Le véhicule autonome, une solution contre les embouteillages à Abidjan

J’ai rejoint il y a quelques mois mon nouveau poste d’affectation à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le pays de Félix Houphouët-Boigny, Bernard Dadié, Alpha Blondy, A’salfo, Michel Gohou, Didier Drogba, Murielle Ahouré et bien d’autres célébrités qui font rayonner son nom à travers le monde.

La première chose qui m’a marquée quand je suis arrivé dans ce pays, c’est l’existence d’un réseau routier urbain non négligeable en comparaison à d’autres capitales africaines que j’ai eu l’opportunité de visiter.

Il existe de grandes avenues qui vont du nord au sud et de l’est à l’ouest d’Abidjan. Cependant quelle densité du trafic aux heures de pointe, j’ai envie de dire, quels embouteillages monstres, qui dévoilent combien ce réseau routier urbain est insuffisant et inadéquat pour accommoder les 5 millions d’Abidjanais, soit 21 % de la population totale de Côte d’Ivoire.

Moi à qui il fallait entre 10 minutes et 20 minutes pour me rendre au travail à n’importe quel moment de la journée, quel choc et quel changement brutal de me voir obligé d’aller à mon travail tous les matins avant 6h45 afin d’éviter ces embouteillages et de reprendre le chemin retour avant 17h en fin de journée ou alors de se voir obligé de rester au Bureau jusqu’à 21h pour éviter d’affronter la horde des véhicules qui envahissent les différents boulevards abidjanais.

Cette horde est composée de véhicules personnels, des taxis, des « woro-woro », des « gbakas», ces minicars de transport en commun de 18 places du siècle dernier, qu’on se pose la question de savoir comment elles arrivent encore à rouler, ou alors par quel miracle ils arrivent à passer le contrôle technique qui les autorise à circuler, le tout dans un concert de klaxons stridents.

Pour ce qui ne connaissent pas Abidjan, les « woro-woro », sont des taxis collectifs à prix forfaitaire, et dont les couleurs dépendent des communes, bleu pour Yopougon, jaune pour la commune de Cocody, jaune Abobo, vert pour Adjamé, Marcory et Koumassi.

Les conducteurs de ces véhicules vous donnent l’impression qu’un code de la route a été élaboré spécialement pour cette ville et celui-ci est interprété par chacun à sa guise. C’est à qui peut passer le premier, refus de priorité, pas de respect ni de la signalisation horizontale, ni celle verticale à l’exemple des panneaux « Stop» à l’entrée des ronds-points, dépassement à droite, multiplication des files jusqu’à bloquer la voie opposée, non-respect des feux de signalisation, et j’en passe. Ce qui me fait dire, qu’à chaque fois rentré chez-moi, que c’est un miracle que le véhicule n’ait subi aucune éraflure.

Malgré la présence de la Police aux nœuds de blocage aux heures de pointe, la situation semble parfois incontrôlable face aux nombreux actes d’incivisme des conducteurs. Est-ce la priorité de la Police de mobiliser autant d’agents pour faire la circulation, quand elle est attendue sur d’autres missions pour lesquelles sa valeur ajoutée serait appréciée.

Les piétons et les deux roues ont été oubliés. Quelques trottoirs existent à certains endroits et ceux-ci sont envahis par des vendeurs ambulants ou sont occupés comme parking par des automobilistes. La traversée des boulevards se fait au sprint, car même quand des passages cloutés existent, les conducteurs automobiles semblent ne pas en tenir compte.

Pour finir de dresser ce tableau, il ne faut pas oublier l’impact environnemental, car ces bouchons engendrent de la pollution atmosphérique, car les émissions de gaz à effet de serre sont plus importantes qu’en trafic fluide. Respirer les pots d’échappement tous les jours a un impact certain sur la santé. Durant un embouteillage, la concentration de la pollution (et notamment des particules fines) augmente considérablement sur une zone réduite. Les automobilistes sont littéralement entourés de voitures dont les gaz d’échappements se libèrent à quelques mètres les uns des autres. En se cumulant, les taux de pollution atteignent des niveaux largement supérieurs aux taux recommandés par les agences de santé.

Quelles sont les perspectives ?

La Côte d’Ivoire vit un boom économique qui va continuer à faire converger vers sa capitale chaque année de milliers de nouveaux habitants et de milliers de nouveaux véhicules sur son réseau routier. Comme l’indique plusieurs études notamment Le dernier rapport du NIC (National Intelligence Council) intitulé « Global Trends 2035: Paradox of Progress », la population urbaine va continuer à augmenter dans tous les continents. Aujourd’hui la moitié de la population est urbaine, d’ici 2050 on aura un rapport de 2/3, ce qui va générer une énorme pression sur les pouvoirs publics, dans la mise en place des infrastructures pour supporter cette population urbaine. En 2030 nous aurons 41 mégapoles de plus de 10 million d’habitants.

Il faut saluer ici le dynamisme des Autorités publiques de ce pays qui ont lancé de nombreux grands travaux. On peut citer, la construction de la première ligne de métro qui desservira l’agglomération d’Abidjan du Nord au Sud, et donc reliera la commune d’Anyama au nord à Port-Bouët dans le sud d’Abidjan en 50 minutes, s’arrêtant à 20 stations, soit 37,5 km. Une deuxième ligne est déjà envisagée et elle va relier Yopougon à Bingerville.


Le plan du métro abidjanais

La construction du 4ème pont sur la lagune Ebrié est lancée, d’une longueur de 1,4 Km il va permettre de relier le quartier populaire de Yopougon au Plateau, la zone des affaires.

Et bien d’autres projets de transport urbains comme la construction des échangeurs et giratoires sur le boulevard François Mitterrand.

Il n’en reste pas moins que la composante humaine doit également faire partie de ces priorités pour le futur.

Compte tenu de l’incivisme des chauffeurs, et de la présence de nombreux chauffards, je me suis posé la question de savoir si la technologie pouvait être une solution. La voiture autonome qui commence à devenir une réalité sous d’autres cieux ne serait-elle pas une solution pour Abidjan ? Pourquoi ne pas rêver voir des véhicules autonomes arpenter les avenues d’Abidjan ? Pourquoi serait-elle réservée pour les larges avenues de la Silycon valley, mais une solution possible pour les capitales Africaines engorgées par le flux automobile en général et en particulier Abidjan.

Le véhicule autonome

Le véhicule autonome est de plus en plus une réalité et elle révolutionnera dans les prochaines années la manière dont nous nous déplaçons. Elle aura un impact sur nos villes, les constructeurs automobiles vont devoir s’adapter à cette révolution  ou mourir. Le marché des assurances automobiles, les métiers du transport, le permis de conduire, le transport des marchandises sont également concernés.

Le véhicule autonome c’est avant tout un véhicule équipé d’un système de pilotage automatique qui lui permet de circuler sans ou avec une intervention humaine dans des conditions de circulation réelles.

La NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), l’agence fédérale américaine des États-Unis chargée de la sécurité routière, a adopté en janvier 2016 les standards du SAE International (anciennement SAE, Society of Automotive Engineers) quant à la définition des niveaux d’autonomie du véhicule. Depuis cette date, ces standards sont considérés comme les standards internationaux et l’ensemble des acteurs du véhicule autonome s’y réfère :

  • Niveau Zéro : aucune automatisation.
  • Niveau Un : assistance au conducteur.
  • Niveau Deux : automatisation partielle.
  • Niveau Trois : automatisation conditionnelle.
  • Niveau Quatre : automatisation élevée.
  • Niveau Cinq : automatisation totale.

Les caractéristiques d’un véhicule autonome n’ont pas à différer nécessairement d’un véhicule non autonome. La seule obligation est de pouvoir contrôler les différents éléments de la voiture (principalement direction et puissance du moteur) via des commandes électriques. Il faut en effet une interface entre l’entité qui prend les décisions de conduite, et les systèmes qui influent sur le comportement physique du véhicule. Selon certains acteurs (Valeo, Tesla), rendre un véhicule électrique autonome sera plus simple que pour un véhicule diesel ou à essence. Les véhicules autonomes auront donc tendance à être plutôt électriques, mais les deux cohabiteront et cohabitent déjà.

Un véhicule autonome sera donc un véhicule quasi systématiquement connecté et très souvent électrique, auquel on adjoindra trois éléments : des capteurs, des algorithmes, et une importante puissance de calcul.

Le véhicule autonome utilise plusieurs types de capteurs, pour la plupart anciens dans leur concept. Les trois principaux sont le radar, la caméra, et le lidar. Les premières caméras sont apparues à la fin du XIXe siècle, les premiers radars dans les années 1930, et les premiers lidars dans les années 1960.

Le lidar est un capteur reprenant le principe de fonctionnement du radar, mais utilisant de la lumière en lieu et place des ondes radio qu’utilise le radar.

Les informations renvoyées par ces capteurs sont ensuite analysées par des algorithmes de traitement d’images. Ce traitement peut être effectué par des systèmes placés au niveau des capteurs, ou au sein de l’ordinateur central. Les algorithmes utilisés sont des algorithmes de reconnaissance d’images qui ont été développés à la fin des années 1990. Ils permettent de reconnaître à l’image toutes les formes utiles à la compréhension de l’environnement, tâche dont l’être humain s’acquitte sans même y réfléchir : routes, lignes de signalisation, rambardes, panneaux.

Notons que le véhicule autonome sera un véhicule connecté. Il échangera des informations au moins avec le Web, et potentiellement avec l’infrastructure urbaine, les autres véhicules, ou même des passagers. Cela nécessite donc d’avoir une infrastructure adaptée qui permette, si cela est nécessaire, de communiquer avec les véhicules autonomes. On peut par exemple envisager des feux de circulation connectés qui puissent envoyer leur information au véhicule autonome pour l’aider dans sa prise de décision, ou encore un capteur, à un carrefour à vision réduite, indiquant aux véhicules approchants les autres véhicules prêts à s’engager sur le carrefour. Il trouvera toute sa place dans ce que nous appelons des « Smart Cities » ou villes intelligentes.

Les véhicules autonomes auront donc une conduite moins brutale que les conducteurs, avec des freinages, des prises de courbe, des accélérations standardisées et optimisées, évitant les heurts pour les passagers.

Grâce à ces capteurs performants, un véhicule autonome réagit beaucoup plus vite qu’un humain et actionnera immédiatement le freinage d’urgence. Un humain en bonne condition met 600 millisecondes pour réagir alors qu’un système autonome peut réagir en 30-40 millisecondes. On peut penser que dans les autres cas où même le véhicule autonome n’aura le temps de réagir – disons-le cas extrêmement rares avec une fréquence quasi-nulle – le véhicule appliquera une règle que le régulateur aura choisie.

Les avantages attendus du véhicule autonome

La sécurité.

C’est un avantage majeur pour les passagers des véhicules et pour les passants : l’accidentologie devrait baisser de manière substantielle avec la progression des véhicules autonomes. Une étude menée aux États-Unis a effectivement montré qu’environ 95 % des accidents étaient principalement dus à une erreur humaine. Il est donc raisonnable d’espérer une chute d’accidentologie dans de telles proportions.

En 2016, le directeur de l’Office ivoirien de sécurité routière (OSER,) Désiré Aka Echui indiquait que les facteurs humains sont à la base de 94 % des accidents de la route en Côte d’Ivoire où la route fait chaque année au moins 600 morts et 11.000 blessés.

Tout récemment, le 19 Janvier 2018, s’est tenue à Abidjan , une réunion des responsables en charge de la Sécurité, soit moins de 03 semaines après le début de l’année, faisait déjà le constat de 1 458 accidents, dont près de la moitié à Abidjan, au cours des deux premières semaines de l’année 2018.

Ces accidents enregistrés au cours des deux premières semaines de l’année ont occasionné plus de 3225 blessés et 81 décès. Le district d’Abidjan a concentré à lui seul 47, 04% de ces accidents. Je vous laisse imaginer le bilan au 31 Décembre 2018…

La pollution

Les véhicules autonomes auront une conduite plus économique que les humains. Mais le réel enjeu se situe au niveau de la concomitance entre développement du véhicule autonome et du véhicule électrique.

Les embouteillages

La conduite autonome sera plus régulière que la conduite humaine, permettant une meilleure fluidité. Les véhicules autonomes seront davantage connectés, et pourront prendre des décisions en temps réel sur les routes optimales à emprunter.

Pas d’incivisme ou d’incivilité de la part du véhicule autonome, car les limitations de vitesse, le respect de la signalisation horizontale et verticale seront en permanence respectées contrairement à ce qui se passe de nos jours avec les fous furieux du volant que nous croisons au quotidien.

L’avènement de véhicules complètement autonomes pourrait aussi amener les consommateurs à délaisser la propriété de véhicules particuliers et à s’orienter vers le partage de véhicule autonome. Avec la réduction attendue du nombre de véhicules, cela devrait fluidifier le trafic et libérer un grand nombre de places de parking dans les zones urbaines : les véhicules, plutôt que de rester inutilisés dans des parkings, seraient en permanence en circulation pour chercher des clients.

Les constructeurs de véhicule autonome

De nombreux acteurs se sont lancés dans le développement de la voiture autonome, les historiques Mercedes, BMW, Renault, PSA, GM, Nissan, Toyota et Audi sont bien lancés parfois en rachetant des start-ups innovantes. Tesla est considéré comme à la pointe sur le sujet. Destinée initialement à construire des véhicules électriques, Tesla s’est ensuite positionné sur le véhicule électrique autonome et connecté, et profite de son agilité pour avancer à grande vitesse.

Les acteurs du numérique sont également présents, C’est le cas de Google, qui développe son système Google Car, destiné à être complètement autonome en milieu urbain, Nvidia, Apple, Baidu et Uber.

Des analystes prévoient une disponibilité en quantité commerciale de ces véhicules autonomes entre 2020 et 2025.

En conclusion

En attendant que la ville d’Abidjan se propose à l’expérimentation des véhicules autonomes, d’autres pistes sont à envisager dans un court terme. On peut citer :

  • Une plus grande et meilleure exploitation du réseau de transport sur la lagune Ebrié
  • Le développement des initiatives d’Eco-partage, comme le covoiturage.
  • L’amélioration du transport public avec des bus plus nombreux et modernes qui pourraient bénéficier de voies réservées,
  • Des couloirs pour véhicules à occupation multiples.
  • Des contrôles techniques plus rigoureux et l’interdiction d’importation de véhicule au-delà d’un certain âge
  • Une plus grande rigueur dans la délivrance des permis de conduire.
  • Des taxes à l’importation des véhicules plus élevés qui permettraient de financer le transport public
  • ….

Bibliographie

Most Popular Messaging Apps and the world map of social networks

I would to start this first article of 2017 by wishing you and your family: Happiness, Health and Love.

For the first time, I didn’t send any SMS for the usual end of year greetings and wishes. Like many of you, my greetings were sent using several messaging apps, WhatApps, Viber and Facebook Messenger. Consequently, it has been reported in many countries that the number of SMS sent this 31st December has decreased, this decrease has been already observed the two previous years.

