Paradox of Progress

Les derniers mois ont été particulièrement intenses sur le plan professionnel, en raison d’une nouvelle mission dont j’ai l’honneur de conduire en Afrique de l’Ouest. Après plusieurs mois de silence, je reviens avec ce texte que j’ai commencé à rédiger il y a longtemps et qui me permet de partager avec vous cette analyse stratégique du National Intelligence Council (NIC) intitulé Global Trends.

Le National Intelligence Council (NIC) est un centre d’analyse au sein du United States Intelligence Community, créée le 4 décembre 1981 par le président des États-Unis Ronald Reagan, et qui est un organe qui regroupe 17 services de renseignement des États-Unis appartenant à plusieurs ministères plus la CIA qui est un organe ne dépendant d’aucun ministère.

Le Global Trends est une évaluation stratégique non classifiée de la façon dont les tendances de notre monde de plus en plus complexe et les incertitudes inhérentes pourraient façonner le monde au cours des 20 prochaines années, ceci pour aider les hauts responsables américains à réfléchir et à planifier à plus long terme. Il est publié tous les quatre ans depuis 1997. Ce qui correspond à l’entrée en fonction d’un nouveau président, le rapport lui est remis entre le jour de son élection et le jour de son entrée en fonction.

Ce rapport n’est pas la vision officielle du gouvernent américain, ni sa politique, encore moins celle de la Communauté du renseignement, mais un recueil de leurs réflexions par rapport au futur.

Le dernier rapport intitulé « Global Trends 2035: Paradox of Progress » a été publié en janvier 2017 à l’entrée en fonction de Donal Trump.

Ce dernier rapport par du postulat suivant lequel les progrès des dernières décennies ont été historiques, les hommes sont de plus en plus connectés, les hommes sont plus en santé, ont plus de pouvoir, les Etats sont plus forts, des millions d’hommes sont sortis de la pauvreté. Cependant ces progrès ont généré de nombreuses crise, le printemps arable, la crise financière de 2008, la montée du populisme et des natisnalismes.

Ce rapport s’articule autour du paradoxe selon lequel les tendances mondiales qui nous donneraient à imaginer un avenir proche sombre et difficile malgré les nombreux progrès des dernières décennies, sont également porteurs de possibilités de choix vers des futurs promoteurs et plus sûr.

Il ne s’agit pas dans ce post de faire un résumé complet du rapport, mais de ressortir les points clés de celui-ci afin de vous inviter à poursuivre la lecture sur le site du NIC.

Commençons par présenter les tendances principales qui façonnent le paysage mondial

Les tendances actuelles transformant le paysage mondial

Les pays riches vieillissent et les pays pauvres sont plus jeunes

Le rapport indique que d’ici 2035 la population mondiale passera de 7.3 milliard à 8.8 milliard. Celle-ci sera plus âgée et plus urbaine. On note tout de même un ralentissement de la croissance de la population mondiale.

Ces effets vont variés d’un pays à un autre, on note dans les pays africains et dans certaines parties de l’Asie des taux de fertilité double par rapport au reste du monde, une population plus jeune comparée à celle des pays occidentaux qui eux auront une population plus âgée.

Cela va conduire soit à des désastres économiques soit à des progrès économiques en fonction de la manière les gouvernements vont investir dans les infrastructures, l’éducation et les secteurs clés de l’économie.

Les personnes de plus de 60 ans vont constituer la tranche d’âge qui va croitre le plus. L’âge médian dans plusieurs va augmenter, on note au Japon (52,4), en Corée du Sud (49,4), en Allemagne (49,6) et dans plusieurs autres pays européens.

Le vieillissement de la population touchera particulièrement l’Europe. Cuba (48), la Russie (43,6) et la Chine (45,7) ne sont pas de reste. Les États-Unis vieillissent à un rythme plus lent, atteignant un âge médian d’environ 41 d’ici 2035

C’est tout le contraire de l’Afrique et de certaines parties de l’Afrique et de l’Asie avec un âge moyen inférieur ou égale à 25, ce qui constituera pour eux des challenges auxquels il faudra apporter de réponses.

Les populations en âge de travailler se rétrécissent donc dans les pays riches, la Chine et la Russie, mais se développent dans les pays en développement, les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique et en Asie du Sud.

La population urbaine

La population urbaine va continuer à augmenter dans tous les continents. Aujourd’hui la moitié de la population, d’ici 2050 on aura un rapport de 2/3, ce qui va générer une énorme pression sur les pouvoirs publics, dans la mise en place des infrastructures pour supporter cette population urbaine. En 2030 nous aurons 41 mégapoles de plus de 10 million d’habitants.

La croissance de la population continuera de se concentrer dans des zones vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, aux inondations et aux ondes de tempête. D’ici 2035, environ 50 pour cent de personnes de plus que l’an 2000 vivront dans des zones côtières de faible altitude dans le monde, le nombre en Asie augmentant de plus de 150 millions et en Afrique de 60 millions. De nombreuses mégapoles, telles que Bangkok, Ho Chi Minh-Ville, Jakarta et Manille, continueront à s’enfoncer en raison de l’extraction excessive d’eaux souterraines et de l’activité géologique naturelle.

Les flux de migration

Les flux de migration resteront élevés au cours des deux prochaines décennies, car les gens recherchent des opportunités économiques et fuient les conflits et la dégradation des conditions environnementales.

Les migrants internationaux – ou les personnes qui résident à l’extérieur de leur pays de naissance – et les personnes déplacées ont atteint le plus haut niveau absolu jamais enregistré en 2015, avec 244 millions de migrants internationaux et environ 65 millions de personnes déplacées. Bref, une personne sur 112 au monde est un réfugié, une personne déplacée à l’intérieur du pays ou un demandeur d’asile. La croissance du nombre de migrants internationaux, de réfugiés, de demandeurs d’asile et de personnes déplacées à l’intérieur du pays continuera vraisemblablement en raison des principales disparités de revenus entre les zones, des conflits persistants et des tensions ethniques et religieuses. Le nombre de personnes en mouvement restera élevé ou même augmentera à mesure que les contraintes environnementales deviendront plus prononcées.

Des stratégies différentes pour les pays pour réussir face à ces défis :

Les pays avec une population plus âgée devront axer leur stratégie dans le développement des systèmes de soins pour le 3ème âge, le système de retraite, la reconversion des seniors, l’aide social, alors que les pays ayant une population plus jeune auront intérêt à mettre l’accent sur l’éducation et l’emploi.

Un paradoxe à prendre en compte cependant, la population mondiale en âge de travailler se développera le plus dans les pays d’Asie du Sud et d’Afrique, où les niveaux d’éducation sont parmi les plus bas, ce qui est un désavantage dans l’évolution de l’économie mondiale, car celle-ci favorisera les travailleurs hautement qualifiés.

L’économie mondiale évolue. La faible croissance économique persistera à court terme.

Les tendances sur le plan économique indiquent que les pays riches vont essayer de stopper le déclin de leur croissance économique et de maintenir leur niveau de vie, même si la population en âge de travailler se rétrécit. Les pays en développement eux par contre chercheront à maintenir les progrès récents notamment dans l’éradication de la pauvreté et essayerons d’intégrer dans l’économie la population en âge de travailler en croissance rapide

Le rapport nous indique que l’extrême pauvreté est entrain de décliner notamment en raison des réformes économiques en Chine et dans certains pays asiatiques qui ont permis de développer une classe moyenne de plus en plus nombreuse dans ces pays. Pour rappel l’extrême pauvreté signifie vivre avec moins de 02 USD par jour. Nous passerons de 35% de la population mondiale à 10% de la population mondiale dans l’extrême pauvreté.

Si on a une augmentation de la classe moyenne en Chine et dans certains pays en Asie, ce n’est pas le cas dans les pays occidentaux où celle-ci va se rétrécir. Le transfert des industries à bas coût hors d’Europe, plus l’automatisation toujours plus grande en raison de la très forte concurrence ont un impact négatif sur les salaires qui vont stagner et les emplois de la classe moyenne en Europe Occidental et aux USA qui pour beaucoup seront transférés dans des pays à bas coût de main d’œuvre. En parallèle les gagnant sont les pays en développement qui sont les nouvelles usines du monde et les consommateurs des pays occidentaux qui ont accès à des produits manufacturés toujours plus nombreux diversifiés et moins chers.

