Journal d’un monde plein de préjugés : pourquoi je ne mets plus de costume cravate pour aller faire mes courses

Ce post a été écrit en Janvier 2017, j’avais fait le choix de ne pas parler technologie pour débuter 2017, mais des préjugés auxquels nous faisons souvent face, dans nos vies courantes, par rapport à notre race, notre nationalité, notre sexe, notre orientation sexuelle, notre religion, etc. Ce récit se fera à travers quelques péripéties de ma vie.


Il y a quelques années, j’écoutais sur l’une des principales chaines de télévision publiques française un débat sur les préjugés raciaux, j’écoutais un jeune cadre noir qui indiquait qu’il était allé une fois à un entretien de recrutement dans une entreprise du CAC 40, à son siège à La Défense-Paris, et il avait été pris pour l’agent de sécurité de remplacement qui avait été envoyé pour palier à une absence de dernière minute. Il racontait qu’il avait mis ce jour-là son plus beau costume qui lui avait coûté quelques centaines d’euros. Mal lui en a pris, cela n’avait pas empêché d’être pris pour l’agent de sécurité. Il ajouta ensuite que cela ne signifiait nullement qu’un agent de sécurité était incapable de s’acheter un costume à plusieurs centaines d’euros, mais qu’il appréhendait mal que celui-ci mette son costume le plus onéreux pour aller faire son service. Ce soir-là, j’en rigolais et j’ignorais que mon tour viendrait bientôt.

Je travaille dans un environnement, qui exige de nous un certain standard dans la tenue de travail, ce que certains qualifient de « Business formal ». Aussi ai-je pris l’habitude de me rendre à travail en costume de ville comme de millions de personnes.

L’agent de sécurité

Un soir, à la sortie du travail, je partis faire des courses dans un magasin de sports bien connu et bien implanté à l’international, quand subitement je fus abordé par un couple qui m’interpella et me demanda s’il pouvait emprunter exceptionnellement un passage interdit pour sortir du magasin, car, expliqua ce couple, n’ayant fait aucun achat, il ne voyait pas l’intérêt de sortir par le passage des caisses. Tout de même surpris par cette interpellation, je répondis tout gentiment que j’étais un client comme eux, et que je n’en savais pas grand-chose. Au regard tout contrarié du couple, je compris que celui-ci m’avait pris pour l’agent de sécurité du magasin. Le couple s’excusa à plusieurs reprises pour cette méprise et je leur souhaitai une bonne fin de journée. Cet épisode me fit bien rigoler, je suis rentré à la maison et je le racontai ensuite à mes proches et collègues. D’autres le prirent avec humour, certains goutèrent très peu à cette plaisanterie. Mes collègues poursuivirent leur plaisanterie en disant qu’avec mon allure sportive, et ma tête tondue, habillé en costume et cravate je pouvais passer aisément pour un agent de sécurité.

Le vendeur

Quelques semaines plus tard, je me rendis encore une fois, en fin de journée, à la sortie du boulot, cette fois dans un magasin d’électronique. Je me fis interpeller par un monsieur qui me posa la question de savoir où se trouvait le rayon des jeux électroniques, je répondis que j’étais un client pas très régulier de ce magasin et que je ne connaissais pas bien la disposition des rayons. Le monsieur s’excusa, et au vu de son trouble, je compris qu’il m’avait pris pour l’un des vendeurs.

Face à ces deux évènements qui au départ me semblait fortuits, je me suis posé la question de savoir, pourquoi avais-je été pris pour un agent de sécurité dans un premier temps et dans un second temps pour le vendeur du magasin ?

Je fis ensuite un lien avec la tenue que je portais ces soir-là, j’étais en costume-cravate, et soudain l’histoire de ce cadre noir à la télévision me revint en mémoire et je me dis, moi aussi je venais d’expérimenter des préjugés raciaux qui sont faits aux hommes noirs ou encore aux « blacks », expression utilisé pour désigner les noirs et sensée pour certains être à la mode et plus accommodant que « noir ».

Aussitôt je pris la décision que s’il m’arrivait d’aller faire des courses après le travail, je devrais retirer ma veste, ainsi que ma cravate, hiver comme été.

L’homme de ménage

L’histoire aurait pu s’arrêter là, sauf que quelques mois plus tard, je vécus une expérience similaire. Je venais d’aménager dans un nouvel immeuble, quand armé d’un sceau d’eau, d’un balai, d’une raclette, je pris l’ascenseur avec tout mon attirail pour aller nettoyer mon garage au sous-sol. Une voisine qui se joignit à moi dans un pallier, me dis bonjour avec un très large sourire, ce à quoi je répondis également avec un large sourire, en me disant que j’avais des voisins très sympathiques.

Aussitôt passés ces échanges d’amabilités, que la voisine me demanda, si j’étais la nouvelle personne qui faisait le ménage dans l’immeuble. Choqué, je luis répondis, que j’étais son voisin et que j’étais non seulement propriétaire de mon appartement et qu’en plus je possédais l’appartement le plus grand de son immeuble. Avec un peu de recul, je me culpabilisai, en me disant que je n’avais rien fait pour éviter pareil confusion, j’étais habillé d’une salopette jean, j’avais mon sceau d’eau, mon balai et ma raclette, tout ce qu’il fallait pour faire la parfait homme de ménage de mon immeuble J.

