 3061 abonnements DSL Internet
  • 27 571 abonnements fibre optique

Ces chiffres nous indiquent que plus de 99% d’utilisateurs Internet sont des utilisateurs Mobiles.

Le haut débit

Je vous remets le tableau que j’avais fait dans mon post précèdent sur l’Etat des lieux d’Internet Q2 2016 sur la connectivité, sur la base du rapport produit par AKAMAI

Country Average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-Percentage 25-mbps-Percentage Number IPAddresses (IPv4) % Number IP/Population
Kenya

7 689

26 363

64%

21.6%

11.1%

3.6%

1 692 804

3,68%

La connexion à plusieurs fibres optiques sous-marine

Plusieurs câbles sous-marins ont un point de connexion à Mombassa. Nous avons :

  • Africa-1
  • Liquid Sea
  • Djibouti Africa Regional Express (DARE)
  • Eastern Africa Submarine System (EASSy)
  • The East African Marine System (TEAMS)
  • SEACOM/Tata TGN-Eurasia
  • Lower Indian Ocean Network 2 (LION2)

Pour plus de détails, je vous invite à suivre le lien : http://www.submarinecablemap.com/#/country/kenya

La gestion des noms de domaine KE

Nous avons 59 000 domaines enregistrés en .KE en Juillet 2016, avec une moyenne de 2 300 nouveaux noms de domaines enregistrés chaque mois.

Fruit d’une coopération entre le public et le privé, KENIC est l’entité qui gère les noms de domaine en KE. C’est une organisation à but non lucratif sous le patronage de l’autorité de régulation des communications Kenyan.

Le domaine .KE dispose de plusieurs sous-domaines :

  • .co.ke – for Companies
  • .or.ke – for Not-for-Profit-Making Organisations or NGO’s
  • .ne.ke – for Network Devices
  • .go.ke – for Government Entities(Requires Supporting Documents)
  • .ac.ke – for Institutions of Higher Educations.( Requires Supporting Documents)
  • .sc.ke – for Lower and Middle Institutes of Learning. (Requires Supporting Documents)
  • .me.ke – for Personal names
  • .mobi.ke – for Mobile content
  • .info.ke – for Information

L’enregistrement des noms de domaines se fait au travers de 45 entités privées (des registrars) dûment mandatées

A lire dans la suite :

Partie II : La politique Gouvernementale en matière de ICT et les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

 

Partie III : Les projets structurants mis en œuvre, les faiblesses et menaces et enfin la conclusion


Source :

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