Au niveau mondial on notera une croissance économique plus faible menaçant la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. La Chine et l’Union européenne (UE) – deux des trois plus grandes économies du monde – continueront à faire des réformes douloureuses pour renforcer la croissance à plus long terme. Par exemple, l’économie chinoise axée principalement vers l’exportation tentera de passer à une économie axée sur la consommation interne et le développement des services, avec l’augmentation de la classe moyenne.

La technologie complique les perspectives à long terme

Les pays développés bien que confronté au challenge de voir sa population en âge de travailler se rétrécir sera en même temps confronté au défi majeur du maintien des emplois, au développement de ceux-ci. L’automatisation, l’intelligence artificielle (IA) et d’autres innovations technologiques menacent l’existence de vastes parcelles d’emplois. Dans ces pays il vaudra mieux pour avoir un emploi être formé sur des technologies pointues. Les salaires vont subir une pression, les recettes fiscales basés sur les revenus du salaire vont évidement diminuer. La pression budgétaire sur les pays qui dépendent de ces taxes augmentera, ce qui pourrait rendre plus attrayante la taxe sur la valeur ajoutée ou encore ces pays devront imaginer de nouveaux modèles de taxations ou de nouvelle sources de revenus. Exemple de la taxe sur les robots de la dernière campagne présidentielle française de Benoit Hamon.

La technologie accélère les progrès mais renforce les inégalités.

Les experts du NIC nous indiquent qu’il est difficile d’anticiper quand, où et comment la technologie va modifier les dynamiques économiques, sociales, politiques et de sécurité. Des percées ces dernières années dans l’édition et la manipulation du génome, comme le CRISPR, ouvrent de nouvelles possibilités en biotechnologie.

La science-fiction est en train de devenir réalité, traiter des maladies jusqu’ici incurables, prolonger la vie des êtres humains, multiplier la productivité agricole seront accessibles à un nombre restreint de pays, les pays développés, laissant encore sur le carreau les pays en développement.

Les technologies de l’Information et de la Communication vont continuer à transformer nos pratiques et nos vies en en augmentant l’efficacité de certains métiers, en ayant un impact réel sur l’emploi dans des domaines comme le transport, l’ingénierie, la santé, le secteur des services.

L’IOT «Internet of Things», l’Internet des Objets, créera des gains de performance, mais aussi des risques pour la sécurité. Les effets des nouvelles TIC sur le secteur financier, en particulier, sont susceptibles d’être profonds. Les nouvelles technologies financières, y compris les devises numériques, les applications de la technologie “blockchain” pour les transactions, et l’Intelligence artificielle et le Big Data pour l’analyse prédictive, vont réformer les services financiers, avec des impacts potentiellement importants sur la stabilité systémique et la sécurité des infrastructures financières critiques.

Les progrès dans les panneaux solaires, vont considérablement réduire le coût de l’électricité solaire pour être compétitif avec le prix de détail de l’électricité. Avec plus de nouvelles sources d’énergie, les coûts globaux de l’énergie globale resteront faibles et le système énergétique mondial deviendra de plus en plus résistant pour alimenter les chocs provenant des combustibles fossiles, en particulier en Chine, en Inde et dans d’autres pays en développement pauvres en ressources.

Les experts recommandent de définir à l’échelle mondiale, des normes et standards, de définir des limites éthiques par exemple pour des recherches en biotechnologie, la protection des droits de la propriété intellectuelle.

Les idées et les identités conduisent à une vague d’exclusion

Un autre paradoxe qui est évoqué dans le rapport est le suivant, nous aurons un monde de plus en plus interconnecté et interdépendant. On aurait imaginé que cela réduirait les différences identitaires entre les différentes nations, c’est le contraire qui va se produire.

On va enregistrer une augmentation du populisme dans les deux décennies prochaines, tous les bords sont concernés, à gauche et à droite. Les hommes politiques face à leur impuissance à répondre aux changements économique, social et technologique rapides et désorientant, vont se replier sur des idées identitaires pour mobiliser leurs partisans et consolider leur pouvoir. Il va se développer de nombreux groupes identitaires qui seront de plus en plus influents. Plus concrètement, on verra dans le monde occidental face à cette montée des replis identitaires, la banalisation du sentiment anti-immigration, la xénophobie, une diminution de la tolérance qui faisait de l’occident ou des pays développés des espaces de liberté quel que soit sa religion, sa race ou ses préférences sexuels. En chine et en Russie ce repli identitaire sera utilisé pour renforcer le contrôle autoritaire des dirigeants. Des conflits identitaires sont attendus en Afrique, au Moyen-Orient, et en Asie du Sud.

Le populisme caractérisé par le rejet par le peuple des effets économiques de la mondialisation et de la frustration avec les réponses des élites politiques et économiques aux va se développer en Europe et dans les pays asiatiques développés avec des partis politiques populistes de plus en plus influents, récoltant de plus en plus de voix aux élections. Conséquence, la xénophobie envers les immigrés ne va pas s’arrêter

Gouverner deviendra plus difficile.

Gouverner va devenir de plus en plus difficile, il sera de plus en plus difficile de répondre aux attentes des populations, en matière de sécurité et de prospérité économique.

Ce gap entre les attentes des populations par rapport aux performances des dirigeants, confrontés à plus de dettes, à une concurrence économique mondiale plus intense et des fluctuations des marchés financiers et des produits de base, va engendrer des protestions et ainsi donc des risques d’instabilité.

La démocratie elle-même sera davantage remise en question, car certaines études suggèrent que les jeunes d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale seront moins susceptibles de soutenir la liberté d’expression que leurs aînés.

Les institutions internationales auront du mal à s’adapter à un environnement plus complexe mais auront encore un rôle à jouer. Ils seront plus efficaces lorsque les intérêts des grandes puissances s’aligneront sur des questions comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire, où les institutions et les normes sont bien implantées. Toutefois, les réformes futures des institutions internationales et régionales se développeront lentement en raison d’intérêts divergents entre les États membres et les organisations et la complexité croissante des problèmes émergents à l’échelle mondiale. Certaines institutions et les pays membres continueront à faire face de manière ponctuelle, en prenant des mesures pour s’associer avec des acteurs non étatiques et des organisations régionales et en préférant des approches visant des problèmes étroitement définis.

Bien que tout le monde s’accorde sur la nécessité de reformer le Conseil de Sécurité des Nations Unies, malheureusement face aux intérêts divergents des membres actuels, il y a peu de chances de succès.

La nature des conflits change

Les risques de conflits vont continuer à augmenter dans les décennies qui arrivent à cause des intérêts qui seront de plus en plus divergents entre les grandes puissances, la menace terroriste encore plus présente, l’instabilité qui sera toujours présente dans les Etats faibles, la prolifération des armes létales et des armes technologiques perturbatrices. Au contraire des dernières années où on avait observé un déclin des conflits, c’est le contraire qui nous est annoncé pour les prochaines années.

Un risque souligné avec l’accès de plus en plus facile aux armes sophistiqués par les groupes terroristes, comme ISIS ou le Hezbolla.

Le développement des armes nucléaire par la Corée du Nord et l’incertitude sur les intentions de l’Iran va pousser d’autres Etats à se lancer également dans la course à l’arme nucléaire.

La nature des conflits change également avec un emploi de plus en plus d’armes technologiques pour perturber les infrastructures d’un Etat. La guerre où on voyait des troupes conventionnelles sur le champ de bataille va laisser place à des opérations ponctuelles initiés depuis des centres de commandant lointains avec le développement des armes téléguidées. Les prochaines cibles des attaques seront les infrastructures de communication y compris les satellites de communications. Les USA, la Chine et la Russie sont entrain de développer des armes antisatellites

Une cible des attaques, va être la cohésion d’un Etat en essayant de mettre en opposition des groupes religieux, des groupes sociaux ou ethniques.

Les attaques seront également cybernétiques, les attaques du type Anonymous seront plus présentes et il sera plus compliqué pour les états de faire face à ces attaques. Des opérations de désinformation de masse, la manipulation des médias, les fake news, des subversions politiques,

Le développement de l’ICT va mettre dans les mains de certains groupes des outils qui leur permettront d’influencer, de perturber, au niveau mondial.

Le changement climatique

Le changement climatique est une réalité et celui-ci va de plus en plus avoir des répercussions sur nos ressources naturelles et environnementales.