In France for example, Orange has reported 94,9 million of SMS hence 6% less than in 2015. Bouygues Telecom has reported 45 million thus 9.7% of decrease, Free Telecom with 60 million thus 4% less compared to 2015.

Most Popular Messaging App in Every Country

The market of Mobile Messaging Apps is shared by some key players. Simillar web a Web Marketer company has published figures on May 24th 2016, that show how these key players are performing around the world.

SimilarWeb has examined 187 countries, WhatsApp is leading in 109 countries. The second App is Facebook’s Messenger followed by Viber.

Line is the most popular app in Japan, WeChat in China, KakaoTalk leads in South Korea, imo in Cuba, Zalo in Vietnam, ChatOn in Eritrea, and BBM in Indonesia.

For more details : https://www.similarweb.com/blog/worldwide-messaging-apps

The graphic below shows the Most Popular Messaging App in Every Country

Source : https://www.similarweb.com/blog/worldwide-messaging-apps

The world map of social networks

The TOP sites on the web

Alexa, now an Amazon company, that was founded in 1996, is a global pioneer in the world of analytical insight. They freely provides on their web site, global traffic rank, by country and by category.

The figures are based  on data from their global traffic panel, which is a sample of millions of Internet users using one of over 25,000 different browser extensions. In addition, they gather much of their traffic data from direct sources in the form of sites that have chosen to install the Alexa script on their site and certify their metrics.

At the global level, the top 10 sites on the web are:

  1. Google.com
  2. Youtube.com
  3. Facebook.com
  4. Baidu.com
  5. Yahoo.com
  6. Wikipedia.org
  7. Google.co.in (Indian version Google)
  8. Amazon.com
  9. Qq.com (China’s largest and most used Internet service portal)
  10. Google.co.jp (Japan version of Google)

When going further with the top sites by country, you will have the following rankings for some of the countries that I have selected:

France

  1. Google.fr
  2. Youtube.com
  3. Google.com
  4. Facebook.com
  5. Amazon.fr
  6. Wikipedia.org
  7. Leboncoin.fr
  8. Live.com
  9. Yahoo.com
  10. Orange.fr
USA

  1. Google.com
  2. Youtube.com
  3. Facebook.com
  4. Amazon.com
  5. Yahoo.com
  6. Wikipedia.org
  7. Reddit.com
  8. Ebay.com
  9. Twitter.com
  10. Netflix.com
UK

  1. Google.co.uk
  2. Youtube.com
  3. Google.com
  4. Facebook.com
  5. Amazon.co.uk
  6. Bbc.co.uk
  7. Ebay.co.uk
  8. Wikipedia.org
  9. Yahoo.com
  10. Live.com
Kenya

  1. Google.com
  2. Youtube.com
  3. Nation.co.ke
  4. Standardmedia.co.ke
  5. The-star.co.ke
  6. Yahoo.com
  7. Sportpesa.com
  8. Google.co.ke
  9. Jumia.co.ke
  10. Wikipedia.org
Cameroon

  1. Google.com
  2. Youtube.com
  3. Google.cm
  4. Yahoo.com
  5. Google.fr
  6. Cpasbien.cm
  7. Jumia.cm
  8. Wikipedia.org
  9. Ask.com
  10. Myway.com
China

  1. Baidu.com
  2. Qq.com
  3. Taobao.com
  4. Sohu.com
  5. Tmall.com
  6. Google.com
  7. Sina.com.cn
  8. Hao123.com
  9. 360.cn
  10. Weibo.com
Russia

  1. Vk.com
  2. Google.ru
  3. Youtube.com
  4. Yandex.ru
  5. Ok.ru
  6. Mail.ru
  7. Google.com
  8. Avito.ru
  9. Wikipedia.org
  10. Aliexpress.com
Japan

  1. Google.co.jp
  2. Yahoo.co.jp
  3. Google.com
  4. Youtube.com
  5. Amazon.co.jp
  6. Fc2.com
  7. Facebook.com
  8. Twitter.com
  9. Wikipedia.org
  10. Rakuten.co.jp
Saudi Arabia

  1. Google.com.sa
  2. Youtube.com
  3. Google.com
  4. Sabq.org
  5. Live.com
  6. Yahoo.com
  7. Facebook.com
  8. Wikipedia.org
  9. Blogspot.com
  10. Argaam.com
South Africa

  1. Google.co.za
  2. Google.com
  3. Youtube.com
  4. Yahoo.com
  5. Wikipedia.org
  6. Gumtree.co.za
  7. Fnb.co.za
  8. Facebook.com
  9. Takealot.com
  10. Thepiratebay.org

For more rankings by country go to : http://www.alexa.com/topsites/countries and for ranking by category go to : http://www.alexa.com/topsites/category

Some examples of categories are: Health, Science, News, Shopping, Home, …

Sources:

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE III

Les projets structurants mis en œuvre

Nous allons maintenant évoquer certains des projets structurants qui ont une importance non négligeable dans le développement numérique du Kenya.

Le Backbone national NOFBI

C’est une initiative conjointe du Gouvernement Kenyan, et du secteur privé notamment Telkom Kenya et Soulco dans le but de connecter l’ensemble des régions du Kenya et de fournir du haut débit à ces populations. Ce projet a également pour but de faciliter l’implémentation des services e-gouv tel que la santé, les services financiers, les services éducatifs/universitaires.

Les réseaux fibre optique ont été mis en place par Sagem, Huawei, et ZTE. Ils relient l’ensemble des 47 comtés du Kenya.

Tous les chefs-lieux de comtés sont connectés et également tous les bâtiments gouvernementaux

Il est géré par un opérateur privé Telekom avec qui le gouvernement a signé un agrément d’une durée limitée et renouvelable

Le projet a été mis en œuvre en deux étapes, une première phase achevée en 2009 avec près de 4300 kms de fibre optique installée

Une deuxième phase en cours sensée s’achever en 2016 va porter l’ensemble à plus de 6000 Km et apporter de la redondance au réseau existant.

Ce projet est piloté par l’ICT Autority pour le compte du gouvernent Kenyan (Ministère de l’ICT)


Kenya Open Data Initiative (KODI)

C’est un projet qui a été mis en place dans le cadre de l’e-gouv. Le Kenya Open Data Initiative (KODI)  est une base de données ouverte (https://www.opendata.go.ke) à tous et accessible sur Internet qui permet, qu’on soit chercheurs, décideurs, entrepreneurs ou grand public, d’avoir accès à des données statistiques sur les indicateurs de développement, des statistiques démographiques, le suivi du budget gouvernemental avec les dépenses du gouvernement, etc. Il a aussi un objectif de transparence des pouvoirs publics vis-à-vis de leur citoyen.

Un point d’échange INTERNET

Fondé à l’initiative de TESPOK, dès l’année 2000 et en abréviation KIXP, il a été mis en place avec l’aide de CISCO et de l’UNESCO.

Entre son achèvement en Novembre 2000 et le début de son fonctionnement effectif en Février 2002, il y a eu une bataille juridique entre TESPOK et l’opérateur historique Telkom Kenya, qui de peur de voir ses revenus chuter en raison de son monopole octroyer pour les communications internationales a demandé la fermeture de l’IXP.

Les Opérateurs ont répondu qu’ils ne contrevenaient en rien au monopole et l’exclusivité des communications internationales et que leur but était uniquement le trafic local et que le trafic international restait toujours du domaine exclusif de l’opérateur historique.

Après des pressions du public, des tractations, KIXP a été finalement autorisé à opérer sous la forme d’une licence octroyée par l’autorité de régulation. Des statistiques ont prouvé que près de 30% du trafic qui transitait à l’international en fait n’était que du trafic local.

KIXP c’est aujourd’hui 30 membres, 1 Gbit/s de trafic à des périodes de pic

Les membres sont des fournisseurs d’accès à Internat, des services gouvernementaux et éducatifs, des opérateurs de téléphonie.

La cotisation mensuelle des membres est de l’ordre de 300 USD. Ce qui permet de couvrir les frais de fonctionnement à savoir électricité, location, assurance.

KIXP est établi dans des locaux loués par l’association, c’est le choix décidé par l’association sur un endroit neutre et sécurisé.

KIXP héberge également certains services partagés comme des instances des serveurs de nom racine (f.root-servers.net) et (j.root-servers.net), et les serveurs DNS de la zone*.ke, un serveur de temps.

Le portail e-Gouv

Lancé en Août 2014, 1.7 millions de Kenyans se sont déjà enregistrés et le portail a déjà collecté 42 millions d’euros de recette.

Il existe un SSO pour la connexion : un compte unique pour se connecter à l’ensemble des services. On peut payer ses services par carte bancaire ou Mobile money

De nombreux services sont disponibles pour les particuliers :

  • Permis de conduire
  • Les cartes grises des véhicules
  • Servi de Visa en ligne pour ceux qui veulent visiter le Kenya
  • Les passeports
  • Titres fonciers
  • L’état civil : naissance, mariage, décès

Pour les entreprises des services en ligne G2B (Government to Business) qui leur permet de s’enregistrer auprès des différentes administrations et d’effectuer les procédures relatives.

La cité numérique/technologique de KONZA

Le gouvernement Kenyan a lancé en 2008 la création de la cite numérique de Konza qui a pour vocation à devenir la “Silicon Savannah”. Cette cité est sensée être le reflet en 2030 de l’aboutissement du projet Kenya Vision 2030.

Cette smart city va créer au moins 200 000 emplois directs et contribuer à terme à 10% du PIB du Kenya. Il est construit dans le cadre d’un partenariat Public/Privé pour un budget de plus de 5 milliards d’euros.

Les infrastructures de transport, l’éclairage public, les ambulances, la signalisation, l’électricité, l’eau, les espaces verts, les déchets, les services publics, la participation des citoyens seront gérés au travers des technologies numériques.

Le KENYA c’est aussi quelques faiblesses et quelques menaces

La proximité du Kenya avec des pays en état de guerre civile comme la Somalie, le Sud-Soudan constitue une source de déstabilisation pour le Kenya. Celui-ci a en plus déjà fait l’expérience de plusieurs attaques terroristes sur son territoire.

Cette menace terroriste est persistante, surtout dans la région frontalière avec la Somalie. Ce qui peut réfréner l’ardeur de certains investisseurs.

Malgré les efforts de mise en place de la transparence, le développement de l’e-gouvernance, il demeure encore quelques résidus de corruption dans le pays.

Actuellement, à peine plus d’un tiers des 45 millions de Kényans ont l’électricité. Et les coupures de courant sont fréquentes sur tout le réseau, y compris dans la capitale Nairobi.

Pour produire son électricité le Kenya a misé sur la géothermie qui lui fournit plus de 50% de son énergie. L’offre n’étant pas encore suffisante, le coût de l’électricité demeure élevée. Le Kenya exploite à peine 5 à 7% de son potentiel géothermique.

Ce coût élevé de l’électricité peut être un frein pour l’émergence de nouvelles entreprises Hi-Tech

Les PC demeurent chers, malgré les efforts du gouvernement pour faciliter les acquisitions de PC. On peut tous s’accorder que pour certaines transactions numériques, il vaut mieux parfois l’écran et le clavier d’un PC ou d’un Laptop que de celui d’un mobile.

Certes il existe un énorme engouement des jeunes Kenyans à embrasser les métiers de l’ICT, par contre il y a un manque criard d’enseignants et d’experts pouvant leur transmettre les compétences nécessaires.

En Conclusion :

Nous pouvons relever en guise de conclusion de ce post que les principaux leviers de ce boom sont :

  • Une bonne compréhension des pouvoirs publics du potentiel des technologies numériques dans la création des richesses du pays et une réelle volonté politique d’en faire un élément essentiel de la politique de développement
  • Un partenariat Public et Privé qui marche très bien, les pouvoirs Publics définissant la stratégie de la nation et laissant les initiatives privées s’épanouir et voir même finançant ces entités privées.
  • Une autorité de régulation, dont l’organe dirigeant a un mandat de 3 ans et qui assure la saine concurrence et défend les intérêts des consommateurs
  • Une entité centralisée et compétente qui est chargée de mettre en œuvre la politique numérique du gouvernement : l’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA
  • Une association des Fournisseurs de service des Télécommunication TESPOK (Technology Service Providers of Kenya), très active, capable de faire du lobbying et defendant les intérêts de ceux-ci.
  • Les Kenyans eux-mêmes à travers les nombreuses startups qu’ils créent et qui répondent aux besoins locaux.
  • Le monde universitaire qui met sur le marché de l’emploi chaque année 9 600 professionnels de l’ICT et secteurs relatifs
  • Les infrastructures avec le backbone national NOFBI, le Datacenter gouvernemental, etc..

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Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE II

La politique Gouvernementale en matière de ICT

Le cadre Législatif

Les technologies de l’information et de la communication relèvent de plusieurs textes législatifs, dont le « Kenya Communications Act (KCA) » de 1998 qui a été amendé en 2013 sous la nouvelle formulation de « Kenya Information and Communications Act » . Nous avons également le « Science and Technology Act » de 1977, le » Broadcasting Corporation (KBC) Act » de 1988.

Tous les aspects réglementaires et de régulation sont sous l’égide de l’autorité de communication du Kenya (CAK).

Le marché des télécommunications a été libéralisé en 1999 avec la scission de l’ancien entreprise publique « Kenya Post and Telecommunications Corporation » en plusieurs entités dont « « Telekom kenya , la Poste, l’autorité de communication,.

Cette libéralisation a été un catalyseur du développement des Télécoms au Kenya

Kenya Vision 2030

Le président actuel du Kenya, Uhuru Kenyatta a qualifiée le Kenya de « Startup nation », invitant ainsi l’ensemble des institutions publiques, les partenaires privées, le monde universitaire à favoriser cet élan.

L’ICT est vue comme un élément essentiel pour améliorer la vie des citoyens kenyans.

Il s’agit par exemple pour toutes les institutions publiques de donner la priorité aux solutions ICT développées en locale au lieu de dépenser des millions de dollars à importer des solutions équivalentes.

L’entreprenariat est vivement encouragé, des politiques publiques sont mises en place pour le favoriser. Les pouvoirs publics et les partenaires privés sont invités à supporter cette politique.

L’Etat favorise les créations d’incubateurs et accélérateurs de startups. Elle finance certains de ces incubateurs Elle a mis en place des règles de marché public en vue de favoriser les entrepreneurs locaux.

Kenya Vision 2030 est un plan de développement adopté par le Kenya, le 10 juin 2008. Il couvre la période 2008 à 2030 à travers 5 plans quinquennaux.

L’innovation, la technologie et la science font parties des 10 secteurs qui sont visés par ce plan de développement.