Le match de rugby

Quelques années plus tard, je fus invité à un match de l’équipe de Rugby de ma ville. En tant qu’invité VIP, j’étais également invité au déjeuner traditionnel qui précède le match, déjeuner auquel participent, les sponsors et leurs invités, les joueurs, et les invités du club. Le match en lui-même commençait à 16h, cependant nous étions invités à 13 heures pour le déjeuner. Conformément aux indications de mon billet d’invitation je me rendis donc au déjeuner. Celui-ci avait lieu sous un magnifique chapiteau et on y accédait par une entrée prévue à cet effet. Arrivée à cette entrée, je n’eus même pas le temps de montrer mon billet d’invitation, que l’hôtesse à l’entrée me dit que si je venais pour le match, je mettais trompé d’accès et que ces accès n’étaient pas encore ouverts et ouvriraient une heure plus tard et que si je venais pour le service, je m’étais également trompé, car je n’étais pas à l’entrée de service. Cette hôtesse ne vu en moi que ces deux options possibles, furieux, je lui dis que j’étais invité au déjeuner et je lui brandis mon billet d’invitation. Toute confuse, elle s’excusa et se proposa de m’accompagner jusqu’au chapiteau où avait lieu le déjeuner. Je répondis fermement que je saurais retrouver mon chemin. Cet accueil « bien chaleureux », ne m’a pas empêché d’apprécier le délicieux déjeuner préparer par nos hôtes et ensuite le beau spectacle produit par l’équipe de rugby locale qui remporta son match.

La belle allemande

L’histoire qui suit aurait pu arriver à tout le monde et n’a rien à voir avec ma couleur de peau ou ma race. Après quelques années de bons et loyaux services, je cherchais à remplacer ma voiture, et comme beaucoup de personnes de ma tranche d’âge, j’étais attiré par les allemandes qui exprime une forme de réussite. Ayant vu une annonce d’un concessionnaire sur Internet d’une belle allemande, qui était en vente, je me rendis chez celui-ci un samedi matin, habillé de manière très décontractée, un pantalon jean, une chemise jean et des baskets aux pieds.

La belle était garée bien en vue sur le parking du concessionnaire. Un vendeur m’accueillit en me demanda, s’il pouvait m’aider. Je lui dis que je venais pour l’annonce concernant une allemande Je lui parlais de l’annonce, et il me posa la question de quelle allemande il s’agissait. Je la lui montrai sur le parking, le vendeur me regarda d’un air étonné et me posa la question de savoir quel était mon budget ? Ce à quoi, je répondis que l’annonce était suffisamment précise sur Internet sur le prix et que si j’avais fait le déplacement, c’était en connaissance de cause. Pas convaincu et avec un enthousiasme minimal, il me conduisit à la voiture, me le présenta en faisant le service minimum. Je ne m’attardai pas et je rentrai chez-moi en me disant que tant pis pour ce vendeur et qu’un autre vendeur saurait mériter mon argent.

Le chauffeur de corbillard

S’il y a une rue que j’aime bien à Paris, c’est la rue de Turenne, pas parce que c’est la plus belle, mais c’est la rue où sont installés de dizaines de grossistes de vêtements masculins. Beaucoup de marques connues y sont présentes, les boutiques sont sommaires, en y allant il ne faut pas s’attendre au niveau de service d’un Printemps ou des Galléries Lafayette.

A chaque fois que j’en ai l’opportunité, je n’hésite pas y aller comme ce vendredi après-midi, sur le chemin de retour pour la gare de Paris, après trois jours de séminaire dans un hôtel organisé par un cabinet de consulting bien connu, le sujet du séminaire portait sur les technologies du futur.

Cette fois, mon choix s’est porté sur une boutique de costumes où je fus accueilli par une vendeuse très avenante qui par son sourire me mis tout de suite à l’aise. Cet après-midi-là, il n’y avait pas d’autres clients que moi et la vendeuse était également toute seule. Les conversations qui s’en suivirent, suggéraient que celle-ci devait en être la gérante. La conversation s’engagea très facilement, elle m’aida à faire le choix de trois costumes. Au moment de se quitter, elle me demanda dans quel domaine je travaillais et quel métier je faisais. Un peu intrigué par la question, je lui répondis que nous allions jouer aux devinettes et que j’attendais sa première suggestion. Chauffeur me dit-elle, avec un sourire qui semblait dire, « tu vois, au premier coup j’ai gagné ». Pour ne pas gâcher son triomphe, je confirmai qu’effectivement j’étais chauffeur mais dans une Pompes funèbres et que j’étais chauffeur de corbillard. Là elle comprit que je me payais sa tête, elle s’excusa et voulut que je lui donne une seconde chance, je lui dis au revoir et je m’en allais fier de moi et de cette repartie.

Des préjugés sans frontières même entre « Blacks »

Au cours d’un séjour dans la capitale du jeu de l’Ouest américain, qu’est Las Vegas, je me rendis une nuit dans un supermarché pour faire quelques emplettes, là-bas les magasins sont ouverts 24h/24 ; Comme j’avais pris l’habitude en France, je me rendis dans ce supermarché avec mon sac dos, je ne pris pas de chariot. Je commençais à mettre des bouteilles d’eau et de sodas dans mon sac à dos quand surgit un agent de sécurité, un noir, un « black balèze » comme on aurait dit en France, qui s’écria en disant, vous ne pouvez pas les mettre dans votre sac, sans les payer. Ce à quoi je répondis que, bien sûr que j’étais au courant qu’il fallait payer et qu’il pouvait être rassuré que je les payerai. Je continuais mes courses comme si de rien n’était, et je continuais à mettre des articles dans mon sac à dos. Je voyais l’ombre de cet argent de sécurité me suivre le long des rayons.

Quand j’eu fini, je me dirigeais vers les caisses avec mon ange gardien qui me suivait du regard à distance, prêt à déclencher l’alarme au cas où. Arrivé à la caisse, je vidai mon sac à dos de tous les articles, ensuite je sortis une liasse de dollars pour les payer et en fin je les remis dans mon sac. Je sentis le regard de cet agent de sécurité au loin toujours pas tout à fait rassuré, me suivre jusqu’à la sortie du magasin.

L’abris de bus dans un îlot africain en plein cœur de la région parisienne

Moi également, je ne saurais dire que je suis sans reproches, je ne suis pas blanc comme neige, des préjugés j’en ai parfois également. C’est l’histoire qui suit qui vous l’illustrera.