Les crises qui s’annoncent seront un moyen d’évaluer la volonté de coopération entre les Etats, les divers groupes d’intérêts. Le changement climatique n’est pas l’affaire d’un Etat, d’un groupe. L’augmentation de la température, la montée des Océans, les gaz à effet de serre, ne connaissent pas de frontières. Les Etats seront obligés de coopérer.

Le changement climatique aura un impact social économique et politique. Tous les modèles climatologiques prévoient une augmentation durable des températures sur la surface terrestre

Les différents impacts que seront la montée des eaux des océans, la rareté de l’eau potable, l’acidification des océans, la dégradation de la qualité de l’air, la fonte des glaces, la couche d’ozone, la perturbation des précipitations, vont changer comment l’homme vit et les maladies auxquels l’homme devra faire face.

On notera une plus grande prise de conscience de la part des populations par à rapport à ce changement

Les coûts financiers dus aux différentes catastrophes naturelles vont continuer à augmenter.

D’ici 2035, la pollution de l’air sera la principale cause de décès liés à l’environnement. Selon l’OMS plus de 80% de citadins sont déjà exposés à des qualités d’air en deçà des seuils critiques.

D’ici 2035, plus de la moitié de la population mondiale aura des difficultés d’accès à l’eau potable ce qui est susceptible de générer des tensions politiques

La fonte des glaces en Arctique et en Antarctique va faire accélérer la montée des eaux

Une importance dégradation des sols est également à redouter. C’est déjà le cas aujourd’hui pour plus de 95% des terres produisant la nourriture pour la planète

La diversité de la biosphère est menacée avec la disparition de plusieurs espèces

La connectivité mondiale, le changement climatique vont accélérer la diffusion des maladies

Conclusion

Ces tendances globales réunies vont rendre la gouvernance des pays plus difficile et même la nature de celle-ci va devoir évoluer et s’adapter.

Le nombre de pays pouvant exercer une influence géopolitique va augmenter. Le monde unipolaire de l’après-guerre froide a pris fin. Les progrès économiques des pays comme la Chine, le Brésil, l’Inde leur permette d’influencer sur l’ordre mondial.

Le développement des technologies principalement dans le domaine de l’ICT, les richesses entre les mains d’un petit nombre vont attribuer à des groupes d’individus ou à des individus la capacité d’exercer une influence mondiale à travers leurs actions. Des manipulations avec une désinformation de masse seront relativement facile.

Dans un prochain post, je vous présenterai la suite du rapport avec l’analyse du futur proche à 5 ans par pole géographie et enfin je vous présenterai les 03 scénarios du futur lointain à l’horizon 2035

Source :

https://www.dni.gov/index.php/global-trends-home

https://www.newsecuritybeat.org/2017/01/paradox-progress-national-intelligence-council-releases-latest-global-trends-report/

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE III

Les projets structurants mis en œuvre

Nous allons maintenant évoquer certains des projets structurants qui ont une importance non négligeable dans le développement numérique du Kenya.

Le Backbone national NOFBI

C’est une initiative conjointe du Gouvernement Kenyan, et du secteur privé notamment Telkom Kenya et Soulco dans le but de connecter l’ensemble des régions du Kenya et de fournir du haut débit à ces populations. Ce projet a également pour but de faciliter l’implémentation des services e-gouv tel que la santé, les services financiers, les services éducatifs/universitaires.

Les réseaux fibre optique ont été mis en place par Sagem, Huawei, et ZTE. Ils relient l’ensemble des 47 comtés du Kenya.

Tous les chefs-lieux de comtés sont connectés et également tous les bâtiments gouvernementaux

Il est géré par un opérateur privé Telekom avec qui le gouvernement a signé un agrément d’une durée limitée et renouvelable

Le projet a été mis en œuvre en deux étapes, une première phase achevée en 2009 avec près de 4300 kms de fibre optique installée

Une deuxième phase en cours sensée s’achever en 2016 va porter l’ensemble à plus de 6000 Km et apporter de la redondance au réseau existant.

Ce projet est piloté par l’ICT Autority pour le compte du gouvernent Kenyan (Ministère de l’ICT)


Kenya Open Data Initiative (KODI)

C’est un projet qui a été mis en place dans le cadre de l’e-gouv. Le Kenya Open Data Initiative (KODI)  est une base de données ouverte (https://www.opendata.go.ke) à tous et accessible sur Internet qui permet, qu’on soit chercheurs, décideurs, entrepreneurs ou grand public, d’avoir accès à des données statistiques sur les indicateurs de développement, des statistiques démographiques, le suivi du budget gouvernemental avec les dépenses du gouvernement, etc. Il a aussi un objectif de transparence des pouvoirs publics vis-à-vis de leur citoyen.

Un point d’échange INTERNET

Fondé à l’initiative de TESPOK, dès l’année 2000 et en abréviation KIXP, il a été mis en place avec l’aide de CISCO et de l’UNESCO.

Entre son achèvement en Novembre 2000 et le début de son fonctionnement effectif en Février 2002, il y a eu une bataille juridique entre TESPOK et l’opérateur historique Telkom Kenya, qui de peur de voir ses revenus chuter en raison de son monopole octroyer pour les communications internationales a demandé la fermeture de l’IXP.

Les Opérateurs ont répondu qu’ils ne contrevenaient en rien au monopole et l’exclusivité des communications internationales et que leur but était uniquement le trafic local et que le trafic international restait toujours du domaine exclusif de l’opérateur historique.

Après des pressions du public, des tractations, KIXP a été finalement autorisé à opérer sous la forme d’une licence octroyée par l’autorité de régulation. Des statistiques ont prouvé que près de 30% du trafic qui transitait à l’international en fait n’était que du trafic local.

KIXP c’est aujourd’hui 30 membres, 1 Gbit/s de trafic à des périodes de pic

Les membres sont des fournisseurs d’accès à Internat, des services gouvernementaux et éducatifs, des opérateurs de téléphonie.

La cotisation mensuelle des membres est de l’ordre de 300 USD. Ce qui permet de couvrir les frais de fonctionnement à savoir électricité, location, assurance.

KIXP est établi dans des locaux loués par l’association, c’est le choix décidé par l’association sur un endroit neutre et sécurisé.

KIXP héberge également certains services partagés comme des instances des serveurs de nom racine (f.root-servers.net) et (j.root-servers.net), et les serveurs DNS de la zone*.ke, un serveur de temps.

Le portail e-Gouv

Lancé en Août 2014, 1.7 millions de Kenyans se sont déjà enregistrés et le portail a déjà collecté 42 millions d’euros de recette.

Il existe un SSO pour la connexion : un compte unique pour se connecter à l’ensemble des services. On peut payer ses services par carte bancaire ou Mobile money

De nombreux services sont disponibles pour les particuliers :

  • Permis de conduire
  • Les cartes grises des véhicules
  • Servi de Visa en ligne pour ceux qui veulent visiter le Kenya
  • Les passeports
  • Titres fonciers
  • L’état civil : naissance, mariage, décès

Pour les entreprises des services en ligne G2B (Government to Business) qui leur permet de s’enregistrer auprès des différentes administrations et d’effectuer les procédures relatives.

La cité numérique/technologique de KONZA

Le gouvernement Kenyan a lancé en 2008 la création de la cite numérique de Konza qui a pour vocation à devenir la “Silicon Savannah”. Cette cité est sensée être le reflet en 2030 de l’aboutissement du projet Kenya Vision 2030.

Cette smart city va créer au moins 200 000 emplois directs et contribuer à terme à 10% du PIB du Kenya. Il est construit dans le cadre d’un partenariat Public/Privé pour un budget de plus de 5 milliards d’euros.

Les infrastructures de transport, l’éclairage public, les ambulances, la signalisation, l’électricité, l’eau, les espaces verts, les déchets, les services publics, la participation des citoyens seront gérés au travers des technologies numériques.

Le KENYA c’est aussi quelques faiblesses et quelques menaces

La proximité du Kenya avec des pays en état de guerre civile comme la Somalie, le Sud-Soudan constitue une source de déstabilisation pour le Kenya. Celui-ci a en plus déjà fait l’expérience de plusieurs attaques terroristes sur son territoire.

Cette menace terroriste est persistante, surtout dans la région frontalière avec la Somalie. Ce qui peut réfréner l’ardeur de certains investisseurs.

Malgré les efforts de mise en place de la transparence, le développement de l’e-gouvernance, il demeure encore quelques résidus de corruption dans le pays.

Actuellement, à peine plus d’un tiers des 45 millions de Kényans ont l’électricité. Et les coupures de courant sont fréquentes sur tout le réseau, y compris dans la capitale Nairobi.