Dans le cadre du programme Presidential Digital Talent Program (PDTP), le gouvernement est en train de recruter 400 talents pour renforcer la capacité en matière de ICT de l’Etat Kenyan sous la responsabilité du ministère Kenyan pour les technologies et de la Communication

Le Ministère Kenya pour les technologies de l’Information et de la Communication

Le Ministère de l’information, des communications et de la technologie (TIC) est en charge de la formulation, l’administration, la gestion et le développement de l’information, la politique de radiodiffusion et de la communication.

Il a en charge la politique de communication gouvernementale, les services de radiodiffusions, la télévision, la poste, les technologies de l’informatique et l’innovation.

Le ministère Kenyan de l’ICT a un budget de 101 millions d’euros pour l’année budgétaire en cours.

Un plan directeur pour le développement de l’ICT a été établi en 2014 pour la période allant de 2014 à 2018. Ce plan est aligné sur le plan de développement Kenya Vision 2030.

Les objectifs pour ce plan sont les suivants :

  • 8% de contribution des secteurs de l’ICT au PIB
  • 180 000 créations d’emplois directs
  • La reconnaissance du Kenya comme un hub régional ICT
  • Le renforcement des services e-gouv, avec 50% de Kenyans adultes accédant aux services et donc un meilleur rang dans le classement des pays utilisant des services e-gouv
  • L’implémentation d’au moins 55 compagnies ICT dont deux ayant au moins une base clientèle de 2 millions

Les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

L’Autorité de Communication du Kenya : CAK

C’est l’Autorité de régulation du secteur des communications au Kenya. Il a été établi en 1999 à la suite du Kenya Communications Act (KCA) de 1998.

Il a la responsabilité de la radio et télé diffusion, le multimédia, la poste, le commerce électronique, et les télécommunications

Comme tout régulateur ses attributions sont entre autres :

  • L’octroi des licences
  • La gestion des spectres de fréquence
  • La gestion de la numérotation
  • La protection des droits des consommateurs
  • La réglementation des tarifs
  • La surveillance des activités des titulaires de licence
  • La gestion de la concurrence saine entre les différents acteurs

Cette Autorité a à sa tête un conseil d’administration qui surveille l’ensemble de ses activités. Ce conseil d’administration est composé de 12 membres, des professionnels de l’ICT, des représentants des gouvernements, des investisseurs du domaine des Télécommunication

Les membres du conseil d’administration sont désignés pour une période de 3 ans ainsi que le Directeur Général de cette Autorité.

Il est intéressant de relever la charte de service établi par cette Autorité et disponible sur son site web qui permet de nous donner quelques indicateurs sur la qualité de service. Quelques exemples :

  • 135 jours pour obtenir une nouvelle licence dans les télécommunications
  • 60 jours pour obtenir une nouvelle licence dans la radio et télé diffusion
  • 18 jours pour assigner une nouvelle fréquence
  • 60 jours pour le renouvellement d’une fréquence
  • 40 jours pour résoudre un différend entre deux concurrents
  • 40 jours pour approuver de nouveaux tarifs si ceux-ci sont règlementés
  • 30 jours pour traiter une plainte d’un consommateur

L’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA

C’est une agence qui est sous la tutelle du Ministère Kenyan des technologies de l’information et de la communication.

C’est le résultat d’une consolidation de 03 agences gouvernementales, effectuée en Août 2013 :

  • L’Information and Communication Technology Board of Kenya (ICT Board)
  • L’e-Government Directorate
  • Le Government Information and Technology Services (GITS)

Pour le compte du gouvernement Kenyan, elle a la charge de définir, et implémenter la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’ICT. Elle définit les normes et standards qui sont appliqués à l’ensemble des administrations, ceci afin d’éviter les incohérences entre les administrations qui avant la mise en place de cette Autorité définissaient chacune leurs standards.

Cette autorité pour le compte du gouvernement gère l’ensemble des ressources humaines en matière de ICT et également les services partagés tel que :

  • Le système de communication unifié gouvernemental (email, fax, video, ) qui aujourd’hui qui héberge 15 000 adresse emails de diverses administrations : la police, la santé, l’éducation nationale, les finances, …Le but à terme est de pouvoir héberger 50 000 fonctionnaires.
  • Le Datacenter gouvernemental qui héberge l’ensemble des services partagés et également le backbonne réseau qui relie l’ensemble des ministères et les principales agences gouvernementales à ce Datacenter.

Elle est le leader de la transformation et de l’innovation pour le compte du gouvernement. Elle finance pour le compte du gouvernement de nombreuses startups. Elle ne le fait pas directement, elle le fait à travers des initiatives privées d’incubateurs et d’accélérateurs de startups.

C’est l’interlocuteur pour tout ce qui est cybersécurité pour le compte du gouvernement.

Elle est le principal promoteur des services e-gouv. Elle supervise la mise en place des solutions ICT dans les administrations et la mise en place du backbonne nationale fibre optique : NOFBI que nous présenterons dans la suite du post.

Elle joue aussi un rôle de vulgarisation avec la formation du personnel de l’Etat aux nouvelles technologies.

C’est l’interlocuteur des bailleurs de fond comme la banque mondiale ou l’UNESCO pour les projets dans le domaine de l’ICT. L’autorité a par exemple exécuté le projet «Wezesha Laptop  », qui a consisté à distribuer près de 15 000 laptops financés par la banque mondiale aux étudiants des universités publiques et privées kenyanes.

Pour le compte du monde universitaire c’est aussi le promoteur de réseau KENET (Kenya Education Network), qui a pour but de mettre en place une passerelle pour le monde universitaire vers les ressources scientifiques, des systèmes de e-learning, des solutions de vidéoconférences

Les Universités et la formation aux ICT

Nous avons 31 universités et instituts d’enseignements supérieurs publics et 36 universités et instituts supérieurs privées, reconnus par la Commission nationale Kenyane pour les Universités. C’est l”entité qui accrédite les universités.

Chaque année il y a plus de 200 000 jeunes kenyans qui s’inscrivent à l’université, 50 000 qui en sortent diplômés, donc environ 9 600 dans les formations relatives aux ICT.

La majorité de ces Universités proposent des cursus de formation en ICT. Les plus réputées sont :

  • Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT)
  • Strathmore University
  • KCA University
  • University of Nairobi
  • Maseno University
  • Kenyatta University
  • Egerton University
  • Moi University

La présence des Géants du HiTech

Nairobi est devenu le hub pour l’Afrique de l’Est ou voir même pour l’Afrique de certaines multinationales de l’ICT : Google, Visa, Cisco, Huawei, Asus, LG Nokia, Motorola, Sony, Kaspersky Lab, Blackberry

Une association des fournisseurs de services INTERNET très active

Les fournisseurs d’accès aux services Internet et technologiques ont créé une association TESPOK pour « Technology Service Providers of Kenya »

C’est une association à but non lucratif créée dès 1999. Cette association a pour but d’être leur voix, et d’influencer les différentes politiques de développement numérique, les différentes régulations. Ils défendent les intérêts des fournisseurs de service.

Cette association a une voix qui porte et fait du lobbying tout azimut. Quelques réalisations de cette association :

  • La dérégulation des services VSAT et VoIP
  • La mise en place d’un point exchange Internet KIXP
  • La contribution active dans la définition des différentes stratégies ou politiques gouvernementales en matière d’ICT

Des accélérateurs et incubateurs de Startups

Il existe de nombreux incubateurs de startup au Kenya qui favorisent leur développement, en les aidant à survivre et à se développer. Ils fournissent un éventail de ressources tels que les espaces de bureau, le capital, le coaching, les moyens de communications.

Sans contrepartie, ils accompagnent des jeunes entreprises ou des entreprises en création à se développer en leur offrant des ressources et des services qui permettent à ceux-ci d’affiner leurs idées ou à développer un modèle commercial de ces idées.

Dans le cas de l’accélérateur Nailab, l’accompagnement dure 6 mois repartis en deux phases :

  • Une première phase de 03 mois qui consiste à développer le modèle commercial
  • Une seconde phase de 03 mois qui consiste à s’appuyer sur un relai déjà en place sur le marché et à tester le produit sur le marché.

Voyons plus en détail le fonctionnement de l’un des incubateurs iHUB.

iHub

Il a été fondé en Juin 2010 par Erik Hersman, un blogueur et commentateur qui s’est spécialisé dans l’impact et l’application de la technologie à travers l’Afrique.

C’est un Hub pour l’innovation qui propose des locaux et un espace virtuel de collaboration, qui permet de connecter sans aucune barrière, les investisseurs, les startups, les inventeurs. Tout l’écosystème permettant un développement de startup est présent sur ce hub.

Ce Hub organise de nombreux évènements pour dynamiser le secteur du numérique, des concours de meilleurs startups, des concours de développeurs, d’innovation, etc..

Il existe trois types de membres pour cette communauté :

White membership :

Pour ceux qui ne peuvent pas être physiquement présent sur le HUB et qui souhaitent faire partie du Hub virtuellement. Ils ont un accès gratuit une fois par semaine dans les locaux du Hub pour les résidents de Nairobi et toute la semaine pour les non-résidents, au-delà, il faut s’acquitter d’un montant. Ce statut de membre est gratuit

Green Membership :

Ce statut est destiné à ceux qui souhaitent utiliser le Hub comme bureau permanent pour développer leurs projets. De nombreux services (Serveurs, bureaux, communications, publicités), leurs sont proposés dans leur accompagnement.

Ce statut n’est jamais définitif, il est valable 6 mois et à la fin des 6 mois on revient au statut de white membership et il faut à nouveau candidater. L’octroi de statut est aussi en fonction du nombre de places disponible sur le hub (80 places)

Red membership

Ce statut est destiné à ceux qui ont déjà un produit viable déjà sur le marché et qui est prêt à croître. Ceux-ci sont déjà à la recherche de s’établir de manière permanente dans d’autres leurs propres locaux et de faire grandir leurs équipes. Il y a 15 places disponibles. Ceux qui sont Green ou White peuvent candidater au statut de red suivant les disponibilités. Des avantages additionnels pour ce statut comme un secrèterait, de l’hébergement de serveurs propres

D’autres incubateurs

M :lab East Africa qui est un consortium de 4 organisations l’Université de Naïrobi, iHub, WWW Foundation et eMobilis. Cet incubateur s’est spécialisé dans les solutions innovantes et à forte valeur ajoutée dans le mobile.

Le Chandaria Incubation and Innovation Center, Kenya Industrial Research and Development Institute (KIRDI), EPZ Business Incubator, Seven Seas Technologies Innovation Labs and Biz Africa.

Des centaines de startup

Il existe de centaines de startups, de dizaines naissent chaque mois. Beaucoup de startups proposent des solutions proches des réalités quotidiennes des Kenya notamment dans le domaine de l’agriculture.

Exemple de M_Farm qui est une application SMS mobile qui permet de connecter les fermiers avec les acheteurs. Ces fermiers ont accès en temps réel au cours du bétail ou des produits agricoles et peuvent donc négocier en toute sérénité le prix de leur produit

D’autres startups dans le domaine de l’agriculture, iCow, SokoText,

Ma3Route pour le transport urbain dans Nairobi, Purpink Gifts pour l’achat et l’envoi des cadeaux en ligne, Eat Out Keny pour la réservation en ligne des restaurants.

Il existe un site Internet qui répertorie les startups http://startupkenya.org/map/


 

Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE I

Le Kenya est considéré aujourd’hui comme l’une des vitrines de l’innovation sur le continent africain.

Ce pays truste les meilleurs classements africains sur l’attractivité par rapport aux investissements. Il a connu une croissance de 5.6% en 2015 avec 841600 créations d’emploi. L’objectif pour 2016 est la création de 1 million d’emplois.

Le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication est un acteur essentiel de ce boom économique. Il est considéré comme stratégique par le gouvernement Kenyan.

Ces startups innovantes attirent chaque année des millions de dollars d’investisseurs privés, publics, kenyans et étrangers.

La fiscalité, les douanes, « le politique », les infrastructures, la formation, tout est mis en œuvre pour en faire le Hub africain en matière de nouvelles technologies du numériques. Un exemple que nous pouvons citer, dans le but d’encourager l’assemblage en local des équipements électroniques, les composants nécessaires à ces assemblages sont exemptés de droits de douane.

Quels sont les différents leviers qui sont utilisés ? Quelles sont les clés de ce décollage ? Qu’est-ce qui peut être transposés dans les autres pays africains ? Pour répondre à ces questions, j’ai divisé ce post en trois parties :

La cartographie numérique du Kenya

L’Autorité des Communications du Kenya produit chaque trimestre des statistiques. Nous avons pu tirer quelques indicateurs dans le dernier bulletin produit pour le compte du dernier trimestre de l’année budgétaire 2015/2016, c’est-à-dire Avril 2016 à Juin 2016.

Dans le Secteur du Mobile

Le marché mobile est partagé par 5 opérateurs :

  • Safaricom Limited : 65.2%
  • Airtel Networks Limited : 16.56%
  • Finserve Africa (Equitel) : 5.06%
  • Telkom Kenya(Orange), l’opérateur historique : 13.16%
  • Sema Mobile : 0% (275 souscription pre-paid)

Il a été enregistré 40 millions d’abonnements mobiles pour une population de 43 millions (sources Kenya National Bureau of Statistics : Facts and figures 2015). C’est également un réseau mobile bien étendu sur le territoire avec 90% de taux de pénétration.

11 milliards de SMS ont été échangés durant ce trimestre

Pour ce qui est des revenus, on enregistre 2 milliards d’euros de revenus pour les 5 opérateurs en 2015 pour 500 millions d’euros d’investissement de ces opérateurs en 2015

6 178 personnes sont employées directement par ces 5 opérateurs

Le Mobile Money

Durant ce 4ème trimestre, je ne rêve pas, près de 8 milliards d’euros de transactions Mobile money (transfert entre particuliers plus achats de services et biens).

En effet, le Kenya est le leader mondial du payement mobile. Tout a commencé en 2007 avec M-Pesa qui permet à plus de 70% de la population adulte du pays de payer, régler les factures ou une addition et tout simplement envoyer et recevoir de l’argent. Il a été lancé par Safaricom une filiale du groupe Vodafone. Le service M-Pesa est désormais présent dans plusieurs pays du monde dont l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mozambique, et plus récemment la Roumanie qui est un point d’entrée sur le marché européen.

Téléphonie fixe

Nous avons 80 746 lignes téléphoniques fixes

Internet

Nous avons près de 37 millions d’utilisateurs Internet, soit 85% de taux de pénétration d’Internet. Nous avons la répartition suivante :

  • 26.8 millions d’abonnements Internet
  • 26.7 millions d’abonnement Mobile Data/Internet
  • 280 abonnements satellites
  • 3061 abonnements DSL Internet
  • 27 571 abonnements fibre optique

Ces chiffres nous indiquent que plus de 99% d’utilisateurs Internet sont des utilisateurs Mobiles.