Une connaissance que j’aime bien, m’avait envoyé un colis depuis le Burkina Faso, je devais aller retirer ce colis dans une ville de la région parisienne que je tairai le nom ici.

Je pris le train régional, bien connu sous le nom de TER pour arriver dans cette ville. Dès la sortie de la gare, je tombais sur un affrontement entre des forces de l’ordre et des jeunes de la ville, je continuai mon chemin très vite et je me rendis à l’arrêt du bus qui devais me mener au lieu où je devais retirer mon colis.

Le bus arriva, et j’entrai dans celui-ci. J’allai vers le chauffeur du bus pour payer mon ticket de bus comme cela devait se faire. Le chauffeur de bus me dit qu’après 18h, il ne prenait plus d’espèces. Je lui expliquai que j’étais de passage dans la ville, et que je n’avais aucun titre de transport local, il me rassura en me disant que je pouvais monter dans le bus. Poursuivant la conversation, je lui dis que je devais descendre à l’arrêt dont je lui communiquai le nom, celui-ci me répondit qu’après 18h, il n’allait plus jusqu’à cet arrêt et que son terminus en soirée était à un arrêt avant et que j’allais devoir continuer à pied.

Tout au long du trajet, je remarquais que toutes les personnes qui entraient dans ce bus, ne payaient pas le bus et n’avaient aucun titre de transport. Toutes ces personnes étaient d’origine d’Afrique, du nord ou du sud. A un moment donné je me suis posé la question de savoir si je n’avais pas fait le voyage pour un îlot de l’Afrique qui par quel miracle s’était retrouvé là.

Je finis mon trajet à pied, je récupérai mon paquet et je refis le trajet inverse avec mon paquet dans les bras, tout heureux. Arrivé à l’arrêt bus où j’étais descendu à l’aller, je vis un jeune noir qui était assis sous l’abri bus, quand celui-ci me vit arriver il se leva et se mis de l’autre côté de l’abris du bus. Moi également, pas tout à fait rassuré, je me tenais de l’autre côté de l’abri. Nous étions là tous les deux de part et d’autre de cet abri bus, lui à gauche et moi à droite. Je me dis à cet instant-là que s’il se mettait à pleuvoir, allions-nous réussir à surmonter la peur de l’un et de l’autre, pour nous abriter tous les deux et partager le toit de cet abris bus perdu au milieu de nulle part.

La même considération pour son compatriote

Les préjugés sont également sur le lieu du travail. Il y a quelques années dans mon pays natal, je travaillais pour une multinationale et il m’arrivait très souvent d’aller en mission dans une de nos filiales. Un chauffeur était mis à ma disposition, celui-ci était d’une exemplarité sans faille, toujours ponctuelle, jusqu’au jour qu’il apprit que j’étais son concitoyen. Dès lors tout changea, nos rapports changèrent, la gentillesse et la politesse qu’il avait à mon égard prirent un coup, la ponctualité devint occasionnelle. Je retenu cette leçon, aussi lorsque je revins dans mon pays natal quelques années plus tard en mission pour le compte de mon nouvel employeur, les officiels chargés de nous accueillir et de nous encadrer durant le séjour me prirent pour un africain de l’Ouest et nous échangeâmes en anglais durant tout le séjour. Je ne les contredis pas et mon séjour se passa merveilleusement bien.

En conlusion

Les préjugés par rapport à l’autre ont toujours été omniprésentes en tout temps et en tout lieu. Parfois nous n’hésitons pas à coller une étiquette à un individu, dès lors qu’il est originaire du village qui est voisin du notre de juste quelques hectomètres, dès lors qu’il a la couleur des cheveux différents des nôtres, dès lors qu’il ne parle pas la même langue que nous, dès lors qu’il a une religion différente de la nôtre, dès lors qu’il a une orientation sexuelle différente de la nôtre, ….

Nous sommes tous différents, enrichissons-nous en apprenons de l’autre.

Ces quelques histoires racontées ici ne sont pas le reflet de toutes les personnes que j’ai eu le plaisir de rencontrer, la majorité de celles-ci m’ont considérées à ma juste valeur.

LES CLES DU DECOLLAGE NUMERIQUE DU KENYA : PARTIE II

La politique Gouvernementale en matière de ICT

Le cadre Législatif

Les technologies de l’information et de la communication relèvent de plusieurs textes législatifs, dont le « Kenya Communications Act (KCA) » de 1998 qui a été amendé en 2013 sous la nouvelle formulation de « Kenya Information and Communications Act » . Nous avons également le « Science and Technology Act » de 1977, le » Broadcasting Corporation (KBC) Act » de 1988.

Tous les aspects réglementaires et de régulation sont sous l’égide de l’autorité de communication du Kenya (CAK).

Le marché des télécommunications a été libéralisé en 1999 avec la scission de l’ancien entreprise publique « Kenya Post and Telecommunications Corporation » en plusieurs entités dont « « Telekom kenya , la Poste, l’autorité de communication,.

Cette libéralisation a été un catalyseur du développement des Télécoms au Kenya

Kenya Vision 2030

Le président actuel du Kenya, Uhuru Kenyatta a qualifiée le Kenya de « Startup nation », invitant ainsi l’ensemble des institutions publiques, les partenaires privées, le monde universitaire à favoriser cet élan.

L’ICT est vue comme un élément essentiel pour améliorer la vie des citoyens kenyans.

Il s’agit par exemple pour toutes les institutions publiques de donner la priorité aux solutions ICT développées en locale au lieu de dépenser des millions de dollars à importer des solutions équivalentes.

L’entreprenariat est vivement encouragé, des politiques publiques sont mises en place pour le favoriser. Les pouvoirs publics et les partenaires privés sont invités à supporter cette politique.