Pour produire son électricité le Kenya a misé sur la géothermie qui lui fournit plus de 50% de son énergie. L’offre n’étant pas encore suffisante, le coût de l’électricité demeure élevée. Le Kenya exploite à peine 5 à 7% de son potentiel géothermique.

Ce coût élevé de l’électricité peut être un frein pour l’émergence de nouvelles entreprises Hi-Tech

Les PC demeurent chers, malgré les efforts du gouvernement pour faciliter les acquisitions de PC. On peut tous s’accorder que pour certaines transactions numériques, il vaut mieux parfois l’écran et le clavier d’un PC ou d’un Laptop que de celui d’un mobile.

Certes il existe un énorme engouement des jeunes Kenyans à embrasser les métiers de l’ICT, par contre il y a un manque criard d’enseignants et d’experts pouvant leur transmettre les compétences nécessaires.

En Conclusion :

Nous pouvons relever en guise de conclusion de ce post que les principaux leviers de ce boom sont :

  • Une bonne compréhension des pouvoirs publics du potentiel des technologies numériques dans la création des richesses du pays et une réelle volonté politique d’en faire un élément essentiel de la politique de développement
  • Un partenariat Public et Privé qui marche très bien, les pouvoirs Publics définissant la stratégie de la nation et laissant les initiatives privées s’épanouir et voir même finançant ces entités privées.
  • Une autorité de régulation, dont l’organe dirigeant a un mandat de 3 ans et qui assure la saine concurrence et défend les intérêts des consommateurs
  • Une entité centralisée et compétente qui est chargée de mettre en œuvre la politique numérique du gouvernement : l’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA
  • Une association des Fournisseurs de service des Télécommunication TESPOK (Technology Service Providers of Kenya), très active, capable de faire du lobbying et defendant les intérêts de ceux-ci.
  • Les Kenyans eux-mêmes à travers les nombreuses startups qu’ils créent et qui répondent aux besoins locaux.
  • Le monde universitaire qui met sur le marché de l’emploi chaque année 9 600 professionnels de l’ICT et secteurs relatifs
  • Les infrastructures avec le backbone national NOFBI, le Datacenter gouvernemental, etc..

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Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE II

La politique Gouvernementale en matière de ICT

Le cadre Législatif

Les technologies de l’information et de la communication relèvent de plusieurs textes législatifs, dont le « Kenya Communications Act (KCA) » de 1998 qui a été amendé en 2013 sous la nouvelle formulation de « Kenya Information and Communications Act » . Nous avons également le « Science and Technology Act » de 1977, le » Broadcasting Corporation (KBC) Act » de 1988.

Tous les aspects réglementaires et de régulation sont sous l’égide de l’autorité de communication du Kenya (CAK).

Le marché des télécommunications a été libéralisé en 1999 avec la scission de l’ancien entreprise publique « Kenya Post and Telecommunications Corporation » en plusieurs entités dont « « Telekom kenya , la Poste, l’autorité de communication,.

Cette libéralisation a été un catalyseur du développement des Télécoms au Kenya

Kenya Vision 2030

Le président actuel du Kenya, Uhuru Kenyatta a qualifiée le Kenya de « Startup nation », invitant ainsi l’ensemble des institutions publiques, les partenaires privées, le monde universitaire à favoriser cet élan.

L’ICT est vue comme un élément essentiel pour améliorer la vie des citoyens kenyans.

Il s’agit par exemple pour toutes les institutions publiques de donner la priorité aux solutions ICT développées en locale au lieu de dépenser des millions de dollars à importer des solutions équivalentes.

L’entreprenariat est vivement encouragé, des politiques publiques sont mises en place pour le favoriser. Les pouvoirs publics et les partenaires privés sont invités à supporter cette politique.

L’Etat favorise les créations d’incubateurs et accélérateurs de startups. Elle finance certains de ces incubateurs Elle a mis en place des règles de marché public en vue de favoriser les entrepreneurs locaux.

Kenya Vision 2030 est un plan de développement adopté par le Kenya, le 10 juin 2008. Il couvre la période 2008 à 2030 à travers 5 plans quinquennaux.

L’innovation, la technologie et la science font parties des 10 secteurs qui sont visés par ce plan de développement.

Dans le cadre du programme Presidential Digital Talent Program (PDTP), le gouvernement est en train de recruter 400 talents pour renforcer la capacité en matière de ICT de l’Etat Kenyan sous la responsabilité du ministère Kenyan pour les technologies et de la Communication

Le Ministère Kenya pour les technologies de l’Information et de la Communication

Le Ministère de l’information, des communications et de la technologie (TIC) est en charge de la formulation, l’administration, la gestion et le développement de l’information, la politique de radiodiffusion et de la communication.

Il a en charge la politique de communication gouvernementale, les services de radiodiffusions, la télévision, la poste, les technologies de l’informatique et l’innovation.

Le ministère Kenyan de l’ICT a un budget de 101 millions d’euros pour l’année budgétaire en cours.

Un plan directeur pour le développement de l’ICT a été établi en 2014 pour la période allant de 2014 à 2018. Ce plan est aligné sur le plan de développement Kenya Vision 2030.

Les objectifs pour ce plan sont les suivants :

  • 8% de contribution des secteurs de l’ICT au PIB
  • 180 000 créations d’emplois directs
  • La reconnaissance du Kenya comme un hub régional ICT
  • Le renforcement des services e-gouv, avec 50% de Kenyans adultes accédant aux services et donc un meilleur rang dans le classement des pays utilisant des services e-gouv
  • L’implémentation d’au moins 55 compagnies ICT dont deux ayant au moins une base clientèle de 2 millions

Les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

L’Autorité de Communication du Kenya : CAK

C’est l’Autorité de régulation du secteur des communications au Kenya. Il a été établi en 1999 à la suite du Kenya Communications Act (KCA) de 1998.

Il a la responsabilité de la radio et télé diffusion, le multimédia, la poste, le commerce électronique, et les télécommunications

Comme tout régulateur ses attributions sont entre autres :

  • L’octroi des licences
  • La gestion des spectres de fréquence
  • La gestion de la numérotation
  • La protection des droits des consommateurs
  • La réglementation des tarifs
  • La surveillance des activités des titulaires de licence
  • La gestion de la concurrence saine entre les différents acteurs

Cette Autorité a à sa tête un conseil d’administration qui surveille l’ensemble de ses activités. Ce conseil d’administration est composé de 12 membres, des professionnels de l’ICT, des représentants des gouvernements, des investisseurs du domaine des Télécommunication

Les membres du conseil d’administration sont désignés pour une période de 3 ans ainsi que le Directeur Général de cette Autorité.

Il est intéressant de relever la charte de service établi par cette Autorité et disponible sur son site web qui permet de nous donner quelques indicateurs sur la qualité de service. Quelques exemples :

  • 135 jours pour obtenir une nouvelle licence dans les télécommunications
  • 60 jours pour obtenir une nouvelle licence dans la radio et télé diffusion
  • 18 jours pour assigner une nouvelle fréquence
  • 60 jours pour le renouvellement d’une fréquence
  • 40 jours pour résoudre un différend entre deux concurrents
  • 40 jours pour approuver de nouveaux tarifs si ceux-ci sont règlementés
  • 30 jours pour traiter une plainte d’un consommateur

L’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA

C’est une agence qui est sous la tutelle du Ministère Kenyan des technologies de l’information et de la communication.

C’est le résultat d’une consolidation de 03 agences gouvernementales, effectuée en Août 2013 :

  • L’Information and Communication Technology Board of Kenya (ICT Board)
  • L’e-Government Directorate
  • Le Government Information and Technology Services (GITS)

Pour le compte du gouvernement Kenyan, elle a la charge de définir, et implémenter la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’ICT. Elle définit les normes et standards qui sont appliqués à l’ensemble des administrations, ceci afin d’éviter les incohérences entre les administrations qui avant la mise en place de cette Autorité définissaient chacune leurs standards.

Cette autorité pour le compte du gouvernement gère l’ensemble des ressources humaines en matière de ICT et également les services partagés tel que :

  • Le système de communication unifié gouvernemental (email, fax, video, ) qui aujourd’hui qui héberge 15 000 adresse emails de diverses administrations : la police, la santé, l’éducation nationale, les finances, …Le but à terme est de pouvoir héberger 50 000 fonctionnaires.
  • Le Datacenter gouvernemental qui héberge l’ensemble des services partagés et également le backbonne réseau qui relie l’ensemble des ministères et les principales agences gouvernementales à ce Datacenter.