Le haut débit

Je vous remets le tableau que j’avais fait dans mon post précèdent sur l’Etat des lieux d’Internet Q2 2016 sur la connectivité, sur la base du rapport produit par AKAMAI

Country Average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-Percentage 25-mbps-Percentage Number IPAddresses (IPv4) % Number IP/Population
Kenya

7 689

26 363

64%

21.6%

11.1%

3.6%

1 692 804

3,68%

La connexion à plusieurs fibres optiques sous-marine

Plusieurs câbles sous-marins ont un point de connexion à Mombassa. Nous avons :

  • Africa-1
  • Liquid Sea
  • Djibouti Africa Regional Express (DARE)
  • Eastern Africa Submarine System (EASSy)
  • The East African Marine System (TEAMS)
  • SEACOM/Tata TGN-Eurasia
  • Lower Indian Ocean Network 2 (LION2)

Pour plus de détails, je vous invite à suivre le lien : http://www.submarinecablemap.com/#/country/kenya

La gestion des noms de domaine KE

Nous avons 59 000 domaines enregistrés en .KE en Juillet 2016, avec une moyenne de 2 300 nouveaux noms de domaines enregistrés chaque mois.

Fruit d’une coopération entre le public et le privé, KENIC est l’entité qui gère les noms de domaine en KE. C’est une organisation à but non lucratif sous le patronage de l’autorité de régulation des communications Kenyan.

Le domaine .KE dispose de plusieurs sous-domaines :

  • .co.ke – for Companies
  • .or.ke – for Not-for-Profit-Making Organisations or NGO’s
  • .ne.ke – for Network Devices
  • .go.ke – for Government Entities(Requires Supporting Documents)
  • .ac.ke – for Institutions of Higher Educations.( Requires Supporting Documents)
  • .sc.ke – for Lower and Middle Institutes of Learning. (Requires Supporting Documents)
  • .me.ke – for Personal names
  • .mobi.ke – for Mobile content
  • .info.ke – for Information

L’enregistrement des noms de domaines se fait au travers de 45 entités privées (des registrars) dûment mandatées

A lire dans la suite :

Partie II : La politique Gouvernementale en matière de ICT et les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

 

Partie III : Les projets structurants mis en œuvre, les faiblesses et menaces et enfin la conclusion


Source :

State of the Internet Q2 2016: Connectivity

6 mois sont passés depuis mon dernier post sur l’Etat des lieux d’internet publié par Akamai. Depuis sa première publication en 2008, celui devient de plus en plus le document de référence pour les analystes, et les investisseurs.

Le dernier rapport disponible sur la connectivité concerne le second trimestre de 2016. Il a la particularité cette fois de consacrer toute une section sur le Moyen Orient et l’Afrique. Avant nous avions une section qui englobait EMEA (Europe + Moyen Orient + Afrique).

Tous les jours, la plate-forme mondiale d’Akamai diffuse plus de 2 000 milliards d’interactions sur Internet et assure la protection contre de nombreuses attaques par déni de service distribué et autres cyber attaques. Ce rapport publié par Akamai s’appuie sur ces données pour présenter une vision claire de l’état des connexions, des tendances et des chiffres en matière de cyber sécurité, notamment vitesse de connexion à Internet, taux d’adoption du haut débit, utilisation mobile, pannes, cyber attaques et menaces de sécurité.

Quelques rappels pour étayer la crédibilité de ce rapport :

  • AKAMAI est le leader mondial dans les services de CDN avec une infrastructure de plus de 216 000 servers dans 120 pays, déployés sur plus de 1 500 réseaux à travers le monde et un trafic de 30 Térabits/s.
  • Avec ces 3 000 milliards d’interactions sur Internet par jour, la plateforme AKAMAI traite 15 à 30% du trafic web mondial.

Quelques statistiques globales

Afin de faire partie des différents classements que je présente dans la suite du post, le critère est un minimum par pays de 25.000 adresses IP uniques qui se soient connectées sur la plateforme Akamai.

Vitesse moyenne de connexion à INTERNET

Pour rappel en Q4 2015, au niveau mondial, la vitesse de connexion moyenne à Internet était de 5.6 Mbits/s, en Q2 2016 cette moyenne de connexion est maintenant de 6.1 Mbit/s soit une augmentation de 9%.

Nous avons un Top 10 composé des pays suivants :

Pays Q2 2016 (Mbit/s) Q2 2015 à Q2 2016
1 South Korea

27.0

17%

2 Norway

20.1

55%

3 Hong Kong

19.5

15%

4 Sweden

18.8

19%

5 Switzerland

18.3

17%

6 Finland

17.6

26%

7 Latvia

17.5

23%

8 Singapore

17.2

27%

9 Japan

17.1

5.1%

10 Iceland

17.0

49%

Quelques commentaires par rapport à ce classement :

  • Par rapport à notre classement de Q4 2015, la Suède descend à la 4ème place, pour autant sa vitesse moyenne de connexion reste échangée, c’est le résultat d’une progression de la Norvège, à Hong-Kong.
  • On observe une baisse dans notre classement du Japon qui voit également sa vitesse moyenne de connexion baissée de 17.4 Mbit/s à 17.1 Mbit/s.
  • De nouvelles apparitions dans ce top 10, Singapour et l’Islande et des sorties, les Pays-Bas, et le Danemark.

La Lybie qui était le seul pays en Q4 2015 avec une vitesse de connexion moyenne inférieure à 1 Mbits/s est remplacée par le Yémen, pays dans lequel la vitesse moyenne est de 0.7 Mbit/s. Pour la Lybie, la vitesse moyenne enregistrée est passée à 1 Mbit/s.

Peaks des connexions en moyenne

La moyenne des peaks de connexion au niveau global est passée de 32.5 Mbits/s à 36 Mbit/s, soit une augmentation de 11% par rapport à Q4 2015.

Le classement du Top 10 est le suivant :

Pays Q2 2016 Q2 2015 à Q2 2016
1 Singapore

157.3

44%

2 Hong Kong

114.3

21%

3 South Korea

110.1

33%

4 Bahrain

100.9

-12%

5 Qatar

97.8

36%

6 Macao

94.5

51%

7 Indonesia

91.9

355%

8 Taiwan

88.8

23%

9 Japan

85.3

14%

10 Romania

84.2

22%

Quelques remarques par rapport à ce classement :

  • Le trio de tête, Singapour, Hong-Kong, et Corée du Sud reste échangé
  • On a une forte progression du Qatar qui passe du 9ème rang au 5ème rang et inversement le Japon passe du 5ème rang au 9ème rang
  • La Mongolie sort du top 10 et est remplacée par Bahreïn qui fait une entrée très remarquable à la 4ème place.
  • Pour ce qui est du bas de ce classement, nous enregistrons la Zambie en dernière position avec une moyenne des peaks à 6.4 Mbit/s

Taux d’adoption du haut débit

Haut debit 4 Mbit/s

Pays% connexions >= 4 Mbit/sQ2 2015 à Q2 20161Andorra97%3.8%2 Malta97%4.9%3 South Korea 97%0.7%4 Isle Of Man96%2.7%5 Thailand96%5.1%6 Netherlands96%2.4%7 Latvia95%7.7%8 Romania95%6.4%9 Switzerland95%1.6%10Denmark95%1.4%
Quelques remarques par rapport à ce classement :
Le pourcentage de l’ensemble des connections sur la plateforme AKAMAI pour des débits supérieurs à 4Mbit/s est de 76% et il était de 69% en Q2 2015.

  • Il y a 119 pays qui sont qualifiés pour être inclus dans ce classement
  • Le rapport indique une augmentation de l’Egypte de 101% par rapport à Q1 2016, la raison, des investissements importants de la part de Telecom Egypt et la connexion fibre sous-marine avec l’Europe. Ce qui lui permet de voir 9.6% de ces connexions à des débits supérieurs ou égaux à 4 Mbit/s
  • Sur une année, c’est-à-dire par rapport à Q2 2015, le rapport enregistre cette incroyable progression du Kenya de 1 585%, soit 64% de l’ensemble des connexions à des débits supérieurs ou égaux à 4 Mbit/s.

Haut débit 10 Mbits/s

Pays% connexions >= 10 Mbit/sQ2 2015 à Q2 20161South Korea 79%7.1%2 Singapore67%34%3 Iceland 66%86%4 Hong Kong66%6.3%5 Switzerland 65%7.5%6 Japan 65%8.4%7 Belgium64%37%8 Norway 64%60%9 Bulgaria 64%17%10Netherlands63%8.4%
Quand on monte le seuil à 10 Mbits/s, nous avons 35% du trafic global. Pour rappel en Q4 2014 nous étions à 32%.

  • Il y a 79 pays qui sont qualifiés pour être inclus dans ce classement
  • La Corée du Sud est toujours à la tête de ce classement. Des changements à la deuxième et troisième place par rapport à Q4 2015 avec Singapour et l’Islande.

Par rapport à Q1 2016, on observe une progression importante de 497% de l’Egypte qui a un pourcentage de connexion de 10%. Et ce chiffre comparé à Q2 2015 donne un pourcentage de progression de 10 117% .

Haut débit 15 Mbits/s

Pays% connexions >= 15 Mbit/sQ2 2015 à Q2 20161South Korea63%20%2 Norway48%100%3 Hong Kong46%16%4 Singapore45%68%5 Switzerland 42%24%6 Romania42%65%7 Japan42%11%8 Iceland41%187%9 Latvia 41%32%10Sweden41%24%
Quelques remarques par rapport à ce classement :
Pour un seuil de 15 Mbits/s, la plateforme AKAMAI a enregistré 21% de connexions, soit deux points de plus par rapport au 19% de Q4 2015. Par rapport à Q2 2015, nous avons une progression de 54%.

  • Il faut noter qu’il n’y a que 69 pays qui sont qualifiés pour être inclus dans ce classement
  • La Corée du Sud caracole toujours en tête. Et on observe une baisse dans ce classement de la Suède de la 3ème position à la 10ème position.
  • L’Egypte enregistre l’une des plus grandes progressions par rapport à Q1 2016 avec 597% soit 4.8% de connexions >= 15 Mbit/s.
  • Sur une année, donc par rapport à Q2 2015, le Kenya enregistre une progression record de 19 288% avec 11% des connexions >= 15 Mbit/s

Haut debit 25 Mbit/s

Pays% connexions >= 25 Mbit/sQ2 2015 à Q2 20161South Korea37%26%2 Norway 25%172%3 Hong Kong 22% 40%4 Sweden22% 51%5 Latvia 19% 46%6 Switzerland18%61%7 Finland18% 70%8 Singapore17% 115%9 Japan17% 7.4%10Denmark16% 133%
Pour un seuil de 25 Mbits/s, au niveau global nous avons un pourcentage de 8.3% de connexions, en rappel en Q4 2015 celui-ci était de 7.1%.

  • Il y a 52 pays qui sont qualifiés pour être inclus dans ce classement

L’adoption de l’IPv6

L’adoption de l’IPv6 continue à évoluer. AKAMAI propose sur le lien suivant un classement par pays ou par réseau du taux d’adoption de l’IPv6, c’est-à-dire du pourcentage de connexion en IPv6 sur l’ensemble des connexions (IPv4 plus IPv6)  : https://www.akamai.com/uk/en/our-thinking/state-of-the-internet-report/state-of-the-internet-ipv6-adoption-visualization.jsp

% IPv6Pays1    46.8%    Belgium2    27.6%    Greece3    26.1%    Germany4    25.6%    Switzerland5    25.4%    India6    23.6%    United States of America7    23.4%    Luxembourg8    18.3%    Portugal9    16.4%    Estonia

La connectivité mobile

L’analyse d’AKAMAI porte sur 58 pays avec un critère de 25 000 adresses IPv4 minimum en provenance d’un réseau mobile.
De ces 58 pays, le Royaume-Uni avec une moyenne de 23.1 Mbit/s est en tête, suivi de la Belgique avec une moyenne de 21.1 Mbit/s.
Le rapport indique que ces moyennes vont certainement augmenté avec la progression des réseaux LTE. Il fait mention d’un rapport du GSA (Global Mobile Suppliers Association) qui indique qu’en Mai 2016, il était recensé 503 opérateurs ayant des réseaux LTE, dans 167 pays, soit 1.3 milliards d’utilisateurs.
Par région, nous avons les vitesses de connexion moyennes par mobile suivantes :
Afrique : Morocco, 5.5 Mbps – Kenya, 5.2 Mbps – Egypt, 6.6 Mbps – Namibia, 3.1 Mbps – Nigeria, 3.0 Mbps

  • Asie Pacifique : South Korea, 11.1 Mbps – Japan, 9.5 Mbps – Philippines, 8.5 Mbps
  • Europe: United Kingdom, 23.1 Mbps – Belgium, 21.1 Mbps – Cyprus, 20.0 Mbps – Switzerland, 19.3 Mbps
  • Amérique du Nord: Canada, 8.4 Mbps – Peru, 6.9 Mbps – Mexico, 6.5 Mbps

Le graphique ci-dessous présente l’évolution du trafic voix et Data compilé par Ericsson depuis 2010. Le trafic data surclasse largement le trafic Voix.

Qu’en est-il en Afrique ?

Dans les paragraphes précédents, j’ai déjà eu l’opportunité d’évoquer le cas exceptionnel du Kenya qui constitue aujourd’hui l’exemple à suivre. Je m’attèlerai probablement dans un prochain post à disséquer cette réussite Kenyane.

Comme lors de mon post précédent sur le sujet, j’ai compilé à nouveau dans le tableau ci-dessous pour une vingtaine de pays africains, la vitesse moyenne de connexion, le Peak moyen, les pourcentages haut débit 4 Mbits, 10 Mbits, et 15 Mbits et pour finir le nombre d’adresses IP enregistrés sur le réseau d’AKAMAI. En plus du Kenya, il faut également mentionner la situation du Rwanda, avec d’excellentes qualités de connexions qui ne demandent qu’à être étendues, car 10 306 adresses IPv4 pour une population de 12 millions me semblent encore faible.