L’Etat favorise les créations d’incubateurs et accélérateurs de startups. Elle finance certains de ces incubateurs Elle a mis en place des règles de marché public en vue de favoriser les entrepreneurs locaux.

Kenya Vision 2030 est un plan de développement adopté par le Kenya, le 10 juin 2008. Il couvre la période 2008 à 2030 à travers 5 plans quinquennaux.

L’innovation, la technologie et la science font parties des 10 secteurs qui sont visés par ce plan de développement.

Dans le cadre du programme Presidential Digital Talent Program (PDTP), le gouvernement est en train de recruter 400 talents pour renforcer la capacité en matière de ICT de l’Etat Kenyan sous la responsabilité du ministère Kenyan pour les technologies et de la Communication

Le Ministère Kenya pour les technologies de l’Information et de la Communication

Le Ministère de l’information, des communications et de la technologie (TIC) est en charge de la formulation, l’administration, la gestion et le développement de l’information, la politique de radiodiffusion et de la communication.

Il a en charge la politique de communication gouvernementale, les services de radiodiffusions, la télévision, la poste, les technologies de l’informatique et l’innovation.

Le ministère Kenyan de l’ICT a un budget de 101 millions d’euros pour l’année budgétaire en cours.

Un plan directeur pour le développement de l’ICT a été établi en 2014 pour la période allant de 2014 à 2018. Ce plan est aligné sur le plan de développement Kenya Vision 2030.

Les objectifs pour ce plan sont les suivants :

  • 8% de contribution des secteurs de l’ICT au PIB
  • 180 000 créations d’emplois directs
  • La reconnaissance du Kenya comme un hub régional ICT
  • Le renforcement des services e-gouv, avec 50% de Kenyans adultes accédant aux services et donc un meilleur rang dans le classement des pays utilisant des services e-gouv
  • L’implémentation d’au moins 55 compagnies ICT dont deux ayant au moins une base clientèle de 2 millions

Les acteurs de la mise en œuvre de cette politique

L’Autorité de Communication du Kenya : CAK

C’est l’Autorité de régulation du secteur des communications au Kenya. Il a été établi en 1999 à la suite du Kenya Communications Act (KCA) de 1998.

Il a la responsabilité de la radio et télé diffusion, le multimédia, la poste, le commerce électronique, et les télécommunications

Comme tout régulateur ses attributions sont entre autres :

  • L’octroi des licences
  • La gestion des spectres de fréquence
  • La gestion de la numérotation
  • La protection des droits des consommateurs
  • La réglementation des tarifs
  • La surveillance des activités des titulaires de licence
  • La gestion de la concurrence saine entre les différents acteurs

Cette Autorité a à sa tête un conseil d’administration qui surveille l’ensemble de ses activités. Ce conseil d’administration est composé de 12 membres, des professionnels de l’ICT, des représentants des gouvernements, des investisseurs du domaine des Télécommunication

Les membres du conseil d’administration sont désignés pour une période de 3 ans ainsi que le Directeur Général de cette Autorité.

Il est intéressant de relever la charte de service établi par cette Autorité et disponible sur son site web qui permet de nous donner quelques indicateurs sur la qualité de service. Quelques exemples :

  • 135 jours pour obtenir une nouvelle licence dans les télécommunications
  • 60 jours pour obtenir une nouvelle licence dans la radio et télé diffusion
  • 18 jours pour assigner une nouvelle fréquence
  • 60 jours pour le renouvellement d’une fréquence
  • 40 jours pour résoudre un différend entre deux concurrents
  • 40 jours pour approuver de nouveaux tarifs si ceux-ci sont règlementés
  • 30 jours pour traiter une plainte d’un consommateur

L’Autorité gouvernementale des technologies de l’information et de la communication : ICTA

C’est une agence qui est sous la tutelle du Ministère Kenyan des technologies de l’information et de la communication.

C’est le résultat d’une consolidation de 03 agences gouvernementales, effectuée en Août 2013 :

  • L’Information and Communication Technology Board of Kenya (ICT Board)
  • L’e-Government Directorate
  • Le Government Information and Technology Services (GITS)

Pour le compte du gouvernement Kenyan, elle a la charge de définir, et implémenter la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’ICT. Elle définit les normes et standards qui sont appliqués à l’ensemble des administrations, ceci afin d’éviter les incohérences entre les administrations qui avant la mise en place de cette Autorité définissaient chacune leurs standards.

Cette autorité pour le compte du gouvernement gère l’ensemble des ressources humaines en matière de ICT et également les services partagés tel que :

  • Le système de communication unifié gouvernemental (email, fax, video, ) qui aujourd’hui qui héberge 15 000 adresse emails de diverses administrations : la police, la santé, l’éducation nationale, les finances, …Le but à terme est de pouvoir héberger 50 000 fonctionnaires.
  • Le Datacenter gouvernemental qui héberge l’ensemble des services partagés et également le backbonne réseau qui relie l’ensemble des ministères et les principales agences gouvernementales à ce Datacenter.

Elle est le leader de la transformation et de l’innovation pour le compte du gouvernement. Elle finance pour le compte du gouvernement de nombreuses startups. Elle ne le fait pas directement, elle le fait à travers des initiatives privées d’incubateurs et d’accélérateurs de startups.

C’est l’interlocuteur pour tout ce qui est cybersécurité pour le compte du gouvernement.

Elle est le principal promoteur des services e-gouv. Elle supervise la mise en place des solutions ICT dans les administrations et la mise en place du backbonne nationale fibre optique : NOFBI que nous présenterons dans la suite du post.

Elle joue aussi un rôle de vulgarisation avec la formation du personnel de l’Etat aux nouvelles technologies.

C’est l’interlocuteur des bailleurs de fond comme la banque mondiale ou l’UNESCO pour les projets dans le domaine de l’ICT. L’autorité a par exemple exécuté le projet «Wezesha Laptop  », qui a consisté à distribuer près de 15 000 laptops financés par la banque mondiale aux étudiants des universités publiques et privées kenyanes.