Elle est le leader de la transformation et de l’innovation pour le compte du gouvernement. Elle finance pour le compte du gouvernement de nombreuses startups. Elle ne le fait pas directement, elle le fait à travers des initiatives privées d’incubateurs et d’accélérateurs de startups.

C’est l’interlocuteur pour tout ce qui est cybersécurité pour le compte du gouvernement.

Elle est le principal promoteur des services e-gouv. Elle supervise la mise en place des solutions ICT dans les administrations et la mise en place du backbonne nationale fibre optique : NOFBI que nous présenterons dans la suite du post.

Elle joue aussi un rôle de vulgarisation avec la formation du personnel de l’Etat aux nouvelles technologies.

C’est l’interlocuteur des bailleurs de fond comme la banque mondiale ou l’UNESCO pour les projets dans le domaine de l’ICT. L’autorité a par exemple exécuté le projet «Wezesha Laptop  », qui a consisté à distribuer près de 15 000 laptops financés par la banque mondiale aux étudiants des universités publiques et privées kenyanes.

Pour le compte du monde universitaire c’est aussi le promoteur de réseau KENET (Kenya Education Network), qui a pour but de mettre en place une passerelle pour le monde universitaire vers les ressources scientifiques, des systèmes de e-learning, des solutions de vidéoconférences

Les Universités et la formation aux ICT

Nous avons 31 universités et instituts d’enseignements supérieurs publics et 36 universités et instituts supérieurs privées, reconnus par la Commission nationale Kenyane pour les Universités. C’est l”entité qui accrédite les universités.

Chaque année il y a plus de 200 000 jeunes kenyans qui s’inscrivent à l’université, 50 000 qui en sortent diplômés, donc environ 9 600 dans les formations relatives aux ICT.

La majorité de ces Universités proposent des cursus de formation en ICT. Les plus réputées sont :

  • Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT)
  • Strathmore University
  • KCA University
  • University of Nairobi
  • Maseno University
  • Kenyatta University
  • Egerton University
  • Moi University

La présence des Géants du HiTech

Nairobi est devenu le hub pour l’Afrique de l’Est ou voir même pour l’Afrique de certaines multinationales de l’ICT : Google, Visa, Cisco, Huawei, Asus, LG Nokia, Motorola, Sony, Kaspersky Lab, Blackberry

Une association des fournisseurs de services INTERNET très active

Les fournisseurs d’accès aux services Internet et technologiques ont créé une association TESPOK pour « Technology Service Providers of Kenya »

C’est une association à but non lucratif créée dès 1999. Cette association a pour but d’être leur voix, et d’influencer les différentes politiques de développement numérique, les différentes régulations. Ils défendent les intérêts des fournisseurs de service.

Cette association a une voix qui porte et fait du lobbying tout azimut. Quelques réalisations de cette association :

  • La dérégulation des services VSAT et VoIP
  • La mise en place d’un point exchange Internet KIXP
  • La contribution active dans la définition des différentes stratégies ou politiques gouvernementales en matière d’ICT

Des accélérateurs et incubateurs de Startups

Il existe de nombreux incubateurs de startup au Kenya qui favorisent leur développement, en les aidant à survivre et à se développer. Ils fournissent un éventail de ressources tels que les espaces de bureau, le capital, le coaching, les moyens de communications.

Sans contrepartie, ils accompagnent des jeunes entreprises ou des entreprises en création à se développer en leur offrant des ressources et des services qui permettent à ceux-ci d’affiner leurs idées ou à développer un modèle commercial de ces idées.

Dans le cas de l’accélérateur Nailab, l’accompagnement dure 6 mois repartis en deux phases :

  • Une première phase de 03 mois qui consiste à développer le modèle commercial
  • Une seconde phase de 03 mois qui consiste à s’appuyer sur un relai déjà en place sur le marché et à tester le produit sur le marché.

Voyons plus en détail le fonctionnement de l’un des incubateurs iHUB.

iHub

Il a été fondé en Juin 2010 par Erik Hersman, un blogueur et commentateur qui s’est spécialisé dans l’impact et l’application de la technologie à travers l’Afrique.

C’est un Hub pour l’innovation qui propose des locaux et un espace virtuel de collaboration, qui permet de connecter sans aucune barrière, les investisseurs, les startups, les inventeurs. Tout l’écosystème permettant un développement de startup est présent sur ce hub.

Ce Hub organise de nombreux évènements pour dynamiser le secteur du numérique, des concours de meilleurs startups, des concours de développeurs, d’innovation, etc..

Il existe trois types de membres pour cette communauté :

White membership :

Pour ceux qui ne peuvent pas être physiquement présent sur le HUB et qui souhaitent faire partie du Hub virtuellement. Ils ont un accès gratuit une fois par semaine dans les locaux du Hub pour les résidents de Nairobi et toute la semaine pour les non-résidents, au-delà, il faut s’acquitter d’un montant. Ce statut de membre est gratuit

Green Membership :

Ce statut est destiné à ceux qui souhaitent utiliser le Hub comme bureau permanent pour développer leurs projets. De nombreux services (Serveurs, bureaux, communications, publicités), leurs sont proposés dans leur accompagnement.

Ce statut n’est jamais définitif, il est valable 6 mois et à la fin des 6 mois on revient au statut de white membership et il faut à nouveau candidater. L’octroi de statut est aussi en fonction du nombre de places disponible sur le hub (80 places)

Red membership

Ce statut est destiné à ceux qui ont déjà un produit viable déjà sur le marché et qui est prêt à croître. Ceux-ci sont déjà à la recherche de s’établir de manière permanente dans d’autres leurs propres locaux et de faire grandir leurs équipes. Il y a 15 places disponibles. Ceux qui sont Green ou White peuvent candidater au statut de red suivant les disponibilités. Des avantages additionnels pour ce statut comme un secrèterait, de l’hébergement de serveurs propres

D’autres incubateurs

M :lab East Africa qui est un consortium de 4 organisations l’Université de Naïrobi, iHub, WWW Foundation et eMobilis. Cet incubateur s’est spécialisé dans les solutions innovantes et à forte valeur ajoutée dans le mobile.

Le Chandaria Incubation and Innovation Center, Kenya Industrial Research and Development Institute (KIRDI), EPZ Business Incubator, Seven Seas Technologies Innovation Labs and Biz Africa.

Des centaines de startup

Il existe de centaines de startups, de dizaines naissent chaque mois. Beaucoup de startups proposent des solutions proches des réalités quotidiennes des Kenya notamment dans le domaine de l’agriculture.

Exemple de M_Farm qui est une application SMS mobile qui permet de connecter les fermiers avec les acheteurs. Ces fermiers ont accès en temps réel au cours du bétail ou des produits agricoles et peuvent donc négocier en toute sérénité le prix de leur produit

D’autres startups dans le domaine de l’agriculture, iCow, SokoText,

Ma3Route pour le transport urbain dans Nairobi, Purpink Gifts pour l’achat et l’envoi des cadeaux en ligne, Eat Out Keny pour la réservation en ligne des restaurants.

Il existe un site Internet qui répertorie les startups http://startupkenya.org/map/


 

Source :

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE I

Le Kenya est considéré aujourd’hui comme l’une des vitrines de l’innovation sur le continent africain.

Ce pays truste les meilleurs classements africains sur l’attractivité par rapport aux investissements. Il a connu une croissance de 5.6% en 2015 avec 841600 créations d’emploi. L’objectif pour 2016 est la création de 1 million d’emplois.

Le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication est un acteur essentiel de ce boom économique. Il est considéré comme stratégique par le gouvernement Kenyan.

Ces startups innovantes attirent chaque année des millions de dollars d’investisseurs privés, publics, kenyans et étrangers.

La fiscalité, les douanes, « le politique », les infrastructures, la formation, tout est mis en œuvre pour en faire le Hub africain en matière de nouvelles technologies du numériques. Un exemple que nous pouvons citer, dans le but d’encourager l’assemblage en local des équipements électroniques, les composants nécessaires à ces assemblages sont exemptés de droits de douane.