Country Average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-Percentage 25-mbps-Percentage Number IPAddresses (IPv4) % Number IP/Population
Afrique du Sud

5 610

29 566

37.9%

9.9%

5.7%

2.6%

4 266 712

7,76%

Algérie

2 008

20 448

2.6%

0.1%

0.0%

0.0%

1 736 202

3,95%

Angola

2 319

19 077

12.5%

0.9%

0.2%

0.0%

205 188

0,82%

Cameroun

1 785

14 825

7.6%

0.6%

0.1%

0.0%

30 139

0,13%

Congo Brazzaville

3 317

10 926

32%

0.5%

0.0%

0.0%

33 137

0,66%

Côte d’Ivoire

1 570

9 615

1.6%

0.0%

0.0%

0.0%

257 905

1,12%

Egypte

3 983

19 906

19.5%

9.7%

4.8%

1.9%

5 150 876

5,60%

Ethiopie

2 733

31 012

14.7%

0.9%

0.3%

0.0%

5 573

0,01%

Gabon

1 828

10 837

4.8%

0.2%

0.1%

0.0%

30 241

1,51%

Ghana

2 482

11 790

5.1%

0.2%

0.1%

0.0%

284 385

1,05%

Guinée Equatoriale

1 641

11 182

7.1%

0.4%

0.1%

0.0%

1 841

0,22%

Kenya

7 689

26 363

64%

21.6%

11.1%

3.6%

1 692 804

3,68%

Lybie

1 034

10 201

1.2%

0.3%

0.1%

0.0%

101 492

1,69%

Maroc

4 391

19 862

47.6%

2.5%

0.4%

0.0%

3 229 222

9,50%

Mauritanie

1 523

13 482

1.2%

0.1%

0.0%

0.0%

13 099

0,33%

Mozambique

2 101

21 021

9.4%

1%

0.4%

0.1%

51 542

0,18%

Namibie

2 353

14 292

13.1%

1%

0.2%

0.0%

192 282

7,69%

Nigeria

2 858

24 260

14.3%

0.9%

0.4%

0.2%

212 700

0,12%

Republique Démocratique Congo

1 209

10 237

4.6%

0.3%

0.0%

0.0%

4 046

0,01%

Rwanda

8 675

51 650

50.9%

24.5%

15.5%

7.4%

10 306

0,09%

Senegal

1 748

14 238

2.6%

0.1%

0.0%

0.0%

97 826

0,65%

Soudan

1 983

10 918

1.2%

0.0%

0.0%

0.0%

802 381

2,01%

Sud Soudan

2 951

27 225

31.2%

3.2%

1.0%

0.5%

812

0,01%

Tanzanie

2 797

10 218

14.7%

0.5%

0.1%

0.0%

446 396

0,84%

Tchad

744

4 189

1.8%

0.0%

0.0%

0.0%

943

0,01%

Tunisie

3 682

21 189

27.1%

1.1%

0.4%

0.1%

1 920 654

17,46%

Zimbabwe

4 680

31 058

48.6%

7%

1.8%

0.2%

39 822

0,25%

Je vous propose une autre vue de ce tableau par la carte ci-dessous sur la moyenne des vitesses de connexion.

Je vous propose également ci-dessous un graphique sur l’évolution de progression de la moyenne de connexion du Kenya comparée avec la Chine, les Etats-Unis et la France.

Pour conclure ce chapitre sur l’Afrique, pour les investisseurs qui souhaitent investir dans le domaine du numérique en Afrique, le Kenya et le Rwanda disposent d’énormes potentiels.

Sources :

https://www.stateoftheinternet.com

https://www.akamai.com/us/en/our-thinking/state-of-the-internet-report/

https://blogs.akamai.com/2015/02/state-of-the-internet-metrics-what-do-they-mean-1.html

http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.POP.TOTL

Quel Datacenter sous “les tropiques” ?

Les Datacenters sont les nouvelles usines de notre siècle. Nos photos, nos vidéos, nos Emails, nos documents, nos réseaux sociaux, nos services bancaires, nos services publics, et j’en passe, sont délivrés à partir des serveurs hébergés dans ces Centres de Données ou encore ces “Usines à données”

Ces Datacenters sont de plus en plus immenses, et bien évidement leur consommation d’électricité va avec. Une estimation faite récemment indique que ceux-ci consommeront trois plus d’électricité dans la prochaine décennie.

Dans un article du “Independent”, les Datacenters au cours de l’année 2015 ont consommé 416.2 TWh d’électricité. Cela représente plus que la consommation annuelle d’un pays comme le Royaume-Uni. Ceux-ci deviennent un vecteur important du réchauffement climatique.

Une étude (United States Data Center Energy Usage Report, June 2016) indique qu’aux Etats-Unis, en 2014, la consommation électrique de l’ensemble des Datacenters représentait 1.8% de la consommation globale des Etats-Unis et cette consommation correspond à la consommation annuelle de 6,4 millions de foyers américains.

Toute cette énergie a un coût non négligeable pour les différents exploitants de Datacenters. Celui-ci représente 30 à 50% des coûts d’exploitation d’un Datacenter.

Quand on est proche de l’Equateur, cette ligne imaginaire tracée autour de la Terre, à mi-chemin de ses pôles qui marque la séparation entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud, et qu’on a une température moyenne sur l’année à 28°C, une très forte humidité, et quand en plus on a de sérieux problèmes d’électricité et que l’offre existante n’arrive pas déjà à couvrir la demande, quelles solutions adoptées ? Quelles stratégies ? Faut-il abandonner et se dire que ces immenses Datacenters ne sont l’apanage que des pays très développés aux températures tempérées ?

Dans ce post, je fais un tour d’horizon de quelques solutions possibles, elles sont nombreuses et sont en évolution permanente ; il est donc impossible de les aborder toutes ici.

Pour commencer, je vous présente ci-dessous la carte des principaux Datacenters de Google, on observe bien une bande sur laquelle il n’y a aucune présence


Source: https://www.google.com/about/datacenters/inside/locations/index.html

Quelques Standards ou guide par rapports aux Datacenters

ASHRAE TC 9.9 – 2011 Thermal Guidelines for Data Processing Environments

ASHRAE, L’American Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers est une organisation internationale technique dans le domaine des génies thermiques et climatiques (chauffage, ventilation, air climatisé, production de froid). Cette organisation a été fondée en 1894 et est composée de plus de 50 000 membres qui viennent du monde entier.

Les directives thermiques de l’ASHRAE (Source : http://ecoinfo.cnrs.fr/?p=11085 ) sont particulièrement bien documentées dans le domaine des Datacenter en raison des nombreux retours d’expérience des groupes de travail des fabricants d’équipements informatiques. Jusqu’à il y a peu, chaque fabricant définissait ses propres normes environnementales.

Le comité TC 9.9 de cet organisme s’occupe de définir les normes environnementales des bâtiments qui hébergent des équipements électroniques. Il a publié en 2004 le livre « Thermal Guidelines for Data Processing Environments » qui aborde la plupart des questions concernant la conception et l’exploitation d’un Datacenter d’un point de vue thermodynamique. Les principaux fabricants d’ordinateurs (par exemple IBM, HP, Intel, Sun, Dell, etc.) sont fortement représentés au sein de ce comité. Les informations publiées par celui-ci permettent donc d’avoir une idée assez précise des exigences environnementales actuelles et futures du matériel informatique et répondent à certaines questions fondamentales relatives aux Datacenter comme les températures et les taux d’humidité recommandés ainsi que la localisation des points de mesure.

La dernière mise à jour de ces recommandations date de 2015 dans « THERMAL GUIDELINES FOR DATA PROCESSING ENVIRONMENTS, 4TH ED ». En quelques années les fabricants de matériel informatique ont fait des efforts significatifs pour certifier le fonctionnement de leurs produits dans des conditions environnementales moins contraignantes. Plusieurs constructeurs vont dès aujourd’hui au delà des limites ASHRAE.

Avant la formation de ce comité, il faut savoir qu’il était généralement accepté que les Datacenter devaient opérer dans des températures comprises entre 20 à 21°C, et on se disait que le froid était une excellente chose. Chaque constructeur de matériel avait sa propre norme et le rôle de ce comité a été de trouver un consensus parmi les principaux constructeurs de matériel.

Il y a eu plusieurs évolutions dans les recommandations sur les températures des Datacenter qui sont classes par classe en fonction de leur criticité et de leurs usages. En 2011, de nouvelles classes on été définies, les Datacenter correspondent aux classes A1, A2, A3, A4. A1 étant la classe la plus haute délivrant des services les plus critiques.

Le tableau ci-dessous montre l’évolution pour la classe A1 entre les recommandations de 2004, 2008, 2011 et 2015

 

Recommandations 2004 Recommandations 2008 Recommandations 2011 Recommandations 2015
Low End Temperature 20°C 18°C 15°C 15°C
High End Temperature 25°C 27°C 32°C 32°C
Low End Moisture 40% RH Point de condensation à 5.5°C Point de condensation à 5.5°C 12% RH et point de condensation à 8°C
High End Moisture 55% RH 60% RH et point de condensation à 15°C 60% RH et point de condensation à 15°C 80% RH et point de condensation à 17°C

 

Il ressort également que l’altitude max recommandée pour les Datacenter est de 3050 m. Donc pas de Datacenter au sommet du Mont Kilimandjaro ou du Mont Cameroun

Tous les standards et documents produits par le comité TC 9.9 sont disponibles à l’adresse : https://tc0909.ashraetcs.org/

D’autres standards à connaître

La classification Tier de Uptime Institute

Uptime Institute est une organisation qui a mis en place un standard de classification des Datacenter par rapport à leur performance, leur disponibilité. Cette classification est aujourd’hui mondialement reconnue. La classification comporte les niveaux présentés dans le tableau suivant :

Tier I : Basic capacity

No generator or optional

Basic UPS, non redundant

Single utility

99.671% Availability

Tier II : Redundant Capacity Components

Generator

N+1 UPS with redundant component

Single Utility, N+1 Mechanical System

99.741% Availability

Tier III : Concurrently Maintainable

N+1 Generator System

N+1 UPS with redundant components

Active/Passive, Utility source, N+1 Mechanical System

99.982% Availability

Tier IV : Fault Tolerance

2N Generator System

2N UPS System

Dual Active Utility, 2N Mechanical System

99.995% Availability

Un Datacenter doit être certifié par l’Uptime Institute pour revendiquer un niveau de Tier

Pour aller dans le détail avec les différents niveaux de Tier il faut aller sur le lien : https://journal.uptimeinstitute.com/explaining-uptime-institutes-tier-classification-system/

Le standard ANSI/TIA 942-A 2014

Ce standard approuvé par l’ANSI (American National Standards Institute) définit 4 niveaux de classification qui jusqu’en Mars 2014 était nommé « Tier » tout comme le modèle Tier d’Uptime Institute. Aujourd’hui on parle de « Rated » ou « Rating ». Ces niveaux indiquent le niveau de fiabilité et de disponibilité du Datacenter.

Rated I – Niveau 1 (Basique)

  • Disponibilité 99,671 %
  • Sensible aux interruptions, qu´elles soient planifiées ou pas.
  • Une seule entrée de courant électrique et de distribution de la climatisation, sans composants redondants.
  • Sans exigences de sol surélevé
  • Générateur indépendant
  • Délai de mise en service: 3 mois
  • Temps d´inactivité annuel: 28,82 heures
  • Doit être fermé complètement pour la maintenance préventive

Rated II- Niveau II (Composants redondants)

  • Disponibilité 99,741 %.
  • Moindre sensibilité aux interruptions.
  • Une seule entrée de courant électrique et de distribution de climatisation, avec un composant redondant.
  • Inclus sol surélevé, UPS et générateur.
  • Délai de mise en service: 3 à 6 mois.
  • Temps d´inactivité annuel: 22,0 heures.
  • La maintenance de l´alimentation et autres parts de l´infrastructure obligent à une fermeture de traitement.

Rated III- Niveau III (Maintenance concourante)

  • Disponibilité 99,982 %.
  • Pas d´interruption de fonctionnement pour les pauses planifiées, mais possibilité de problèmes pour les cas imprévus.
  • Accès de courant et climatisation multiples, par un seul cheminement actif. Inclus composants redondants (N+1).
  • Délai de mise en service: 15 à 20 mois.
  • Temps d´inactivité annuel: 1,6 heures.

Rated IV- Niveau IV (Tolérant aux erreurs)

  • Disponibilité 99,995 %.
  • Pauses planifiées : sans interruption de fonctionnement pour les data critiques. Possibilité de soutenir un défaut imprévu sans dommages critiques.
  • Accès de courant et climatisation multiples. Inclus composants redondants (2(N+1)). 2 UPS avec redondance (N+1) chacun.
  • Délai de mise en service: 15 à 20 mois.
  • Temps d´inactivité annuel: 0,4 heures.

Alors quelles solutions quand on réside sur la ligne équatoriale et quand en plus, on fait face à un déficit énergétique.

Le climat équatorial se caractérise par, de fortes précipitations, une température moyenne de 28 °C. C’est un climat chaud mais avec un taux d’humidité très élevé, ce qui donne l’impression de moiteur et d’un temps lourd.

Quand on sait que la facture d’énergie représente 30 à 50% des frais de fonctionnement d’un Datacenter et que pour beaucoup cette énergie est consacrée au refroidissement, on peut se demander comment ces pays peuvent faire face, tout en sachant que la plupart de ceux-ci connaissent une précarité dans l’approvisionnement en électricité.

Plusieurs solutions sont déjà appliquées ou expérimentées notamment par les grands acteurs du Cloud pour réduire leur facture énergétique. L’expression « Datacenter éco-responsable » est de plus en utilisé.

La mesure utilisée pour juger de l’efficacité énergétique d’un Datacenter est le PUE (Power Usage Effectiveness). C’est le rapport entre l’énergie totale consommée par le Datacenter (les équipements purement informatiques (serveurs), des équipements de l’environnement du Datacenter (UPS, lumières, climatisations) sur l’énergie consommée par les équipements purement informatiques.

En clair pour un PUE de 1,5 cela signifie que pour 1 KWh d’électricité utilisée par les serveurs, il faut dépenser 0,50 KWh supplémentaire dans le refroidissement du bâtiment, l’éclairage. Sachant que le PUE théorique « parfait » est de 1, la moyenne en 2011 des PUE est estimée à 1.8

Amélioration de la gestion du refroidissement des Datacenter

Le refroidissement constituant à lui tout seul près de 33% des consommations d’énergie d’un Datacenter, il faut donc commencer par améliorer la gestion du refroidissement des Datacenter. Plusieurs pistes sont envisageables, je n’en cite que quelques unes.

L’augmentation de la température du Datacenter

Comme vu précédemment avec la recommandation ASHRAE TC 9.9 dans le document publié en 2011 « Thermal Guidelines for Data Processing Environments–Expanded Data Center Classes and Usage Guidance », on peut monter jusqu’à 32°C, ce qui est loin d’être négligeable, car chaque degré de refroidissement économisé peut un impact financier important.

Cependant le livre blanc 221 de Schneider électrique par Wendy Torell, Kevin Brown et Victor Avelar, à l’issue de plusieurs tests, indique des impacts imprévus de l’augmentation des températures dans un Datacenter. Ils indiquent que les économies générées par l’augmentation de la température peuvent être neutralisées par une augmentation de la consommation énergétique des équipements informatiques et des systèmes de traitement d’air.

Pour être précis, par rapport aux équipements informatiques, on constate notamment une consommation d’énergie plus grande des serveurs dû à l’augmentation de la température des CPU et donc un fonctionnement accru des ventilateurs pour réduire la température.

L’utilisation des allées chaudes et froides et leur isolation.

Le confinement des allées froides qui consiste à couvrir les extrémités des allées de racks, la partie supérieure des allées ou bien des deux afin d’isoler l’air y circulant

Le free cooling

C’est une méthode innovante et économique qui utilise l’air extérieur pour refroidir les serveurs. En fonction de la température extérieure, il s’agit ici tout simplement d’ouvrir les fenêtres pour refroidir les Datacenter.