Pour le compte du monde universitaire c’est aussi le promoteur de réseau KENET (Kenya Education Network), qui a pour but de mettre en place une passerelle pour le monde universitaire vers les ressources scientifiques, des systèmes de e-learning, des solutions de vidéoconférences

Les Universités et la formation aux ICT

Nous avons 31 universités et instituts d’enseignements supérieurs publics et 36 universités et instituts supérieurs privées, reconnus par la Commission nationale Kenyane pour les Universités. C’est l”entité qui accrédite les universités.

Chaque année il y a plus de 200 000 jeunes kenyans qui s’inscrivent à l’université, 50 000 qui en sortent diplômés, donc environ 9 600 dans les formations relatives aux ICT.

La majorité de ces Universités proposent des cursus de formation en ICT. Les plus réputées sont :

  • Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT)
  • Strathmore University
  • KCA University
  • University of Nairobi
  • Maseno University
  • Kenyatta University
  • Egerton University
  • Moi University

La présence des Géants du HiTech

Nairobi est devenu le hub pour l’Afrique de l’Est ou voir même pour l’Afrique de certaines multinationales de l’ICT : Google, Visa, Cisco, Huawei, Asus, LG Nokia, Motorola, Sony, Kaspersky Lab, Blackberry

Une association des fournisseurs de services INTERNET très active

Les fournisseurs d’accès aux services Internet et technologiques ont créé une association TESPOK pour « Technology Service Providers of Kenya »

C’est une association à but non lucratif créée dès 1999. Cette association a pour but d’être leur voix, et d’influencer les différentes politiques de développement numérique, les différentes régulations. Ils défendent les intérêts des fournisseurs de service.

Cette association a une voix qui porte et fait du lobbying tout azimut. Quelques réalisations de cette association :

  • La dérégulation des services VSAT et VoIP
  • La mise en place d’un point exchange Internet KIXP
  • La contribution active dans la définition des différentes stratégies ou politiques gouvernementales en matière d’ICT

Des accélérateurs et incubateurs de Startups

Il existe de nombreux incubateurs de startup au Kenya qui favorisent leur développement, en les aidant à survivre et à se développer. Ils fournissent un éventail de ressources tels que les espaces de bureau, le capital, le coaching, les moyens de communications.

Sans contrepartie, ils accompagnent des jeunes entreprises ou des entreprises en création à se développer en leur offrant des ressources et des services qui permettent à ceux-ci d’affiner leurs idées ou à développer un modèle commercial de ces idées.

Dans le cas de l’accélérateur Nailab, l’accompagnement dure 6 mois repartis en deux phases :

  • Une première phase de 03 mois qui consiste à développer le modèle commercial
  • Une seconde phase de 03 mois qui consiste à s’appuyer sur un relai déjà en place sur le marché et à tester le produit sur le marché.

Voyons plus en détail le fonctionnement de l’un des incubateurs iHUB.

iHub

Il a été fondé en Juin 2010 par Erik Hersman, un blogueur et commentateur qui s’est spécialisé dans l’impact et l’application de la technologie à travers l’Afrique.

C’est un Hub pour l’innovation qui propose des locaux et un espace virtuel de collaboration, qui permet de connecter sans aucune barrière, les investisseurs, les startups, les inventeurs. Tout l’écosystème permettant un développement de startup est présent sur ce hub.

Ce Hub organise de nombreux évènements pour dynamiser le secteur du numérique, des concours de meilleurs startups, des concours de développeurs, d’innovation, etc..

Il existe trois types de membres pour cette communauté :

White membership :

Pour ceux qui ne peuvent pas être physiquement présent sur le HUB et qui souhaitent faire partie du Hub virtuellement. Ils ont un accès gratuit une fois par semaine dans les locaux du Hub pour les résidents de Nairobi et toute la semaine pour les non-résidents, au-delà, il faut s’acquitter d’un montant. Ce statut de membre est gratuit

Green Membership :

Ce statut est destiné à ceux qui souhaitent utiliser le Hub comme bureau permanent pour développer leurs projets. De nombreux services (Serveurs, bureaux, communications, publicités), leurs sont proposés dans leur accompagnement.

Ce statut n’est jamais définitif, il est valable 6 mois et à la fin des 6 mois on revient au statut de white membership et il faut à nouveau candidater. L’octroi de statut est aussi en fonction du nombre de places disponible sur le hub (80 places)

Red membership

Ce statut est destiné à ceux qui ont déjà un produit viable déjà sur le marché et qui est prêt à croître. Ceux-ci sont déjà à la recherche de s’établir de manière permanente dans d’autres leurs propres locaux et de faire grandir leurs équipes. Il y a 15 places disponibles. Ceux qui sont Green ou White peuvent candidater au statut de red suivant les disponibilités. Des avantages additionnels pour ce statut comme un secrèterait, de l’hébergement de serveurs propres

D’autres incubateurs

M :lab East Africa qui est un consortium de 4 organisations l’Université de Naïrobi, iHub, WWW Foundation et eMobilis. Cet incubateur s’est spécialisé dans les solutions innovantes et à forte valeur ajoutée dans le mobile.

Le Chandaria Incubation and Innovation Center, Kenya Industrial Research and Development Institute (KIRDI), EPZ Business Incubator, Seven Seas Technologies Innovation Labs and Biz Africa.

Des centaines de startup

Il existe de centaines de startups, de dizaines naissent chaque mois. Beaucoup de startups proposent des solutions proches des réalités quotidiennes des Kenya notamment dans le domaine de l’agriculture.

Exemple de M_Farm qui est une application SMS mobile qui permet de connecter les fermiers avec les acheteurs. Ces fermiers ont accès en temps réel au cours du bétail ou des produits agricoles et peuvent donc négocier en toute sérénité le prix de leur produit

D’autres startups dans le domaine de l’agriculture, iCow, SokoText,

Ma3Route pour le transport urbain dans Nairobi, Purpink Gifts pour l’achat et l’envoi des cadeaux en ligne, Eat Out Keny pour la réservation en ligne des restaurants.