Quels sont les différents leviers qui sont utilisés ? Quelles sont les clés de ce décollage ? Qu’est-ce qui peut être transposés dans les autres pays africains ? Pour répondre à ces questions, j’ai divisé ce post en trois parties :

La cartographie numérique du Kenya

L’Autorité des Communications du Kenya produit chaque trimestre des statistiques. Nous avons pu tirer quelques indicateurs dans le dernier bulletin produit pour le compte du dernier trimestre de l’année budgétaire 2015/2016, c’est-à-dire Avril 2016 à Juin 2016.

Dans le Secteur du Mobile

Le marché mobile est partagé par 5 opérateurs :

  • Safaricom Limited : 65.2%
  • Airtel Networks Limited : 16.56%
  • Finserve Africa (Equitel) : 5.06%
  • Telkom Kenya(Orange), l’opérateur historique : 13.16%
  • Sema Mobile : 0% (275 souscription pre-paid)

Il a été enregistré 40 millions d’abonnements mobiles pour une population de 43 millions (sources Kenya National Bureau of Statistics : Facts and figures 2015). C’est également un réseau mobile bien étendu sur le territoire avec 90% de taux de pénétration.

11 milliards de SMS ont été échangés durant ce trimestre

Pour ce qui est des revenus, on enregistre 2 milliards d’euros de revenus pour les 5 opérateurs en 2015 pour 500 millions d’euros d’investissement de ces opérateurs en 2015

6 178 personnes sont employées directement par ces 5 opérateurs

Le Mobile Money

Durant ce 4ème trimestre, je ne rêve pas, près de 8 milliards d’euros de transactions Mobile money (transfert entre particuliers plus achats de services et biens).

En effet, le Kenya est le leader mondial du payement mobile. Tout a commencé en 2007 avec M-Pesa qui permet à plus de 70% de la population adulte du pays de payer, régler les factures ou une addition et tout simplement envoyer et recevoir de l’argent. Il a été lancé par Safaricom une filiale du groupe Vodafone. Le service M-Pesa est désormais présent dans plusieurs pays du monde dont l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mozambique, et plus récemment la Roumanie qui est un point d’entrée sur le marché européen.

Téléphonie fixe

Nous avons 80 746 lignes téléphoniques fixes

Internet

Nous avons près de 37 millions d’utilisateurs Internet, soit 85% de taux de pénétration d’Internet. Nous avons la répartition suivante :

  • 26.8 millions d’abonnements Internet
  • 26.7 millions d’abonnement Mobile Data/Internet
  • 280 abonnements satellites
  • 3061 abonnements DSL Internet
  • 27 571 abonnements fibre optique

Ces chiffres nous indiquent que plus de 99% d’utilisateurs Internet sont des utilisateurs Mobiles.

Le haut débit

Je vous remets le tableau que j’avais fait dans mon post précèdent sur l’Etat des lieux d’Internet Q2 2016 sur la connectivité, sur la base du rapport produit par AKAMAI

Country Average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-Percentage 25-mbps-Percentage Number IPAddresses (IPv4) % Number IP/Population
Kenya

7 689

26 363

64%

21.6%

11.1%

3.6%

1 692 804

3,68%

La connexion à plusieurs fibres optiques sous-marine

Plusieurs câbles sous-marins ont un point de connexion à Mombassa. Nous avons :

  • Africa-1
  • Liquid Sea
  • Djibouti Africa Regional Express (DARE)
  • Eastern Africa Submarine System (EASSy)
  • The East African Marine System (TEAMS)
  • SEACOM/Tata TGN-Eurasia
  • Lower Indian Ocean Network 2 (LION2)

Pour plus de détails, je vous invite à suivre le lien : http://www.submarinecablemap.com/#/country/kenya

La gestion des noms de domaine KE

Nous avons 59 000 domaines enregistrés en .KE en Juillet 2016, avec une moyenne de 2 300 nouveaux noms de domaines enregistrés chaque mois.

Fruit d’une coopération entre le public et le privé, KENIC est l’entité qui gère les noms de domaine en KE. C’est une organisation à but non lucratif sous le patronage de l’autorité de régulation des communications Kenyan.

Le domaine .KE dispose de plusieurs sous-domaines :

  • .co.ke – for Companies
  • .or.ke – for Not-for-Profit-Making Organisations or NGO’s
  • .ne.ke – for Network Devices
  • .go.ke – for Government Entities(Requires Supporting Documents)
  • .ac.ke – for Institutions of Higher Educations.( Requires Supporting Documents)
  • .sc.ke – for Lower and Middle Institutes of Learning. (Requires Supporting Documents)
  • .me.ke – for Personal names
  • .mobi.ke – for Mobile content
  • .info.ke – for Information

L’enregistrement des noms de domaines se fait au travers de 45 entités privées (des registrars) dûment mandatées

A lire dans la suite :

Partie II : La politique Gouvernementale en matière de ICT et les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

 

Partie III : Les projets structurants mis en œuvre, les faiblesses et menaces et enfin la conclusion


Source :

Les Points d’échange Internet (IXP) : composants clés du développement d’Internet


Dans les stratégies de développement d’INTERNET, il est un composant essentiel qui n’est pas très souvent médiatisé : les points d’échange INTERNET (IXP).

Ceux-ci jouent un rôle aussi important que les réseaux fibres optiques, dans l’amélioration de la connectivité Internet dans les pays.

Il s’agit d’une infrastructure où l’ensemble des opérateurs de l’Internet peuvent s’interconnecter, et échanger du trafic, on parle de service de peering. Le peering consiste à échanger du trafic qui a son origine sur le réseau de l’un des opérateurs (ou de ses clients) et aboutit sur le réseau de l’autre (ou de l’un de ses clients) et ne fait généralement pas l’objet d’une facturation de l’un à l’autre.

Un IXP évite aux opérateurs d’avoir à établir des liens directs entre eux, un seul raccordement au point d’échange permettant à chacun d’échanger du trafic avec tous les autres opérateurs présents.

Les opérateurs raccordés concluent de gré à gré et de pair à pair, un accord d’échange (appelé «peering agreement») par lequel ils s’accordent pour s’envoyer et recevoir mutuellement du trafic.

Les opérateurs ne sont pas limités aux seuls fournisseurs de service INTERNET (ISP), des institutions économiques, académiques, gouvernementales peuvent également en faire partie.

Quels sont les bénéfices d’un point d’échanges Internet (IXP)?

Plusieurs bénéfices ont été identifiés :

Optimisation du trafic mondial

En s’échangeant directement le trafic local, on réduit donc ainsi le nombre de bonds à l’intérieur des réseaux pour l’échange de trafic Internet, on accroit accroît le nombre de voies d’acheminement possibles, on optimise la connectivité Internet internationale, et on accroît le taux de pénétration de l’Internet et son taux d’utilisation.

Optimisation de la latence

L’interconnexion directe, souvent localisée dans la même ville que les réseaux concernés, évite que les données n’aient à changer de ville, voire de continent, pour passer d’un réseau à un autre, ceci permet de réduire le temps de latence.

Optimisation de la bande passante

Compte tenu de la demande toujours plus grande de trafic Internet utilisant des services gourmands en largeur de bande, exemple des vidéos, une connexion à un IXP local peut permettre de transférer ce type de données de façon illimitée et gratuite, améliorant ainsi considérablement la bande passante entre clients de deux fournisseurs Internet voisins.

Optimisation du coût

Le trafic passant par un point d’échange n’est pas facturé alors que les flux vers le fournisseur de trafic montant du fournisseur d’accès à Internet, le sont. Les trafics allant outre-mer signifient donc le paiement des charges de transit à votre ISP

L’argent reste dans l’économie locale et peut être Utilisé pour fournir de meilleures infrastructures locales et des services aux clients

Les clients payent donc moins cher leur accès Internet, ce qui va générer un volume plus grand de clients et de transactions. Plus les clients vont souscrire et plus le fournisseur d’accès augmentera son chiffre d’affaires

Les services fournis par un IXP

En général les services de peering fournis par les IXP sont les suivants :

Peering local Public

Il s’effectue sur un lien de niveau 2 (shared fabric). Plusieurs participants s’interconnectent à travers un seul équipement physique, ou un ensemble de switches (commutateurs) considérés comme locaux.

Peering local Privé

C’est une interconnexion directe entre 2 réseaux à travers une liaison niveau 1 ou 2 qui offre une capacité dédiée non partagée par d’autres participants.

Peering local via RS

L’IXP met en place un Route-Server (RS) local permettant de simplifier les interconnexions entre les participants. En configurant une seule session sur le Route-Server local, il devient possible d’activer des sessions de peering locales avec plusieurs autres participants. Le peering local via RS simplifie donc la gestion du peering.