Ce qui explique la course pour l’implémentation des Datacenter en Sibérie ou au Nord de l’Europe dans des régions ou la température est tempérée toute l’année pour pouvoir utiliser la technologie du free cooling. Malheureusement c’est une technologie qui semble inutilisable sur la ligne équatoriale.

Fonctionnement du free cooling (Source : https://www.sigma.fr/avis-experts/free-cooling-datacenter-green )

Des Datacenters sous la mer

Microsoft a démarré depuis Novembre 2014 un projet de Datacenter sous la mer. Celui-ci présente plusieurs avantages, notamment dans le refroidissement des serveurs en utilisant l’eau de mer. Un prototype a été construit et testé. Celui-ci est constitué par un conteneur de 17 tonnes de 3 mètres sur deux qui a émergé à 9 mètres de profondeur au large de San Luis Obispo en Californie. L’idée pour la suite du projet est de construire un containeur 5 fois plus grand qui serait remonté tous les 5 ans pour changer les équipements.

Un Datacenter sous la mer s’explique par le fait que la température des océans bien que pouvant atteindre 30°C à la surface, au niveau de l’équateur, elle décroît fortement avec la profondeur. L’eau profonde est froide et relativement homogène : à titre d’exemple, 47 % de l’eau de l’Atlantique a une température comprise entre 2 et 4 °C.

Les Datacenter sous-marins sont donc une option très intéressante au niveau de l’équateur à condition qu’on puisse les immerger dans des profondeurs plus importantes.

Les Datacenters en altitude

La région équatoriale dispose de plusieurs sommets de plus de 3000 m. En tenant compte du fait que la recommandation faite par ASHRAE est de 3050 m d’altitude maximum, on pourrait imaginer un Datacenter sur l’un des flancs du Kilimandjaro.

Au pied du Kilimandjaro, la température annuelle moyenne est de 23,4 °C alors qu’elle est de 5 °C à 4 000 mètres d’altitude et de −7,1 °C au sommet. En conséquence, son gradient thermique adiabatique est d’environ 0,6 °C tous les cent mètres. Le gradient thermique adiabatique est, dans l’atmosphère terrestre, la variation de température de l’air avec l’altitude. A 3000 m d’altitude, la température moyenne est de 11°C , ce qui donne des possibilités d’utiliser du free cooling donc des possibilités de réduction d’énergie nécessaire au refroidissement

Bien évidement construire un Datacenter en altitude nécessite que des voies de communication soient disponibles pour acheminer les équipements. Et également les infrastructures de télécommunication comme les réseaux fibre optiques et le réseau électrique pour amener l’énergie

L’utilisation des énergies propres renouvelables

L’énergie marine

Les océans sont un vaste réservoir d’énergie diverses qui couplés aux Datacenter permettent de réduire la facture énergétique et d’utiliser des énergies propres et renouvelables :

  • La marée avec les procédés du type «la Rance» et du type «hydroliennes»,
  • Le vent avec les éoliennes «en mer»,
  • La houle avec les « houlomotrices »,
  • La circulation générale des masses d’eaux avec le procédé « ETM – Energie Thermique des Mers ».

L’énergie éolienne onshore à l’opposée de l’énergie éolienne offshore « en mer »

Il s’agit des éoliens implantés à terre.

Une grande partie de l’Afrique est à cheval sur les zones équatoriales et tropicales du globe, et seules les régions du nord et du sud bénéficient du régime des vents d’ouest des latitudes tempérées. Aussi, les vitesses de vent sont généralement faibles dans beaucoup de pays de l’Afrique subsaharienne, particulièrement dans les pays enclavés. L’Afrique du Sud, l’Afrique du Nord et le littoral de la Mer Rouge (et de façon inattendue, une partie du Tchad et du Nord du Kenya) disposent de certains des meilleurs potentiels éoliens de la région.

(Source: Les énergies renouvelables en Afrique http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7422.html)

L’énergie hydroélectrique

C’est l’énergie produite par les barrages hydroélectriques. Nul besoin de rappeler ici l’important potentiel de ligne équatorial et plus particulièrement l’Afrique.

Dans un article de Jeune Afrique “Le grand gâchis de l’hydroélectricité en Afrique” (source : http://www.jeuneafrique.com/mag/243578/economie/le-grand-gachis-de-lhydroelectricite-en-afrique/), il est indiqué que les fleuves du continent Africain représentent un potentiel considérable et sous-exploité: une énergie propre et parmi les moins chères au monde. Seulement 5 % du potentiel hydroélectrique de l’Afrique est utilisé. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’eau pourrait lui apporter 300 GW d’électricité. Soit l’équivalent de ce que peuvent produire 300 réacteurs nucléaires. À elle seule, la RD Congo a répertorié 200 sites, représentant 100 GW.

L’énergie solaire

Oui, il est possible de faire fonctionner entièrement un Datacenter avec de l’énergie solaire. Annoncé en 2013, puis en 2015, Apple va investir 2 milliards de dollars dans la construction d’un Datacenter en Arizona et celui-ci fonctionnera à 100% à l’énergie solaire à partir d’une centrale solaire de 18 MW constituée par une immense ferme de panneaux solaires, sur une surface de près de 67 hectares.

Pour ce qui est de l’Afrique le potentiel est immense mais très peu utilisé.

Au niveau des opérations IT

Des chemins de câbles suspendus

Quand le système de distribution d’air utilise le plancher pour la distribution de l’air froid, il faut opter pour des chemins de câbles suspendus, car le fait d’avoir des planchers remplis de câbles rend difficile la distribution de l’air froid vers les racks.

Des équipements IT basse consommation et capables de supporter un plus haut niveau d’humidité

Un exemple ici est la technologie du stockage qui est entrain d’évoluer vers des disques SSD qui chauffent moins que les disques HD. Ce qui peut avoir un impact sur le refroidissement. Pour ce qui est de la consommation le débat n’est pas tranché, par rapport au fait que les SSD consomment moins, apparemment dans certaines conditions c’est le contraire qui arrive.

Il en est également de l’utilisation de serveurs équipés de processeurs basse consommation énergie ou de faible quantité de chaleur dissipée

La consolidation des serveurs et la mutualisation des Datacenter

La consolidation des serveurs avec la virtualisation est entrée dans nos mœurs. C’est devenue une banalité. La technologie est en train d’évoluer vers de l’hyperconvergence. Ce sont des solutions combinant virtualisation, calcul, stockage et haute-disponibilité dans un jeu de serveurs redondants. Plusieurs acteurs sont présents sur ce marché : Nutanix, ScaleComputing, Simplivity, etc..

La mutualisation est un axe également qui peut permettre de développer des Datacenters qui sont capables de fournir du service à l’échelle d’un pays, d’une région, etc.

D’autres mesures opérationnelles

  • La construction des infrastructures adaptées pour les besoins présents mais extensible en cas de montée en charge de la demande. Ceci afin d’éviter d’avoir des Datacenter surdimensionnés qui consomment de l’énergie à perte.
  • L’arrêt de tous les systèmes qui ne sont pas ou très peu utilisés. Le fait d’arrêter quelques serveurs sur l’année, représente une économie importante.

  • L’utilisation des panneaux d’obturation et des brosses passe-câbles dans les racks informatiques pour éviter que l’air chaud s’échappe de l’allée chaude
  • Le regroupement des équipements produisant le même niveau de chaleur ou nécessitant un certain niveau de température ou d’humidité, pour permettre de gérer de manière plus ciblé le système de refroidissement

Conclusion

Ce post m’a permis de faire un tour d’horizon des solutions possibles qui pourraient être utilisées non pas seulement en zone tropicale, mais par tous, car le réchauffement climatique est l’affaire de tous et des économies d’énergie sont toujours une bonne chose pour tout le monde. Ces solutions évoquées dans ce post ne sont pqs exhaustives.

Réduire la consommation d’énergie des Datacenters de manière efficiente et va donc permettre à ces pays de la ligne équatoriale d’être capable de fournir, non plus seulement des usines géantes de textile mais également des usines géantes de données qui pourront rivaliser avec celles qui sont construites dans les régions tempérées.

Source :

  • Comment réaliser des economies d’énergie dans les datacenters grâce au câblage suspendu, Livre Blanc 159, Par Victor Avelar, APC by Schneider Electric
  • L’impact imprévu de l’augmentation des temperatures du datacenter, Livre Blanc 221, Par Wendy Torell, Kevin Bron, Victor Avelar, APC by Schneider Electric


Les Points d’échange Internet (IXP) : composants clés du développement d’Internet


Dans les stratégies de développement d’INTERNET, il est un composant essentiel qui n’est pas très souvent médiatisé : les points d’échange INTERNET (IXP).

Ceux-ci jouent un rôle aussi important que les réseaux fibres optiques, dans l’amélioration de la connectivité Internet dans les pays.

Il s’agit d’une infrastructure où l’ensemble des opérateurs de l’Internet peuvent s’interconnecter, et échanger du trafic, on parle de service de peering. Le peering consiste à échanger du trafic qui a son origine sur le réseau de l’un des opérateurs (ou de ses clients) et aboutit sur le réseau de l’autre (ou de l’un de ses clients) et ne fait généralement pas l’objet d’une facturation de l’un à l’autre.

Un IXP évite aux opérateurs d’avoir à établir des liens directs entre eux, un seul raccordement au point d’échange permettant à chacun d’échanger du trafic avec tous les autres opérateurs présents.

Les opérateurs raccordés concluent de gré à gré et de pair à pair, un accord d’échange (appelé «peering agreement») par lequel ils s’accordent pour s’envoyer et recevoir mutuellement du trafic.

Les opérateurs ne sont pas limités aux seuls fournisseurs de service INTERNET (ISP), des institutions économiques, académiques, gouvernementales peuvent également en faire partie.

Quels sont les bénéfices d’un point d’échanges Internet (IXP)?

Plusieurs bénéfices ont été identifiés :

Optimisation du trafic mondial

En s’échangeant directement le trafic local, on réduit donc ainsi le nombre de bonds à l’intérieur des réseaux pour l’échange de trafic Internet, on accroit accroît le nombre de voies d’acheminement possibles, on optimise la connectivité Internet internationale, et on accroît le taux de pénétration de l’Internet et son taux d’utilisation.

Optimisation de la latence

L’interconnexion directe, souvent localisée dans la même ville que les réseaux concernés, évite que les données n’aient à changer de ville, voire de continent, pour passer d’un réseau à un autre, ceci permet de réduire le temps de latence.

Optimisation de la bande passante

Compte tenu de la demande toujours plus grande de trafic Internet utilisant des services gourmands en largeur de bande, exemple des vidéos, une connexion à un IXP local peut permettre de transférer ce type de données de façon illimitée et gratuite, améliorant ainsi considérablement la bande passante entre clients de deux fournisseurs Internet voisins.

Optimisation du coût

Le trafic passant par un point d’échange n’est pas facturé alors que les flux vers le fournisseur de trafic montant du fournisseur d’accès à Internet, le sont. Les trafics allant outre-mer signifient donc le paiement des charges de transit à votre ISP

L’argent reste dans l’économie locale et peut être Utilisé pour fournir de meilleures infrastructures locales et des services aux clients

Les clients payent donc moins cher leur accès Internet, ce qui va générer un volume plus grand de clients et de transactions. Plus les clients vont souscrire et plus le fournisseur d’accès augmentera son chiffre d’affaires

Les services fournis par un IXP

En général les services de peering fournis par les IXP sont les suivants :

Peering local Public

Il s’effectue sur un lien de niveau 2 (shared fabric). Plusieurs participants s’interconnectent à travers un seul équipement physique, ou un ensemble de switches (commutateurs) considérés comme locaux.

Peering local Privé

C’est une interconnexion directe entre 2 réseaux à travers une liaison niveau 1 ou 2 qui offre une capacité dédiée non partagée par d’autres participants.

Peering local via RS

L’IXP met en place un Route-Server (RS) local permettant de simplifier les interconnexions entre les participants. En configurant une seule session sur le Route-Server local, il devient possible d’activer des sessions de peering locales avec plusieurs autres participants. Le peering local via RS simplifie donc la gestion du peering.

Peering distant via RS

Les plus grands IXP repartis sur plusieurs pays ou continents permettent aux participants de ses IXP de bénéficier de l’accès aux autres IXP ainsi qu’aux autres IXP auquel il est interconnecté via des Route-Servers

Les modèles institutionnels des IXP

Une variété de modèles institutionnels a été adoptée pour faire fonctionner les IXP. Ils se répartissent en trois catégories généralement :

Association des opérateurs Internet à but non lucratif

C’est le modèle le plus répandu. Les opérateurs dans le cadre d’une association neutre et indépendante opèrent l’IXP. Les contributions financières et ou humaines de chacun des membres permettent de couvrir le fonctionnement de l’infrastructure.

Les contributions financières sont déterminées par la vitesse (bande passante) de leurs connexions à l’IXP ou, moins fréquemment, par le volume de trafic qui passe à travers l’échange

L’IXP financé par un sponsor.

Très souvent le sponsor est un Pouvoir Public qui finance les infrastructures et les met à la disposition des opérateurs. Celui-ci peut réclamer des contributions financières aux participants ou prendre en charge l’ensemble des frais de fonctionnement.

L’IXP comme une entreprise commerciale

On les retrouve très souvent aux Etats-Unis, ou des entreprises commerciales opèrent des IXP. Ils agissent en tant que fournisseur neutre et ne font pas de concurrence aux autres fournisseurs de services Internet dans la fourniture de services aux utilisateurs finaux.

Les Prérequis pour la mise en place d’un IXP

Le site

Le site doit être accepté par l’ensemble des membres. Très souvent un emplacement dans un Datacenter est choisi

Le site abritant l’IXP doit évidemment être physiquement proche des réseaux des potentiels membres

Le site abritant l’IXP doit disposer de toutes les commodités permettant d’assurer un service en continu :

  • Energie électrique disposant d’onduleurs et de groupes électrogènes pour le secours
  • Climatisation
  • La disponibilité de nombreux liens ou réseau fibres optiques vers le site
  • La sécurité physique du site (anti-incendie, anti-intrusion, vidéo-surveillance,..)

Les opérateurs

Il faut être au moins trois opérateurs pour envisager un IXP

Des règles de fonctionnement bien définies

Des règles bien définies et acceptées par tous qui vont assurer l’indépendance, et la neutralité de la structure, sont indispensables.

Les cotisations ou les prix des prestations doivent être repartis ou définis de manière équitable

Les utilisateurs

Il faut évidemment que le contenu local Internet soit important et que les utilisateurs les consultent.

Les équipements réseau

Il s’agit très souvent de commutateurs réseau, de route-servers, …

Les ressources humaines

Les personnes qui seront en charge quotidiennement de faire fonctionner l’IXP. Il s’agit du personnel administratif, financier et technique.

Les installations étant très souvent peu complexes, pas besoin d’avoir une batterie d’ingénieurs. En tenant compte de la taille de l’IXP, un NOC peut être envisagé.