Il existe un site Internet qui répertorie les startups http://startupkenya.org/map/


 

Source :

Comment est bloqué ou filtré Internet dans certains pays et quels moyens de contournement ?

Si Internet est souvent présenté comme virtuel, l’infrastructure par laquelle transitent les données est bien réelle. Internet est composé de dizaines de millions de serveurs, des milliers de Petabytes de données, de millions de réseaux interconnectés, de milliers de fibres optiques, tirées sur terre et dans les mers, et connectées les unes aux autres. Il est même qualifié par certains de 5ème pouvoir après ceux de l’exécutif, du législatif, du judiciaire et des médias. Ce pouvoir présente de très nombreux avantages à la portée de quiconque ayant accès à Internet. Son pouvoir et son influence sont illimités et dépassent toute frontière. Il a la capacité d’amplifier et d’accélérer la création et la propagation des crises. Il peut servir à influencer voir manipuler l’opinion public.

Le contrôle d’Internet est donc stratégique pour les Pouvoirs Publics. Ceux-ci lors d’élections ou lors d’évènements qui peuvent porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public des Etats, n’hésitent pas souvent à imposer un blackout total ou partiel d’Internet.

Quand il est partiel, ce blackout vise essentiellement certains médias sociaux tels que WhatsApp, Viber, Facebok, Twitter, Skype, etc..

L’initiative « Access Now », dont le but est de défendre l’accès sécurisé à tous à Internet, a relevé en 2015, 15 interruptions totales ou partielles d’internet à l’initiative des pouvoirs publics dans le monde. Il s’agit de : RD Congo, Niger, Togo, Yémen, Algérie, Irak, Turquie, RD Corée, Brésil, Congo-Brazzaville, Inde, Equateur, Malaisie, Burundi, Nauru.

Depuis le début de l’année 2016, ils ont enregistré ce type de pratique dans les pays suivants : Malaisie, Tchad, Ouganda, Inde, Syrie, Ethiopie, Pakistan, Brésil, Irak, RD Corée, Vietnam, Algérie, Inde, Bahreïn, Turquie, Mali, Zambie, et Gabon

Les raisons avancées sont souvent les mêmes, pour les élections par exemple, c’est pour éviter la publication illégale des résultats. Ils veulent avoir la maitrise des résultats et la proclamation de ceux-ci et éviter des fuites ou des proclamations anticipées.

Les raisons peuvent être aussi sociales, dans le cas de l’Ethiopie, l’accès aux réseaux sociaux a été interrompu pour éviter des fuites et la propagation des épreuves d’examens à travers les réseaux sociaux. En Inde, Internet a été coupé en 2015 dans certains districts du Cachemire à l’issue des violences entre les populations et les forces de l’ordre. Il s’agissait d’éviter la propagation de rumeurs ou d’informations qui aurait pu accroître les tensions entre les populations et les forces de l’ordre.

Pour se protéger contre l’invasion de l’ISIS, l’Irak a du bloquer Internet dans certaines parties de son territoire pour ne pas fournir à ISIS un canal de communications.

Nous pouvons aussi avoir des raisons économiques, certains opérateurs de télécommunication qui n’ont pas vu venir l’explosion des médias sociaux et des logiciels VoIP, peuvent être tentés de faire bloquer ces applications afin de maintenir leur revenue financier.

A côté de ces blocages d’Internet, il existe également une forme de filtrage institutionnelle d’Internet dans certains pays. L’exemple de l’Arabie-Saoudite où tous les contenus pornographiques sont bloqués et vous avez une notification explicite quand vous essayez d’accéder à ce type de site. Dans d’autres pays ce n’est pas toujours le cas, le filtrage agit de manière silencieuse et vous avez un message du genre « Page non trouvée ».

Le filtrage du contenu Internet n’est pas l’apanage de certains pays, il existe également dans les pays dits développés qui font voter des lois pour bloquer par exemple des sites vantant l’apologie du terrorisme.

Pour plus d’informations, il existe une initiative OpenNet (http://opennet.net ) qui teste les accès Internet à partir des divers pays pour vérifier l’état de blocage d’Internet rend public les filtrages existants

Les environnements qui vont faciliter le blackout

Les environnements qui vont faciliter le blackout d’Internet sur décision des Pouvoirs Publics sont les suivants :

  • Un nombreux réduit de fournisseurs d’accès à INTERNET
  • Le contrôle par les pouvoirs publics des principales fibres optiques qui relient les principales villes et qui connectent le pays au réseau mondial.
  • Les Pouvoirs Publics actionnaire des fournisseurs d’accès à Internet
  • Très peu d’interconnexions avec les pays voisins

Comment les fournisseurs bloquent Internet?

Très souvent ça commence par une note des pouvoirs publics adressés à l’ensemble des fournisseurs d’accès Internet leur ordonnant la fermeture partielle ou totale d’Internet ou d’un service Internet.

Pour ce qui est du blackout partiel

Les fournisseurs d’accès à Internet font du monitoring du trafic Internet pour des raisons de facturation, de suivi de la qualité de service. Ceux-ci ont accès à l’ensemble des adresses IP de destination et même au contenu du trafic quand ceux-ci ne sont pas chiffrés.

Pour la plupart ils disposent des outils de sécurité de type UTM (Unified threat management) pour protéger leur réseau. Ces outils disposent de fonctionnalités de filtrage d’URL avec des Blacklists des noms de domaines ou IP interdits. Ces solutions ont la capacité à partir de l’entête de la requête de savoir quel type de contenu est demandé par l’utilisateur. Est-ce du contenu pour adulte, est-ce du réseau social, etc… Ils peuvent aussi bloquer les paquets sur la base de mots clés prédéfinis ou des ports IP définis utilisés par les services Internet qu’on souhaite bloquer

Pour ce qui est du blackout total

L’interconnexion des fournisseurs d’accès à Internet aux fournisseurs s’appuie sur des routeurs BGP.