Peering distant via RS

Les plus grands IXP repartis sur plusieurs pays ou continents permettent aux participants de ses IXP de bénéficier de l’accès aux autres IXP ainsi qu’aux autres IXP auquel il est interconnecté via des Route-Servers

Les modèles institutionnels des IXP

Une variété de modèles institutionnels a été adoptée pour faire fonctionner les IXP. Ils se répartissent en trois catégories généralement :

Association des opérateurs Internet à but non lucratif

C’est le modèle le plus répandu. Les opérateurs dans le cadre d’une association neutre et indépendante opèrent l’IXP. Les contributions financières et ou humaines de chacun des membres permettent de couvrir le fonctionnement de l’infrastructure.

Les contributions financières sont déterminées par la vitesse (bande passante) de leurs connexions à l’IXP ou, moins fréquemment, par le volume de trafic qui passe à travers l’échange

L’IXP financé par un sponsor.

Très souvent le sponsor est un Pouvoir Public qui finance les infrastructures et les met à la disposition des opérateurs. Celui-ci peut réclamer des contributions financières aux participants ou prendre en charge l’ensemble des frais de fonctionnement.

L’IXP comme une entreprise commerciale

On les retrouve très souvent aux Etats-Unis, ou des entreprises commerciales opèrent des IXP. Ils agissent en tant que fournisseur neutre et ne font pas de concurrence aux autres fournisseurs de services Internet dans la fourniture de services aux utilisateurs finaux.

Les Prérequis pour la mise en place d’un IXP

Le site

Le site doit être accepté par l’ensemble des membres. Très souvent un emplacement dans un Datacenter est choisi

Le site abritant l’IXP doit évidemment être physiquement proche des réseaux des potentiels membres

Le site abritant l’IXP doit disposer de toutes les commodités permettant d’assurer un service en continu :

  • Energie électrique disposant d’onduleurs et de groupes électrogènes pour le secours
  • Climatisation
  • La disponibilité de nombreux liens ou réseau fibres optiques vers le site
  • La sécurité physique du site (anti-incendie, anti-intrusion, vidéo-surveillance,..)

Les opérateurs

Il faut être au moins trois opérateurs pour envisager un IXP

Des règles de fonctionnement bien définies

Des règles bien définies et acceptées par tous qui vont assurer l’indépendance, et la neutralité de la structure, sont indispensables.

Les cotisations ou les prix des prestations doivent être repartis ou définis de manière équitable

Les utilisateurs

Il faut évidemment que le contenu local Internet soit important et que les utilisateurs les consultent.

Les équipements réseau

Il s’agit très souvent de commutateurs réseau, de route-servers, …

Les ressources humaines

Les personnes qui seront en charge quotidiennement de faire fonctionner l’IXP. Il s’agit du personnel administratif, financier et technique.

Les installations étant très souvent peu complexes, pas besoin d’avoir une batterie d’ingénieurs. En tenant compte de la taille de l’IXP, un NOC peut être envisagé.

Les opérations au quotidien

Un NOC, (centre d’opérations disponible 24h/24 et 7j/7 pour fournir une assistance technique aux participants et maintenir les infrastructures de l’IXP

Un monitoring en temps réel de la qualité de service et anticiper les pannes éventuelles

Un service de statistique pour publier la liste des participants à l’IXP, le trafic échangé entre ceux-ci

Un site web qui permet de fournir les informations, statistiques, sur les services offerts par l’IXP

Ci-dessous un exemple du pricing pratiqué par le point d’échange Internet Equinix de Paris

Service Installation Monthly recurring Installation delay
Port 1GE – 1Gbps 500 EUR 0 EUR 5 working days
Port 1GE – 1Gbps additional port 500 EUR 250 EUR 5 working days
Port 10GE – 10Gbps 1500 EUR 750 EUR 5 working days
Port 100GE – 100Gbps 13000 EUR 3500 EUR 5 working days
VLAN 0 EUR 0 EUR 1 working day

Aperçu des IXP à travers le monde

Plusieurs ressources sur Internet fournissent un répertoire des IXP à travers le monde.

PCH, Packet Clearing House (www.pch.net), qui au cours des vingt dernières années, a fourni une assistance pour la mise en place de plusieurs IXP existants gère un répertoire global des IXP, et publie des statistiques sur leur utilisation et leur la croissance.

La répartition des IXP à travers le monde reflète le niveau de développement d’Internet. Les Etats-Unis avec 86 IXP arrivent en tête des 125 pays disposant de ce type d’infrastructure. Le Brésil avec 27 IXP, la Russie et l’Allemagne avec 21 IXP chacun, la France avec 18 IXP forment le top 5.

80 pays dans le monde ne disposent pas encore d’IXP.

Pour la liste complète des pays, il faut aller à l’adresse : https://www.pch.net/ixp/summary

En termes de nombre d’opérateurs participants à un IXP, le tableau ci-dessous présente le top 10

Country City IXP Name Participants Traffic Established
Brazil São Paulo Ponto de Troca de Tráfego Metro São Paulo

817

1.89T

04-oct-04

Netherlands Amsterdam Amsterdam Internet Exchange

783

7.69T 29 Dec 1997
Germany Frankfurt Deutscher Commercial Internet Exchange

702

4.79T May 1995
United Kingdom London London Internet Exchange

698

2.6T

08-nov-94

Indonesia Jakarta OpenIXP Internet exchange Point

673

241G

2005

Netherlands Amsterdam Neutral Internet Exchange

547

1.2T

01-mars-02

United States Los Angeles Any2 California

449

68G Dec 2005
Russia Moscow MSK-IX Moscow

397

3.85T

25-nov-95

France Paris Equinix Paris

315

NC

2008

France Paris France-IX

299

1.07T

nov-10

Pour ce qui est du Top 10 en termes de trafic nous avons le tableau ci-dessous

Country City IXP Name Participants Traffic Established
Netherlands Amsterdam Amsterdam Internet Exchange

783

7.69T 29 Dec 1997
Germany Frankfurt Deutscher Commercial Internet Exchange

702

4.79T May 1995
Russia Moscow MSK-IX Moscow

397

3.85T

25-nov-95

Russia Ekaterinburg MSK-IX Ekaterinburg

40

3.8T 1 Dec 2012
Russia Novosibirsk MSK-IX Novosibirsk

48

3.8T

2004

United Kingdom London London Internet Exchange

698

2.6T

08-nov-94

Brazil São Paulo Ponto de Troca de Tráfego Metro São Paulo

817

1.89T

04-oct-04

Netherlands Amsterdam Neutral Internet Exchange

547

1.2T

01-mars-02

France Paris France-IX

299

1.07T

nov-10

Russia Moscow DataIX Moscow

39

990G

20-oct-10

Telegeography (www.telegeography.com) la firme de consulting spécialisée dans les études de marché dans le domaine des télécommunications maintient également un répertoire des IXP et propose une belle carte mondiale des IXP. Ci-dessous une image de la carte dans le monde.


Source : http://www.internetexchangemap.com/

D’autres ressources sont également disponibles sur Internet :

Budget moyen d’un IXP

Les budgets nécessaires à la mise en place d’un IXP sont relativement peu importants. Les équipements sont relativement simples, la mise en œuvre facile. Le plus compliqué l’identification du site qui va abriter l’IXP et la mise en place de toutes les commodités évoquées avant. Il arrive très souvent que ce site soit offert par un sponsor.

Selon l’ISOC, l’Internet Society un budget moyen de 40 00 USD est requis pour la mise en place d’un IXP. L’ISOC indique que la mise en place du Cairo Internet Exchange en 2002 a nécessité un budget de l’ordre de 10 000 USD.

Pour ce qui est du budget de fonctionnement, cela reste également raisonnable, le nombre d’employés nécessaires étant réduit et les équipements simples à maintenir.

Source


State of the Internet Q4 2015: focus sur l’Afrique

Après avoir vu mes oreilles sifflées à plusieurs reprises dans des réunions, ces dernières semaines à propos du développement d’Internet Afrique, je me suis retourné vers le dernier rapport de AKAMAI sur l’Etat d’INTERNET pour savoir ce qu’il en était.  Pour le dernier trimestre de 2015, AKAMAI a publié un rapport comme il le fait depuis 2008.