Les opérations au quotidien

Un NOC, (centre d’opérations disponible 24h/24 et 7j/7 pour fournir une assistance technique aux participants et maintenir les infrastructures de l’IXP

Un monitoring en temps réel de la qualité de service et anticiper les pannes éventuelles

Un service de statistique pour publier la liste des participants à l’IXP, le trafic échangé entre ceux-ci

Un site web qui permet de fournir les informations, statistiques, sur les services offerts par l’IXP

Ci-dessous un exemple du pricing pratiqué par le point d’échange Internet Equinix de Paris

Service Installation Monthly recurring Installation delay
Port 1GE – 1Gbps 500 EUR 0 EUR 5 working days
Port 1GE – 1Gbps additional port 500 EUR 250 EUR 5 working days
Port 10GE – 10Gbps 1500 EUR 750 EUR 5 working days
Port 100GE – 100Gbps 13000 EUR 3500 EUR 5 working days
VLAN 0 EUR 0 EUR 1 working day

Aperçu des IXP à travers le monde

Plusieurs ressources sur Internet fournissent un répertoire des IXP à travers le monde.

PCH, Packet Clearing House (www.pch.net), qui au cours des vingt dernières années, a fourni une assistance pour la mise en place de plusieurs IXP existants gère un répertoire global des IXP, et publie des statistiques sur leur utilisation et leur la croissance.

La répartition des IXP à travers le monde reflète le niveau de développement d’Internet. Les Etats-Unis avec 86 IXP arrivent en tête des 125 pays disposant de ce type d’infrastructure. Le Brésil avec 27 IXP, la Russie et l’Allemagne avec 21 IXP chacun, la France avec 18 IXP forment le top 5.

80 pays dans le monde ne disposent pas encore d’IXP.

Pour la liste complète des pays, il faut aller à l’adresse : https://www.pch.net/ixp/summary

En termes de nombre d’opérateurs participants à un IXP, le tableau ci-dessous présente le top 10

Country City IXP Name Participants Traffic Established
Brazil São Paulo Ponto de Troca de Tráfego Metro São Paulo

817

1.89T

04-oct-04

Netherlands Amsterdam Amsterdam Internet Exchange

783

7.69T 29 Dec 1997
Germany Frankfurt Deutscher Commercial Internet Exchange

702

4.79T May 1995
United Kingdom London London Internet Exchange

698

2.6T

08-nov-94

Indonesia Jakarta OpenIXP Internet exchange Point

673

241G

2005

Netherlands Amsterdam Neutral Internet Exchange

547

1.2T

01-mars-02

United States Los Angeles Any2 California

449

68G Dec 2005
Russia Moscow MSK-IX Moscow

397

3.85T

25-nov-95

France Paris Equinix Paris

315

NC

2008

France Paris France-IX

299

1.07T

nov-10

Pour ce qui est du Top 10 en termes de trafic nous avons le tableau ci-dessous

Country City IXP Name Participants Traffic Established
Netherlands Amsterdam Amsterdam Internet Exchange

783

7.69T 29 Dec 1997
Germany Frankfurt Deutscher Commercial Internet Exchange

702

4.79T May 1995
Russia Moscow MSK-IX Moscow

397

3.85T

25-nov-95

Russia Ekaterinburg MSK-IX Ekaterinburg

40

3.8T 1 Dec 2012
Russia Novosibirsk MSK-IX Novosibirsk

48

3.8T

2004

United Kingdom London London Internet Exchange

698

2.6T

08-nov-94

Brazil São Paulo Ponto de Troca de Tráfego Metro São Paulo

817

1.89T

04-oct-04

Netherlands Amsterdam Neutral Internet Exchange

547

1.2T

01-mars-02

France Paris France-IX

299

1.07T

nov-10

Russia Moscow DataIX Moscow

39

990G

20-oct-10

Telegeography (www.telegeography.com) la firme de consulting spécialisée dans les études de marché dans le domaine des télécommunications maintient également un répertoire des IXP et propose une belle carte mondiale des IXP. Ci-dessous une image de la carte dans le monde.


Source : http://www.internetexchangemap.com/

D’autres ressources sont également disponibles sur Internet :

Budget moyen d’un IXP

Les budgets nécessaires à la mise en place d’un IXP sont relativement peu importants. Les équipements sont relativement simples, la mise en œuvre facile. Le plus compliqué l’identification du site qui va abriter l’IXP et la mise en place de toutes les commodités évoquées avant. Il arrive très souvent que ce site soit offert par un sponsor.

Selon l’ISOC, l’Internet Society un budget moyen de 40 00 USD est requis pour la mise en place d’un IXP. L’ISOC indique que la mise en place du Cairo Internet Exchange en 2002 a nécessité un budget de l’ordre de 10 000 USD.

Pour ce qui est du budget de fonctionnement, cela reste également raisonnable, le nombre d’employés nécessaires étant réduit et les équipements simples à maintenir.

Source


Comment est bloqué ou filtré Internet dans certains pays et quels moyens de contournement ?

Si Internet est souvent présenté comme virtuel, l’infrastructure par laquelle transitent les données est bien réelle. Internet est composé de dizaines de millions de serveurs, des milliers de Petabytes de données, de millions de réseaux interconnectés, de milliers de fibres optiques, tirées sur terre et dans les mers, et connectées les unes aux autres. Il est même qualifié par certains de 5ème pouvoir après ceux de l’exécutif, du législatif, du judiciaire et des médias. Ce pouvoir présente de très nombreux avantages à la portée de quiconque ayant accès à Internet. Son pouvoir et son influence sont illimités et dépassent toute frontière. Il a la capacité d’amplifier et d’accélérer la création et la propagation des crises. Il peut servir à influencer voir manipuler l’opinion public.

Le contrôle d’Internet est donc stratégique pour les Pouvoirs Publics. Ceux-ci lors d’élections ou lors d’évènements qui peuvent porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public des Etats, n’hésitent pas souvent à imposer un blackout total ou partiel d’Internet.

Quand il est partiel, ce blackout vise essentiellement certains médias sociaux tels que WhatsApp, Viber, Facebok, Twitter, Skype, etc..

L’initiative « Access Now », dont le but est de défendre l’accès sécurisé à tous à Internet, a relevé en 2015, 15 interruptions totales ou partielles d’internet à l’initiative des pouvoirs publics dans le monde. Il s’agit de : RD Congo, Niger, Togo, Yémen, Algérie, Irak, Turquie, RD Corée, Brésil, Congo-Brazzaville, Inde, Equateur, Malaisie, Burundi, Nauru.

Depuis le début de l’année 2016, ils ont enregistré ce type de pratique dans les pays suivants : Malaisie, Tchad, Ouganda, Inde, Syrie, Ethiopie, Pakistan, Brésil, Irak, RD Corée, Vietnam, Algérie, Inde, Bahreïn, Turquie, Mali, Zambie, et Gabon

Les raisons avancées sont souvent les mêmes, pour les élections par exemple, c’est pour éviter la publication illégale des résultats. Ils veulent avoir la maitrise des résultats et la proclamation de ceux-ci et éviter des fuites ou des proclamations anticipées.

Les raisons peuvent être aussi sociales, dans le cas de l’Ethiopie, l’accès aux réseaux sociaux a été interrompu pour éviter des fuites et la propagation des épreuves d’examens à travers les réseaux sociaux. En Inde, Internet a été coupé en 2015 dans certains districts du Cachemire à l’issue des violences entre les populations et les forces de l’ordre. Il s’agissait d’éviter la propagation de rumeurs ou d’informations qui aurait pu accroître les tensions entre les populations et les forces de l’ordre.

Pour se protéger contre l’invasion de l’ISIS, l’Irak a du bloquer Internet dans certaines parties de son territoire pour ne pas fournir à ISIS un canal de communications.

Nous pouvons aussi avoir des raisons économiques, certains opérateurs de télécommunication qui n’ont pas vu venir l’explosion des médias sociaux et des logiciels VoIP, peuvent être tentés de faire bloquer ces applications afin de maintenir leur revenue financier.

A côté de ces blocages d’Internet, il existe également une forme de filtrage institutionnelle d’Internet dans certains pays. L’exemple de l’Arabie-Saoudite où tous les contenus pornographiques sont bloqués et vous avez une notification explicite quand vous essayez d’accéder à ce type de site. Dans d’autres pays ce n’est pas toujours le cas, le filtrage agit de manière silencieuse et vous avez un message du genre « Page non trouvée ».

Le filtrage du contenu Internet n’est pas l’apanage de certains pays, il existe également dans les pays dits développés qui font voter des lois pour bloquer par exemple des sites vantant l’apologie du terrorisme.

Pour plus d’informations, il existe une initiative OpenNet (http://opennet.net ) qui teste les accès Internet à partir des divers pays pour vérifier l’état de blocage d’Internet rend public les filtrages existants

Les environnements qui vont faciliter le blackout

Les environnements qui vont faciliter le blackout d’Internet sur décision des Pouvoirs Publics sont les suivants :

  • Un nombreux réduit de fournisseurs d’accès à INTERNET
  • Le contrôle par les pouvoirs publics des principales fibres optiques qui relient les principales villes et qui connectent le pays au réseau mondial.
  • Les Pouvoirs Publics actionnaire des fournisseurs d’accès à Internet
  • Très peu d’interconnexions avec les pays voisins

Comment les fournisseurs bloquent Internet?

Très souvent ça commence par une note des pouvoirs publics adressés à l’ensemble des fournisseurs d’accès Internet leur ordonnant la fermeture partielle ou totale d’Internet ou d’un service Internet.

Pour ce qui est du blackout partiel

Les fournisseurs d’accès à Internet font du monitoring du trafic Internet pour des raisons de facturation, de suivi de la qualité de service. Ceux-ci ont accès à l’ensemble des adresses IP de destination et même au contenu du trafic quand ceux-ci ne sont pas chiffrés.

Pour la plupart ils disposent des outils de sécurité de type UTM (Unified threat management) pour protéger leur réseau. Ces outils disposent de fonctionnalités de filtrage d’URL avec des Blacklists des noms de domaines ou IP interdits. Ces solutions ont la capacité à partir de l’entête de la requête de savoir quel type de contenu est demandé par l’utilisateur. Est-ce du contenu pour adulte, est-ce du réseau social, etc… Ils peuvent aussi bloquer les paquets sur la base de mots clés prédéfinis ou des ports IP définis utilisés par les services Internet qu’on souhaite bloquer

Pour ce qui est du blackout total

L’interconnexion des fournisseurs d’accès à Internet aux fournisseurs s’appuie sur des routeurs BGP.

Pour définir simplement un routeur, on peut dire que c’est un matériel ou un logiciel qui relie des réseaux et achemine les informations d’un émetteur X vers un destinataire Y selon une route préalablement définie, ou dynamiquement définie.

Le BGP quant à lui, (Border Gateway Protocol) est le protocole standard de l’Internet pour les interconnexions entre opérateurs.

Pour les opérateurs de télécommunication ou les fournisseurs d’accès à Internet,  interrompre Internet consiste à soit :

  • Cesser d’annoncer les adresses IP publics gérés par le fournisseur
  • Effacer les routes BGP des routeurs qui communiquent avec l’extérieur
  • Désactiver les interfaces de communication des routeurs qui se connectent au réseau mondial
  • Mettre en arrêt les serveurs DNS racines du pays.

Cas spécifique des pays d’Afrique

Pour la majorité des pays Africains, le développement des contenus locaux est encore embryonnaire, les infrastructures numériques sont très peu développées (Datacenters, de serveurs d’hébergement, des caches locaux, des DNS etc…. ). Du coup, pour accéder au contenu de l’internet se trouvant en Europe, Asie, Amérique ils doivent empreinte la seule ou dans le meilleur des cas les deux seules fibres sous-marine reliant le pays à l’Internet mondial. Dans ce cas, créer un blackout dans le pays ne demande aucune ingéniosité. Les pouvoirs publics coupent simplement l’alimentation dans la salle technique hébergeant l’arrivée de la fibre Internationale ou au mieux encore la débranche uniquement.

Quelles solutions de contournement en cas de Blackout d’Internet?

Il existe plusieurs solutions pour contourner le blocage d’Internet

Pour contourner le filtrage des URL ou le blocage de l’accès à certains sites web

Des tunnels VPN et des proxy

Aujourd’hui pas besoin d’un équipement ou d’un logiciel spécifique pour monter un VPN, il existe de nombreux services VPN qui sous forme d’extension s’installent directement sur le navigateur Internet et qui permettent de surfer anonymement sur Internet, de chiffrer le contenu du trafic Internet échangé, d’accéder sur des sites Internet interdits, de choisir sa localisation. Le réseau du fournisseur de service joue le rôle de proxy et se charge de relayer les requêtes.

Il y en a aujourd’hui des dizaines qui naissent chaque semaine, ce qui rend la taches des administrateurs sécurité encore plus compliquer pour les bloquer : Dot VPN, BrowSec, ZenMate, Hola Engine, Gom Web, TunnelBear. Certains sont gratuits, d’autres proposent des options payantes pour par exemple personnaliser sa localisation (geo-switching). Intéressant par exemple si on souhaite accéder à du contenu qui n’est accessible qu’à partir d’un pays, exemple très souvent des programmes TV qui pour des raisons de droits de diffusion sont restreints sur des zones géographiques.

Des dangers quand même à souligner dans l’utilisation de ce type de solution. Tout votre trafic étant déchiffré chez le fournisseur de solution, celui-ci a tout votre trafic en clair et peut donc s’il le souhaite revendre votre identité et vos données. C’est également une porte ouverte pour des attaques, pour des installations d’autres programmes malicieux. Il faut faire très attention lors du choix de son fournisseur de service et éviter les solutions gratuites, car comme vous le savez, il n’y a rien de gratuit ou encore « There Is No Free Lunch ». On dirait aussi, lorsque c’est gratuit pour vous, alors c’est vous la marchandise.

On peut également demander à un copain résident dans un autre pays de monter un serveur VPN sur lequel on va se connecter et ensuite de ce VPN accéder aux sites web souhaités

Les outils de Translation

On peut utiliser les outils de translation comme Google Translation. C’est le service de translation qui va servir de proxy pour vous et accéder au site web. Les sites web de translation ne sont pas très souvent bloqués.

Exemple de mon blog ci-dessous

Des liaisons satellitaires

Si on est prévoyant, on peut mettre en place une infrastructure de secours qui se connectera à Internet via satellite. Cela requiert un équipement spécial et coûteux. Il existe de nombreux fournisseurs d’accès à Internet via Satellite. Plusieurs entreprises offrent ce type de services, telles que HughesNet, Exede Internet, DishNet, GlobalTT, WafaNet.

Au Congo-Brazzaville un mois avant le referendum de Novembre 2015 et un mois avant les élections présidentiel de Mars 2016 beaucoup de personnes se sont muni des téléphones TURAYA (Téléphone Satellitaire). Avec ces téléphones ils pouvaient continuer à communiquer et donc pouvoir accéder a Internet lorsque le pays a connu ses blackouts.