Pour définir simplement un routeur, on peut dire que c’est un matériel ou un logiciel qui relie des réseaux et achemine les informations d’un émetteur X vers un destinataire Y selon une route préalablement définie, ou dynamiquement définie.

Le BGP quant à lui, (Border Gateway Protocol) est le protocole standard de l’Internet pour les interconnexions entre opérateurs.

Pour les opérateurs de télécommunication ou les fournisseurs d’accès à Internet,  interrompre Internet consiste à soit :

  • Cesser d’annoncer les adresses IP publics gérés par le fournisseur
  • Effacer les routes BGP des routeurs qui communiquent avec l’extérieur
  • Désactiver les interfaces de communication des routeurs qui se connectent au réseau mondial
  • Mettre en arrêt les serveurs DNS racines du pays.

Cas spécifique des pays d’Afrique

Pour la majorité des pays Africains, le développement des contenus locaux est encore embryonnaire, les infrastructures numériques sont très peu développées (Datacenters, de serveurs d’hébergement, des caches locaux, des DNS etc…. ). Du coup, pour accéder au contenu de l’internet se trouvant en Europe, Asie, Amérique ils doivent empreinte la seule ou dans le meilleur des cas les deux seules fibres sous-marine reliant le pays à l’Internet mondial. Dans ce cas, créer un blackout dans le pays ne demande aucune ingéniosité. Les pouvoirs publics coupent simplement l’alimentation dans la salle technique hébergeant l’arrivée de la fibre Internationale ou au mieux encore la débranche uniquement.

Quelles solutions de contournement en cas de Blackout d’Internet?

Il existe plusieurs solutions pour contourner le blocage d’Internet

Pour contourner le filtrage des URL ou le blocage de l’accès à certains sites web

Des tunnels VPN et des proxy

Aujourd’hui pas besoin d’un équipement ou d’un logiciel spécifique pour monter un VPN, il existe de nombreux services VPN qui sous forme d’extension s’installent directement sur le navigateur Internet et qui permettent de surfer anonymement sur Internet, de chiffrer le contenu du trafic Internet échangé, d’accéder sur des sites Internet interdits, de choisir sa localisation. Le réseau du fournisseur de service joue le rôle de proxy et se charge de relayer les requêtes.

Il y en a aujourd’hui des dizaines qui naissent chaque semaine, ce qui rend la taches des administrateurs sécurité encore plus compliquer pour les bloquer : Dot VPN, BrowSec, ZenMate, Hola Engine, Gom Web, TunnelBear. Certains sont gratuits, d’autres proposent des options payantes pour par exemple personnaliser sa localisation (geo-switching). Intéressant par exemple si on souhaite accéder à du contenu qui n’est accessible qu’à partir d’un pays, exemple très souvent des programmes TV qui pour des raisons de droits de diffusion sont restreints sur des zones géographiques.

Des dangers quand même à souligner dans l’utilisation de ce type de solution. Tout votre trafic étant déchiffré chez le fournisseur de solution, celui-ci a tout votre trafic en clair et peut donc s’il le souhaite revendre votre identité et vos données. C’est également une porte ouverte pour des attaques, pour des installations d’autres programmes malicieux. Il faut faire très attention lors du choix de son fournisseur de service et éviter les solutions gratuites, car comme vous le savez, il n’y a rien de gratuit ou encore « There Is No Free Lunch ». On dirait aussi, lorsque c’est gratuit pour vous, alors c’est vous la marchandise.

On peut également demander à un copain résident dans un autre pays de monter un serveur VPN sur lequel on va se connecter et ensuite de ce VPN accéder aux sites web souhaités

Les outils de Translation

On peut utiliser les outils de translation comme Google Translation. C’est le service de translation qui va servir de proxy pour vous et accéder au site web. Les sites web de translation ne sont pas très souvent bloqués.

Exemple de mon blog ci-dessous

Des liaisons satellitaires

Si on est prévoyant, on peut mettre en place une infrastructure de secours qui se connectera à Internet via satellite. Cela requiert un équipement spécial et coûteux. Il existe de nombreux fournisseurs d’accès à Internet via Satellite. Plusieurs entreprises offrent ce type de services, telles que HughesNet, Exede Internet, DishNet, GlobalTT, WafaNet.

Au Congo-Brazzaville un mois avant le referendum de Novembre 2015 et un mois avant les élections présidentiel de Mars 2016 beaucoup de personnes se sont muni des téléphones TURAYA (Téléphone Satellitaire). Avec ces téléphones ils pouvaient continuer à communiquer et donc pouvoir accéder a Internet lorsque le pays a connu ses blackouts.

 

 

 

Revenir au bon vieux modem

Via une ligne téléphonique, on peut encore appeler un numéro de téléphone et accéder à Internet via RTC.

Dans le cas de l’Egypte des activistes du FDN ont fait la collecte de vieux modems et mis en place des serveurs d’accès distants. Un message disponible sur leur blog :

« This way, anyone in Egypt who has access to a analog phone line and can call France is able to connect to the network using the following number: +33 1 72 89 01 50 (login: toto, password: toto) »

Attention à la facture téléphonique.

Utiliser le réseau privé de son entreprise

Si on fait parti des privilégiés qui travaillent pour des multinationales qui ont leur propre réseau privé, on peut s’appuyer sur celui-ci pour continuer à avoir accès à Internet

Une initiative citoyenne pour créer un réseau Wifi unique et ouvert

Chaque utilisateur va activer ses équipements réseaux et en faire des points d’accès Wifi et faire propager un réseau wifi unique et ouvert à tous. Facile à dire, l’Organisation ? Les DNS ?