Pour Rappel, AKAMAI est le leader mondial dans les services de CDN avec une infrastructure de plus de 210 000 servers dans  120 pays  et un trafic de 30 Térabits/s. C’est 15 à 30% du trafic web mondial qui passe par ses infrastructures.

Au niveau Mondial

Quelques statistiques au niveau mondial  pour commencer :

Vitesse moyenne de connexion à INTERNET

Ramené au niveau mondial, la vitesse de connexion moyenne à Internet est de 5.6 Mbits/s, soit une augmentation de 23% par rapport à 2014. Nous avons  un Top 10 composé des pays suivants :

Pays Q4 2015 Q4 2014 → Q4 2015
1 South Korea 26.7 20%
2 Sweden 19.1 30%
3 Norway 18.8 65%
4 Japan 17.4 15%
5 Netherlands 17.0 20%
6 Hong Kong 16.8 -0.4%
7 Latvia 16.7 28%
8 Switzerland 16.7 15%
9 Finland 16.6 37%
10 Denmark 16.1 36%

 

Pour information, la Libye est le seul pays avec une vitesse de connexion moyenne inférieure à 1 Mbits/s. Bien évidement cela résulte de  la situation politique de ce pays.

Peaks des connexions en moyenne

Ramené au niveau mondial,  la moyenne des peaks de connexion est de 32.5 Mbits/s, soit une augmentation de 21% par rapport à Q4 2014.

Le Top 10 au niveau mondial est le suivant :

Pays Q4 2015 Q4 2014 → Q4 2015
1 Singapore 135.7 61%
2 Hong Kong 105.2 20%
3 South Korea 95.3 26%
4 Macao 83.1 60%
5 Japan 82.9 20%
6 Indonesia 79.8 495%
7 Mongolia 78.9 97%
8 Taiwan 78.8 23%
9 Qatar 77.8 24%
10 Romania 73.6 9.7%

 

Le rapport indique une augmentation remarquable de l’Indonésie avec 495% d’augmentation  et du Kenya avec 450% d’augmentation. Et bien évidement la Libye ferme ce classement mondial

Taux d’adoption du haut débit

Les vitesses de connexion moyenne supérieures à  4 Mbits/s ont augmenté de 17%. Cela correspond à 69% des connections mondiales.  Il s’agit de 97% des connexions en Corée du Sud, 96% au Pays-Bas, et 96% à Malte.

Quand on monte le seuil à 10 Mbits/s,  ça nous donne 32% du trafic mondial avec une augmentation de 34% par rapport à 2014. Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 81% des connexions,  les Pays-Bas 64% et le Japon 63%

Pour un seuil de 15 Mbits/s, au niveau mondial, nous avons un trafic de 19% soit une augmentation de 54%  par rapport à 2014.  Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 63% des connexions,  la Norvège 45% et la Suède 42%.

Pour un seuil de 25 Mbits/s, au niveau mondial nous avons un trafic de 7.1% soit une augmentation de 74%  par rapport à 2014.  Le trio de tête est composé de la Corée du Sud 37% des connexions, la Suède 23% et la Norvège 21%

L’adoption de l’IPv6

La Belgique est le pays avec le plus grand nombre de requêtes en IPv6 avec 37% de son trafic Internet. Suivent, la Suisse avec 21% de son trafic, la Grèce 20% de son trafic, le Portugal 20% et l’Allemagne 19%. Une adoption  très forte en Europe au vu de ce classement.

La connectivité mobile

Les sources de données proviennent des connections Internet de smartphones, tablettes ou ordinateurs portables à partir des fournisseurs des réseaux mobiles. Et aussi des tendances du trafic fournies par Ericsson

Par région, nous avons les vitesses de connexion moyennes par mobile suivantes :

  • Afrique : Kenya, 5.0 Mbps
  • Asie Pacifique : South Korea, 11.8 Mbps
  • Europe: United Kingdom, 26.8 Mbps
  • Amérique du Nord: Canada, 7.6 Mbps
  • Amérique du Sud: Paraguay, 5.7 Mbps

Le graphique ci-dessous présente l’évolution du trafic voix et Data compilé par Ericsson depuis 2010. Pas besoin de commenter pour constater que le trafic data a explosé et surclasse largement le trafic Voix

 

 

Qu’en est-il en Afrique ?

J’ai compilé dans le tableau ci-dessous pour une vingtaine de pays africains, la vitesse moyenne de connexion, le Peak moyen, les pourcentages haut débit 4 Mbits, 10 Mbits, et 15 Mbits et pour finir le nombre d’adresses IP enregistrés sur le réseau de AKAMAI

 

Country average connection speed.kbps Average-peak-connection-speed.kbps 4-mbps-Percentage 10-mbps-Percentage 15-mbps-

Percentage

IPAddresses
Afrique du Sud 4077 21472 27.18 3.75 1.9 5023048
Algérie 2062 19499 2.03 0.05 0.02 1950317
Angola 2113 21519 10.01 0.49 0.12 217153
Cameroun 1701 14490 7.12 1.08 0.5 33457
Congo Brazzaville 2040 11659 5.15 0.02 0.01 31724
Côte d’Ivoire 2135 10840 1.96 0.04 0.01 185407
Egypte 1699 15837 1.66 0.08 0.03 4338680
Ethiopie 2181 25961 9.9 0.53 0.16 5796
Gabon 1665 11149 3.05 0.17 0.06 26673
Ghana 1803 9015 2.69 0.17 0.05 359752
Guinée Equatoriale 1274 9341 4.21 0.37 0.11 1900
Kenya 5015 32163 60.92 3.77 0.84 2368112
Lybie 662 7823 0.98 0.26 0.09 119783
Maroc 3654 23208 23.72 0.51 0.1 1973202
Mauritanie 1211 10060 1.36 0.14 0.1 11298
Mozambique 2106 17871 9.43 1.23 0.56 51927
Namibie 2046 12890 6.73 0.61 0.12 218526
Nigeria 2693 22551 13.59 0.64 0.24 194759
Republique Démocratique Congo 1042 9753 4.48 0.51 0.07 4355
Senegal 1775 12983 1.95 0.09 0.05 95459
Soudan 1197 8022 0.14 0 0 798135
Sud Soudan 2031 18265 8.15 2.19 0.7 1141
Tanzanie 2232 11149 3.37 0.17 0.04 456455
Tchad 1162 6225 7.28 0.09 0 1099
Tunisie 3116 31028 10.63 0.4 0.16 2116158
Zimbabwe 4032 25023 39.39 5.12 1.29 35339

 

Je dois avouer que le Kenya m’impressionne, c’est surement l’un des pays africains dans lequel le développement numérique est le plus en marche.

Le graphique ci-dessous compare la progression du Kenya avec d’autres pays africains. C’est l’exemple à suivre. Je vais dans les prochaines semaines essayer de comprendre les recettes   appliquées au Kenya

averga connection comppared

La connectivité mobile

Pour la connectivité mobile, quelques chiffres dans le tableau ci-dessous

Pays Moyenne vitesse connectivité Moyenne des Peaks % connectivité  > 4 Mbits/s
Angola 2.9 58.6 7.3%
Egypt 3.8 22.7 32%
Kenya 5.0 31.5 60%
Morocco 3.1 24.6 15%
Namibia 2.2 20.8 4.9%
South Africa 3.9 30.2 33%
Tunisia 3.3 34.5 16%

 

Sources :

https://www.stateoftheinternet.com

https://www.akamai.com/us/en/our-thinking/state-of-the-internet-report/

African Undersea Cables

740px-Cable_map18.svg

Dear All,

Submarine Cables carry more than 80% of all overseas voice, fax and Internet communications. About 99% of all transoceanic Internet data is sent via undersea cables. They offer better efficiency, reliability and security than satellites. They are one the key factor for the development of the INTERNET. Although the cables are currently expanding in Africa, but there are  lot of work to do.

In this post I will share with you an overview of the current African Undersea Cables done  by  Steve Song on his blog. He was updated in August 2015. Please follow the link below  :

African Undersee cables

In the worldwide level you have the map of provided by TeleGeography that is a telecommunications market research and consulting firm. They conduct in-depth research, compile large data sets, and present this information clearly in online reports and databases that is available on this link

TeleGeography website

The map of the cables is available on

Submarine cable map

Have a good read

Sources

http://submarine-cable-map-2015.telegeography.com/

African Undersea Cables

http://mentalfloss.com/article/60150/10-facts-about-internets-undersea-cables

https://itunews.itu.int/En/511-Africa%C2%92s-new-submarine-cables.note.aspx

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