 

 

 

Revenir au bon vieux modem

Via une ligne téléphonique, on peut encore appeler un numéro de téléphone et accéder à Internet via RTC.

Dans le cas de l’Egypte des activistes du FDN ont fait la collecte de vieux modems et mis en place des serveurs d’accès distants. Un message disponible sur leur blog :

« This way, anyone in Egypt who has access to a analog phone line and can call France is able to connect to the network using the following number: +33 1 72 89 01 50 (login: toto, password: toto) »

Attention à la facture téléphonique.

Utiliser le réseau privé de son entreprise

Si on fait parti des privilégiés qui travaillent pour des multinationales qui ont leur propre réseau privé, on peut s’appuyer sur celui-ci pour continuer à avoir accès à Internet

Une initiative citoyenne pour créer un réseau Wifi unique et ouvert

Chaque utilisateur va activer ses équipements réseaux et en faire des points d’accès Wifi et faire propager un réseau wifi unique et ouvert à tous. Facile à dire, l’Organisation ? Les DNS ?

Des services vocaux accessibles par téléphone

Exemple de l’Egypte pour lequel Google a mis en place un service baptisé : « Speak To Tweet » qui permet de “tweeter” par téléphone, remplaçant ainsi le passage par un ordinateur relié à internet. A l’aide d’un téléphone, en composant le +1 650 419 4196 ou le +39 06 62 20 72 94 ou le +97 316 199 855, on accède à une messagerie vocale. Après avoir laissé son message, celui ci est retranscrit sur Tweeter, précédé du #egypt et facilement identifiable.

Mais cette méthode est aussi facilement blocable par les pouvoirs publics. Il suffit que ces derniers demandent aux opérateurs de couper tout signal téléphonique.

En conclusion

La clé pour se prémunir d’un blackout d’Internet est évidement de se préparer et d’avoir des alternatives prêtes.

Il est également essentiel d’encourager une décentralisation des services Internet avec de nombreux acteurs privés et la non mainmise des pouvoirs publics. Plus il y aura de fournisseurs d’accès à Internet et plus il y aura des liens de connexion soit vers la fibre marine ou vers les pays voisins et moins l’impact sera grand.

Sources

http://www.investintech.com/articles/theworldsocialnetworkingbanrace/

https://www.hotspotshield.com/fr/

https://www.tunnelbear.com/

http://research.dyn.com/2012/11/could-it-happen-in-your-countr/

https://opennet.net/

https://www.accessnow.org/keepiton/

http://blog.fdn.fr/?post/2011/01/28/Censure-de-l-internet-en-%C3%89gypte-:-une-humble-action-de-FDN

https://twitter.com/speak2tweet

Les enjeux d’un plan national « Très Haut Débit »

L’accès à internet est de nos jours indispensable autant pour les entreprises et les services publics que pour tous les citoyens. Mais il ne suffit plus seulement d’être connecté à Internet, les usages ont évolué et sont de plus en plus gourmands en terme de débit. Le débit joue un rôle essentiel. Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, des inégalités existent, des déserts numériques sont présents.

Image : La carte mondiale de la moyenne des débits enregistrés à la fin Q1-2016 par AKAMAI (source : www.akamai.com)

Un accès à Internet est considéré à « très haut débit » dès que le débit est supérieur à 30 Mbps. Le terme de débit désigne la quantité d’informations qu’un réseau permet de transférer en un temps donné. Plus le débit est élevé, plus la vitesse de téléchargement des données (documents, vidéos, musiques, etc.) est rapide.

Pour les réseaux mobiles, les normes de type 4/5G sont considérées comme faisant partie des accès très haut débit.

Les réseaux « Très Haut débit » s’appuient essentiellement sur de la Fibre optique. Celle-ci, déployée au plus près des utilisateurs, apporte le très haut débit nécessaire aux nouveaux usages, à la multiplication des utilisations simultanées en un même lieu et à l’augmentation du nombre d’équipements connectés (objets multimédia et autres machines « intelligentes » : appareils ménagers, capteurs, télévisions connectées, etc.). On parle de FTTx (fiber to the ..) avec les différentes variantes :

  • FttH pour « Fiber to the Home », qui correspond au déploiement de la fibre optique depuis le nœud de raccordement optique (lieu d’implantation des équipements de transmission de l’opérateur) jusque dans les logements ou locaux à usage professionnel. Le FttH permet donc de bénéficier de tous les avantages techniques de la fibre sur l’intégralité du réseau jusqu’à l’abonné. Il se distingue d’autres types de déploiement qui combinent l’utilisation de la fibre optique avec des réseaux en câble ou en cuivre.
  • FttB pour « Fiber to the Building », qui correspond au déploiement de la fibre jusqu’au pied de l’immeuble. Pour les derniers mètres jusqu’à l’abonné, on utilise la paire de cuivre téléphonique, ou le réseau de télévision par câble
  • Le FttO pour « Fiber to the Office », l’équivalent du FttH pour les entreprises
  • FttN : Fiber To The Neighbourhood (Fibre jusqu’au quartier)
  • FttC : Fiber To The Curb (Fibre jusqu’au trottoir)
  • FttN : Fiber To The Node (Fibre jusqu’au répartiteur)

La mise en place du très haut débit au vu de l’impact socio-économique que celui-ci engendre devient un enjeu majeur des pays pour la compétitivité de leur économie.

L’impact socio-économique du « Très haut débit »

Plusieurs études distinctes ont été menées pour étudier l’impact socio-économique des réseaux Haut débit sur l’environnement socio-économique d’un pays.

On peut citer :

  • L’étude de la Commission Européenne « SOCIO–ECONOMIC BENEFITS OF HIGH SPEED BROADBAND », publiée en 2015
  • L’étude de l’Union Internationale des Télécommunications « impact of broadband on the economy » en 2012
  • L’étude conjointe Ericsson, Arthur D. Little et l’Université de Technologie de Chalmers en Suède : « Socioeconomic effects of broadband speed »

Les résultats de ces études ont un point en commun, la disponibilité et les débits des réseaux Haut débit deviennent une clé essentielle pour le développement socio-économique d’un pays.

Résultats de l’étude « Ericsson, Arthur D. Little et l’Université de Technologie de Chalmers »

Sur le plan macro-économique nous avons les résultats suivants :

  • Doubler le débit d’un réseau haut débit a pour conséquence l’augmentation de 0,3% du PIB d’un pays
  • Pour tous les 1 000 utilisateurs du haut débit supplémentaires, nous avons environ 80 nouveaux emplois créés
  • Les avantages d’un réseau haut débit peuvent être classés comme suit :
    • Les effets économiques qui comprennent l’innovation et la productivité des entreprises
    • Les effets sociaux, qui comprennent un meilleur accès au service et l’amélioration des soins de santé
    • Les effets sur l’environnement, avec une consommation d’énergie moindre

L’analyse micro-économique a donné les résultats suivants :

  • Dans les pays de l’OCDE, gagner 4Mbps de débit a pour conséquence l’augmentation des revenus des ménages de 2 100 USD par an
  • Dans les pays BIC (Brésil, Inde, Chine), l’introduction dans les ménages d’une connexion d’un débit de 0,5 Mbps suffit pour augmenter le revenu de ceux-ci de 800 USD par an
  • Dans les pays de l’OCDE, la mise à niveau de débit de 0,5 Mbps à 4 Mbps accroît le revenu d’un ménage d’environ 322 USD par mois
  • Dans les pays BIC, la mise à niveau de 0,5 à 4 Mbps accroît le revenu de 46 USD par mois

Le lien entre cette augmentation de revenu et l’augmentation des débits Internet se justifie par le fait que :

  • Une réseau haut débit plus rapide augmente la productivité personnelle et apporte de la flexibilité dans le travail.
  • Un débit plus élevé ouvre aussi des possibilités pour du travail à domicile
  • Un débit plus élevé permet aux gens d’être mieux informés, mieux éduqués et socialement et culturellement enrichi

La map ci-dessous réalisée par les chercheurs de cette étude résume l’impact socio-économique du très haut débit

Source : Arthur D. Little analysis

Les modèles de stratégie de mise en œuvre du Très Haut débit

Au vu de l’impact du très haut débit internet sur l’environnement socio-économique d’un pays, les investissements dans ce secteur deviennent donc stratégiques. Ceux-ci ne doivent pas être exclusivement dans les mains du secteur public ou inversement du secteur privé. Une coopération entre les pouvoirs Publics et les investisseurs privés est indispensable pour atteindre les objectifs.

ADL identifie 5 modèles de stratégie de mise en œuvre du très haut débit, chacun avec ses avantages et ses inconvénients. Sur les 5 modèles, il faut retenir que 3 marchent relativement bien s’ils sont bien appliqués. En général des investissements privés avec un support des pouvoirs publics sont un gage de succès dans la plupart des pays. Les pouvoirs publics doivent mettre en place pour protéger l’intérêt général, un cadre de régulation ou règlementaire stricte.

L’analyse des 5 modèles de stratégie proposé par ADL (Arthur D. Little )

Cette analyse est résumée dans le tableau ci-dessous.

Modèles de stratégie Vitesse de déploiement Efficience du déploiement (pour éviter des duplications) Répartition de la Couverture (pour éviter des déserts numériques) Proportion de financements publics
Investissements privés dans un environnement dérégulé

Les Pouvoirs Publics délèguent à une entité et lui apportent un support

Investissements privés avec un support limité des Pouvoirs Publics

Les pouvoirs Publics contrôlent la fibre

Investissements privés dans un environnement à forte régulation

 : Les meilleurs résultats

 : Les pires résultats

Ce tableau nous interpelle et nous pouvons apporter les commentaires suivants :

Investissements privés dans un environnement dérégulé :

Nous avons une facilité de mise en œuvre et très peu d’argent public impliqué, par contre la couverture nationale n’est pas assurée. Il y a des risques de déserts numériques. La mise en œuvre n’est pas efficiente, il y a des risques de duplication d’infrastructures, très peu de mutualisation

Les Pouvoirs Publics délèguent à une entité et lui apportent un support

On a l’assurance d’avoir une couverture fibre étendue. Comme nous avons un seul acteur, il n’y a pas de concurrence. Pas de concurrence, pas de stimulation et très peu de développement de services

Investissements privés avec un support limité des Pouvoirs Publics

L’impact socio-économique est maximisé. L’utilisation de l’argent public est plus efficiente. Il y a une compétition saine entre les différents acteurs privés qui sont obligés de coopérer et de se concurrencer en même temps. On observe une explosion de services disponibles

Les pouvoirs Publics contrôlent la fibre

On a l’assurance qu’il n’y aura pas de régions oubliées ou de désert numérique. Par contre la mise en œuvre de la fibre risque trainer à cause de la légendaire lenteur administrative. Pas de concurrence, pas de stimulation, donc très peu de services développés

Investissements privés dans un environnement à forte régulation

Pas d’argent public impliqué, par contre la mise en œuvre de la fibre est très lente à cause de lenteurs générées par la régulation

Quel modèle choisir ?

Il n’existe pas de modèle parfait, Chaque pays présente des facteurs différents qui nécessitent une solution particulière pour optimiser les investissements et atteindre les objectifs. Les facteurs peuvent être démographique, le niveau d’avancé technologique, la concurrence existante, les régulations en place et leur niveau d’intensité, le niveau d’implication des Pouvoirs Publics dans les investissements de ce type.

Les pays très souvent utilisent des modèles hybrides. Pour les zones urbaines à fort potentiel commercial, on peut avoir un modèle de type « Investissements privés avec un support limité des Pouvoirs Publics » et dans les zones rurales, on partira vers un modèle de type « Les Pouvoirs Publics délèguent à une entité », par exemple une collectivité et lui apportent un support

Les régulateurs doivent fixer, les standards à appliquer en termes de qualité de services, les zones de couvertures, les débits

Dans les cas où les pouvoirs publics apportent leur soutien, dans ce cas les Pouvoirs publics doivent clairement fixer des objectifs et effectuer un contrôle des résultats atteints.

Il est plus intéressant d’avoir la compétition au niveau des services qu’au niveau des infrastructures passives, car ceux-ci peuvent être mutualisé et nécessitent un investissement très lourd notamment en génie civil (plus de 80% des investissements).

Quelques clés pour le succès

  • La mise en place par les Pouvoirs Publics d’un plan « Très haut débit numérique » avec la vision, des objectifs définis, la durée, les moyens, les indicateurs de succès, et le modèle d’implémentation
  • La mise en place des régulations nationales concernant le Haut débit (les standards à appliquer, les règles de concurrence, etc..)
  • Des ressources financières importantes pour supporter les différentes initiatives
  • Un accès équitable et non discriminatoire aux opérateurs avec de préférence une infrastructure passive et technologiquement neutre.
  • Lorsqu’il y a aide des Pouvoirs Publics à un opérateur privé, obligation de libre accès pour les autres opérateurs sur les fibres, fourreaux ou armoires de rue
  • Des déploiements cohérents, de façon à éviter des surinvestissements sur certains territoires et des sous-investissements dans d’autres
    • Obligation donc aux opérateurs de publier chaque année des cartes de couverture du territoire à l’attention du public, des concurrents, des collectivités et des Pouvoirs Publics.
    • Un portail web unique animé par le régulateur national sous forme de Système d’Informations Géographiques avec l’ensemble des données sur les emplacements des réseaux fibres existants, les points de mutualisation, les répartiteurs, les sous répartiteurs, les locaux techniques, les fourreaux existants, les réseaux de génie civil…
  • La coopération entre les acteurs privés, les collectivités municipales, les pouvoirs publics
  • Une stimulation de la demande en « Très haut débit », en obligeant par exemple tous les ministères, les agences publiques, les universités à se connecter
  • Des facilités fiscales pours les investisseurs privés qui développeraient des services
  • La mutualisation entre opérateurs de réseaux en fibre optique. Pour l’exemple d’un immeuble d’habitations, obligation d’ouvrir son réseau aux autres opérateurs afin que ces derniers puissent proposer leurs services aux résidents de l’immeuble. Cette mutualisation a pour objectif de minimiser les travaux et nuisances dans l’immeuble, et d’assurer aux résidents le libre choix de leur offre commerciale.
  • Une mise à jour des lois et règlements concernant l’urbanisme et l’habitat, en obligeant le prééquipement en fibre des maisons et immeubles neufs

Source

http://www.gouvernement.fr/action/le-plan-france-tres-haut-debit

http://www.francethd.fr/le-tres-haut-debit/les-usages-du-tres-haut-debit.html

http://www.adlittle.com : National Fibre Strategies

http://www.ftthcouncil.eu/resources/key-publications

http://www.francethd.fr/

www.bmwi.de : The Federal Government’s Broadband Strategy

https://www.itu.int/ : impact of broadband on the economy

https://www.ericsson.com : SOCIOECONOMIC EFFECTS OF BROADBAND SPEED

https://www.fcc.gov/general/national-broadband-plan

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