Des services vocaux accessibles par téléphone

Exemple de l’Egypte pour lequel Google a mis en place un service baptisé : « Speak To Tweet » qui permet de “tweeter” par téléphone, remplaçant ainsi le passage par un ordinateur relié à internet. A l’aide d’un téléphone, en composant le +1 650 419 4196 ou le +39 06 62 20 72 94 ou le +97 316 199 855, on accède à une messagerie vocale. Après avoir laissé son message, celui ci est retranscrit sur Tweeter, précédé du #egypt et facilement identifiable.

Mais cette méthode est aussi facilement blocable par les pouvoirs publics. Il suffit que ces derniers demandent aux opérateurs de couper tout signal téléphonique.

En conclusion

La clé pour se prémunir d’un blackout d’Internet est évidement de se préparer et d’avoir des alternatives prêtes.

Il est également essentiel d’encourager une décentralisation des services Internet avec de nombreux acteurs privés et la non mainmise des pouvoirs publics. Plus il y aura de fournisseurs d’accès à Internet et plus il y aura des liens de connexion soit vers la fibre marine ou vers les pays voisins et moins l’impact sera grand.

Sources

http://www.investintech.com/articles/theworldsocialnetworkingbanrace/

https://www.hotspotshield.com/fr/

https://www.tunnelbear.com/

http://research.dyn.com/2012/11/could-it-happen-in-your-countr/

https://opennet.net/

https://www.accessnow.org/keepiton/

http://blog.fdn.fr/?post/2011/01/28/Censure-de-l-internet-en-%C3%89gypte-:-une-humble-action-de-FDN

https://twitter.com/speak2tweet

Le SMS va-t-il mourir ?

Après la mort de son inventeur le 26 Juin dernier, le SMS est-il en train de suivre le même chemin ?
Matti Makkonen était surnommé « le père du SMS », il est décédé à l’âge de 63 ans. Cet ingénieur finlandais qui a travaillé pour Nokia Networks, Tele Finland, et a été le CEO de Finnet n’a gagné aucun centime pour cette invention, car il n’avait pas déposé de brevet. Et d’ailleurs lui-même était gêné d’être considéré comme l’inventeur du SMS, il considérait cela comme une œuvre collective. Pour la petite histoire, l’idée du SMS lui est venue autour d’une pizza, en 1984, lors d’une conférence sur les télécoms à Copenhague.
Il avait ensuite fallu des années pour que le premier SMS soit envoyé, le 3 décembre 1992, par un ingénieur anglais, Neil Papworth, au directeur de Vodafone Richard Jarvis. Le contenu du premier SMS était: «Joyeux Noël»

Depuis quelques années, le baromètre que constituent le nombre de SMS envoyés pour les vœux dans la nuit du 31 Décembre au 1er Janvier, indique une très forte réduction de celui-ci et ce sur tous les continents et par contre une explosion des vœux échangés à travers les applications mobile de messagerie instantanée.
Les applications de messagerie instantanée ont envahi nos téléphones, nous en avons parfois plusieurs que nous utilisons alternativement. Laquelle de ces applications allons-vous utiliser lors du prochain réveillon de la Saint Sylvestre ?
Il faut savoir aussi que certaines sont plus ou moins utilisées en fonction des pays, c’est ce que montre une récente étude de eMarketer, spécialiste des études de marché dans le monde du digital. Cette étude montre que suivant les pays, il existe des préférences par rapport aux applications de messagerie instantanée.

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Et Ailleurs :
En Inde, l’application la plus utilisée est l’application Nimbuzz qui a la particularité de pouvoir communiquer avec d’autres applications de messagerie à l’exception de WhatsApp et Viber
En Corée du Sud, c’est l’application KakaoTalk qui est la plus populaire et est installé sur plus de 93% des smartphones
En Afrique du Sud, c’est WhatsApp qui est l’application la plus utilisée
• Dans les autres pays africains, je dirai que la plus utilisée est sans doute parmi les apps suivantes : WhastApp, Viber, Facebook Messenger.

Quel est votre avis ? Merci pour votre retour

Nous constatons donc que ces applications sont régionalisées, ce qui m’amène à poser la question suivante : verra-t-on le développement par une start-up africaine d’une application de messagerie instantanée qui rivaliserait avec les meilleurs et qui intégrerait nos particularités, comme les Indiens, les Sud-coréens ou les japonais l’ont fait ? Pour info, il y a déjà eu l’expérience sud-africaine avec MXit développé par MXit Lifestyle qui a été arrêté définitivement le 23 Octobre 2015, à cause de la chute de son nombre d’utilisateurs, dû sans doute au fait que celui-ci n’a pas évolué et est resté basique.

Pour revenir la question initiale concernant la mort annoncée du SMS, il me parait fort plausible que celui-ci a encore quelques années devant lui. Son usage va certes diminuer, il demeure encore l’unique solution multiplateforme, accessible depuis tous les terminaux disposant une carte SIM, selon qu’on soit en 2, 3 ou 4G. Il est simple d’utilisation et ne nécessite aucune application additionnelle à installer. Ce qui ne laisse  plus beaucoup de temps aux opérateurs qui ont leur stratégie basée sur les revenus liés aux SMS, de revoir celle-ci.

Quant à moi pour les vœux de cette fin d’année, je serai joignable, soit par WhatsApp, soit par Viber, soit par Facebook Messenger

Pour vous aider à choisir votre application, j’ai mis dans al suite quelques liens de comparaison de celles-ci.

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2016


 

http://blog.nielsen.com/nielsenwire/consumer/android-leads-u-s-in-smartphone-market-share-and-data-usage
http://articles.fr.softonic.com/2013-11-28-comparatif-messageries-instantanees-smartphones

Smartphone Apps Usage Behaviour 2015: Messaging Apps Drive The Engagement [REPORT]


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